Rencontre avec une bénévole du Mrap

Sylvie Poizat est bénévole au Mrap, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples.
Sylvie Poizat, bénévole au Mrap. (Crédit photo : SP)
- Quelles sont les missions de cette association ?
A l'origine, elle lutte contre les discriminations sociales. Mais comme en Ille-et-Vilaine, la préfecture est très restrictive pour délivrer les titres de séjour, le Mrap aide les étrangers arrivant à Rennes dans leurs démarches auprès de celle-ci.
- Comment le Mrap aide-t-il ces gens ?
Ce domaine étant très complexe, le Mrap a acquis, avec le temps, une certaine expertise juridique. Il va donc aider les gens dans leurs démarches pour régulariser leur situation. De plus, aujourd'hui, les relations avec la préfecture se font par Internet. Or, tous les migrants ne parlent pas français, n'ont ni argent, ni accès à Internet.
- Dans quelles circonstances rencontrez-vous les migrants ?
Lors de permanences, mais aussi via des rendez-vous particuliers. Nous aidons les migrants à faire leur récit d'asile. Ils doivent raconter leur histoire pour obtenir une demande d'asile. Ceci peut prendre beaucoup de temps et nécessiter l'intervention d'un interprète. Il peut aussi s'agir de préparer des dossiers.
- Comment les migrants entrent-ils en contact avec vous ?
Le bouche-à-oreille est très présent. Dans leurs différentes communautés, les migrants entendent parler du Mrap, mais aussi à la préfecture ou par des assistantes sociales ou des travailleurs sociaux.
- Avez-vous un accord avec la mairie ?
Non, mais nous avons tout de même beaucoup de relations, notamment au niveau des logements. La mairie s'est engagée à ce qu'aucun enfant ne dorme dans la rue. Elle a également mis en place des cartes de bus gratuites pour les migrants en attente de régularisation.
- Tous les migrants que vous aidez souhaitent-ils rester en France ?
C'est le cas pour la plupart d'entre eux. D'autres le voudraient aussi, mais ils ont déjà apposé leurs empreintes dans d'autres pays où ils ne veulent pas rester. Ils devront donc attendre 18 mois avant d'obtenir une demande d'asile, d'avoir accès à un logement ou à un travail.
- Comment êtes-vous devenue bénévole dans cette association ?
A l'occasion du renouvellement de mon permis de conduire poids lourd, à la préfecture, j'ai vu des files d'étrangers en attente d'un rendez-vous de régularisation. J'ai voulu devenir bénévole dans une association qui les aidait. Le déclic fut l'arrestation de Maliens qui travaillaient au noir, près de chez moi. J'ai su qu'ils avaient été renvoyés au Mali. Lors d'une manifestation de soutien, j'ai rencontré une bénévole du Mrap. Elle m'a convaincue de le devenir à mon tour.
Aurore MOISAN, 1ère L, quartier Ste-Anne.
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