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Egalité de genre dans le sport : des évolutions encourageantes
Les élèves sportifs du lycée enquêtent et témoignent de la lente évolution des mentalités pages 5 et 6.
Editorial : Doit-on s'habituer à la guerre ?
Depuis plusieurs mois le conflit entre Israël et l'Iran réenflamme la région du Moyen-Orient, faisant suite à une série d’escalades militaires entre les deux pays. En France, on mesure les conséquences de cette guerre à la flambée des prix à la pompe et à la saturation de l'espace médiatique par les noms de Trump, Netanyahu et Téhéran, Liban.
Pourquoi la militarisation de ce vieux conflit larvé ? L'Iran a beaucoup progressé ces dernières années dans le domaine du nucléaire, ce que Israël et les États-Unis ne voient pas d’un bon œil. « Si rien n'est fait, l'Iran pourrait produire une arme nucléaire en très peu de temps » « Cela pourrait arriver dans un an. Cela pourrait arriver en quelques mois », avait averti Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, dans un article de BBC Afrique du 23 juin 2025.Le président Trump avait aussi tenu des propos similaires. « Notre objectif est de détruire la capacité d'enrichissement de l'uranium de l'Iran et de mettre fin à la menace nucléaire posée par le premier État soutenant le terrorisme dans le monde », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée rapportée dans le même article. Cette problématique du nucléaire iranien est une des raisons qui a poussé Israel et les Etat-Unis à entrer en conflit avec l'Iran et nous verrons que les deux belligérants adoptent une stratégie militaire différente dans une analyse en page 2.
Mais il ne faudrait pas oublier que cette guerre n'a pas que des conséquences économiques ou géopolitiques. Ce sont aussi des populations civiles qui sont meurtries et Sarkar Wais, technicien informatique du lycée d'origine Kurde, nous le rappelle avec justesse. Entretien à lire page 2.
A. C.
Guerre en Iran : conséquences d'un conflit
En février 2026, la guerre a repris entre l'Iran et Israël avec le soutien des États-Unis. La stratégie iranienne de blocage du détroit d'Ormuz a des répercussions mondiales.
Le 28 février 2026, le guide suprême d’Iran a été assassiné avec des frappes américaines et israéliennes coordonnées sur Téhéran :c’est l’élément déclencheur de la guerre. Son décès a été célébré par ses opposants en Iran et en Syrie mais a également provoqué la colère de ses partisans en Iran et dans une partie du monde musulman. Le conflit s'étend désormais au Liban entre le Hezbollah, groupe armé soutien de l'Iran et d'Israël. Même si les deux pays n'ont pas déployé de troupes au sol et utilisent les drones et missiles, ils n'ont pas la même stratégie militaire.
La stratégie militaire de l'Iran
Le régime iranien lutte pour sa survie alors que le rapport de force n'est pas en sa faveur en s'appuyant sur son endurance. Au cours de la dernière décennie, il a investi massivement dans des capacités balistiques à plusieurs niveaux : des drones à longue portée et un réseau de groupes armés alliés car il refuse un affrontement conventionnel direct avec des forces aériennes plus puissantes que lui.
Téhéran mise sur la dissuasion avec pour but d'infliger les plus lourds coûts économiques possibles aux États-Unis, à la région et au reste du monde en sachant que chaque projectile a non seulement un poids militaire, mais aussi un poids psychologique.
Donc le régime iranien utilise beaucoup les missiles balistiques, les drones en frappant sur les infrastructures militaires américaines ainsi que des infrastructures énergitiques des pays du Golfe qui abritent les bases militaires alliés. De plus, en bloquant le détroit d'Ormuz, passage essentiel pour l'économie mondiale, ils exercent une pression sur tous les pays du monde.
La politique militaire des États-Unis
La stratégie des États-Unis repose plutôt sur des frappes d’une puissance massive pour neutraliser les capacités de riposte/combat et écraser l’ennemi. De plus, le gouvernement des États-Unis fait étalage de sa puissance pour garder l’ensemble de la région (théâtre d’opérations) sous son contrôle et vise principalement les infrastructures nucléaires iraniennes.
"Nous allons anéantir leur marine", a promis dès le 28 février Donald Trump dans un article de France info. En un peu plus d'un mois, le Centcom (Commandement américain pour le Moyen-Orient) assure avoir endommagé ou détruit au moins 155 navires iraniens. Le 25 mars, l'amiral Brad Cooper avançait un deuxième chiffre : la destruction de "92 %" de la flotte iranienne.
Camille BOULIERE,
Ylana LEMARIGNIER,
Gabriel PAIN.
« Les peuples aspirent toujours à la paix »
Sarkar Wais, technicien du lycée, d'origine kurde, s'inquiète de l'évolution de la guerre en Iran. Il fait part de son sentiment. Entretien.
Quel est votre avis sur la guerre ?
À mon avis, la guerre touche d’abord les peuples : les civils subissent les pertes humaines, les déplacements forcés, l’insécurité et une forte angoisse. Elle entraîne aussi une dégradation des conditions de vie, avec l’effondrement de l’économie et l’apparition de pénuries alimentaires.
Sur le plan environnemental, la guerre détruit les écosystèmes, la faune et la flore. Elle affecte enfin la Culture au sens large : l’Histoire, les vestiges, les arts et les lieux culturels sont endommagés ou disparaissent, ce qui représente une perte durable pour la mémoire collective.
Quel est votre avis sur la situation en Iran avant la guerre ?
L’Iran est un grand pays, très beau, doté d’une richesse culturelle remarquable. Son peuple est chaleureux et intelligent à tous les niveaux. Le régime autoritaire au pouvoir depuis des décennies ne montre aucune compassion envers sa propre population.
Je comprends les difficultés que ressentent les Iraniens, car, en tant que Kurdes, nous avons également subi des persécutions et des périodes difficiles par le passé en Irak. Je sais que certaines ethnies, comme les Kurdes, et d’autres, sont très ciblées par le régime en place : des personnes sont torturées ou exécutées simplement pour avoir exprimé des idées ou des opinions différentes de celles imposées par le pouvoir.
Avant la guerre, et encore aujourd’hui en pleine période de conflit, la situation est extrêmement difficile pour le peuple iranien. Nous devons soutenir les Iraniens, car ils vivent sous un régime dictatorial cruel.
Quel avenir souhaitez-vous après la guerre pour l’Iran/la région ?
Il est très difficile de répondre à cette question, mais une chose est certaine : les peuples aspirent toujours à la paix. J’espère sincèrement qu’un jour cette région connaîtra enfin la paix. J’espère que les États-Unis ne répéteront pas les erreurs commises en Irak, où ils ont laissé le pays dans une situation instable. En tant que franco-kurde, je garde l’espoir sincère que l’Iran reconnaîtra un jour la place du peuple kurde d’Iran. C’est un rêve profondément ancré chez les Kurdes. Je souhaiterais que les Iraniens puissent vivre libres et de la manière qu’ils souhaitent, car chaque peuple devrait avoir le droit de choisir sa propre voie.
Est-ce que la guerre vous touche personnellement ?
Oui, cela me touche profondément. Je crains pour les personnes sur place, pour le peuple iranien. J’ai grandi en Irak, à environ 150 kms de la frontière iranienne, et certaines familles kurdes vivent des deux côtés. J’ai des connaissances et des proches en Iran, ce qui rend la situation encore plus difficile à supporter. J’ai également peur pour ma famille en Irak, car des drones ont été lancés dans le Kurdistan irakien, près de leur ville. La présence de nombreuses milices pro-iraniennes sur le sol irakien représente un véritable danger pour les populations locales.
*Les Kurdes sont une minorité ethnique présente en Iran, Iraq, Syrie et Turquie.
C.B. ; G.P. ; Y.L.
Les élections municipales à Caen
Les 15 et 22 mars 2026 on a voté en France pour les municipales. À Caen, les résultats se sont encore une fois axés vers la droite.
Lors de ces élections le nombres d’inscrits est de 60714, le nombre d’abstention est de 29337 soit 40.63 % des habitants de Caen et les votes exprimés sont de 30 728 soit 59,37 % des citoyens caennais. Les résultats exprimés placent Aristide Olivier (divers droite) en tête avec 18 245 voix suivi d'un écart conséquent avec Rudy L'Orphelin (union gauche) qui obtient 7 838 voix, lui même suivi d' Aurélien Guidi (LFI) qui prend les voix de 4 645 citoyens. Les bureaux de votes situés dans les quartiers populaires obtiennent un taux de vote pour Aristide Oliver inférieur à la moyenne.
Caen, une ville traditionnellement de centre-droit
Aristide Olivier n'est pas un nouveau candidat à Caen. Il était déjà conseiller régional en Normandie en 2021 puis il prend la suite de l'ancien maire Joël Bruno en 2024 lorsque celui-ci est élu député de Normandie. Aristide Olivier était donc déja maire de Caen de 2024 à 2026 mais il gagne ses premières élections municipales cette année. On remarque donc une tendance de droite depuis 1945. En effet depuis la fin de la seconde guerre mondiale, Caen n'a eu qu'un maire de gauche en 2014.
Il semble donc que les partis de gauche, trop divisés ( 6 listes de gauche au premier tour et 2 au second), peinent à rivaliser avec la droite modérée d'Aristide Olivier puisque sur 24 bureaux de vote seuls 2 ont enregistré des résultats inférieurs à 50 % pour Aristide Olivier (Victor Lesage et René Lumière).
Un effet tramway ?
Nous observons que même des quartiers traditionnellement de gauche ont voté fortement à droite comme le quartier du Chemin Vert avec plus de 60 % des votes pour la droite. On peut émette l'hypothèse que ce résultat est surement dû au projet lancé fin 2025 d'une nouvelle ligne de tramway à Caen qui desservira ce quartier populaire et celui de la Folie Couvrechef.
Rémi LEVALLOIS,
Eric JEANNE.
Le Lucky, du port de pêche au tribunal
Le 31 mars dernier, une vente aux enchères exceptionnelle s'est tenue dans la ville de Ouistreham.
Dans la nuit du 3 au 4 avril 2025, plus de 100 policiers, 75 agents des douanes et 70 gendarmes se déploient autour du port de Ouistreham, dans le Calvados. Le RAID, la police judiciaire et la brigade des stups interviennent ensemble. Leur cible : le Lucky, un chalutier bleu et blanc de 18,85 mètres soupçonné d'avoir fait rentrer de la cocaïne en France. À son bord, plus de 600 kilos sont découverts.
La technique utilisée par les trafiquants, c'est le drop-off : un bateau étranger lâche des ballots de drogue en pleine mer, et un pêcheur payé à l'avance vient les récupérer. Ici, c'est le cargo Omicron, parti du Brésil vers Amsterdam, qui aurait largué les paquets au large des îles Anglo-Normandes. Le Lucky les aurait récupérés avant de les transborder sur une vedette rapide pour les ramener à Tancarville, en Seine-Maritime. Selon TF1 Info, l'équipage devait toucher près de 600 000 € pour ce service.
Fin de trafic pour le chalutier
Construit en 1989, le Lucky avait été racheté en 2023 par Anthony Q., un patron pêcheur normand. Depuis le 4 avril 2025, ses filets n'ont plus touché l'eau. Son propriétaire est en détention provisoire, comme trois autres marins-pêcheurs de Ouistreham et Trouville. Au total, une vingtaine de personnes ont été mises en examen. L'enquête, ouverte par la JIRS de Rennes début 2024, est toujours en cours, et le procès n'est pas encore fixé.
Le 31 mars 2026, le Lucky est vendu aux enchères sur le quai du port de Ouistreham pour le compte de l'État, via l'Agrasc. Adjugé à 300 000 €, il est acheté par Charles, un jeune patron pêcheur de 28 ans originaire du Tréport. « La pêche, ça m'intéresse, la drogue, ça ne m'intéresse pas », confie-t-il à France 3 Normandie.
Les pêcheurs dans le viseur des trafiquants
L'affaire du Lucky n'est pas un cas isolé. Selon une note de police consultée par Franceinfo, « les marins-pêcheurs sont tout particulièrement ciblés » par les réseaux de drogue. Sur le quai Charcot, des pêcheurs le confirment sans détour : « Ici, tout le monde a été approché, même des matelots. » Un phénomène encore mal connu, mais qui inquiète de plus en plus la justice.
Robin BERNAKI,
Jules LECHEVALIER.
Une classe spéciale au sein du lycée
Pour les élèves nouvellement arrivés en France, un dispositif discret mais essentiel pour apprendre la langue de Molière.
Connaissez-vous la classe "UPE2A" qui se trouve dans le bâtiment Allemagne du lycée ? Cet acronyme désigne l'unité pédagogique pour les élèves allophones, c'est à dire une classe pour des élèves dont le français n'est pas la langue maternelle.
Du partage à la découverte
Nous avons eu l'occasion d'interroger Ian Basseux et ses élèves en classe de UPE2A au sein du lycée Laplace et d'assister à certains de leurs cours.
La question des difficultés rencontrées par les élèves s'est vite posée. Selon eux, le plus compliqué en étant en classe de UPE2A est de s'intégrer dans un lycée où l'on ne connait personne. La non maîtrise de la langue française rend cette intégration d'autant plus complexe. Il est en effet difficile de communiquer avec les autres dans une langue qui nous est étrangère.
Mais c'est sans compter sur leur professeur dévoué et très enthousiaste à l’idée de faire découvrir de nouvelles choses à ses élèves. Dans un cadre chaleureux et accueillant il leur permet de développer leur maîtrise de la langue française.
La majorité des élèves de cette classe parle plusieurs langues. Certains sont bilingues, d'autres trilingues et certains même quadrilingues ! Il arrive parfois même que certains élèves, plus à l'aise dans la langue française, traduisent dans une autre langue aux élèves les plus en difficultés afin qu'ils puissent comprendre les consignes données par le professeur.
La diversité des profils de cette classe en fait sa richesse : plusieurs cultures qui s'entrecroisent, des amitiés et des moments de bonheur partagés à travers l'apprentissage.
Les objectifs de l'apprentissage et les thèmes abordés
Évidemment ce dispositif nécessite de se donner des objectifs clairs et concis. Dans cette formation les élèves apprennent à développer leur français, comprendre le monde de l'éducation et de la formation en France, s'intégrer dans un processus de formation et enfin se doter d'atouts pour réussir leurs parcours en France.
Sur le plan pédagogique, iI y a une diversité de thèmes, tous réunis dans un classeur dont disposent les élèves et abordés en classe avec le professeur. Parmi les thèmes : découvrir l'école en France, parler de soi et d'autrui, connaitre le matériel et comprendre des consignes, connaître différents métiers et en parler, travailler les mathématiques mais aussi savoir utiliser du matériel varié pour découvrir la France et parler du monde.
Leurs apprentissages passent également par la découverte des métiers existants : leur professeur les accompagne notamment dans leurs projets d'orientation, certains veulent être infirmiers, d'autres boulangers, certains coiffeurs, être dans le BTP... Ils ont parfois la possibilité de réaliser des stages afin de mieux entrevoir la réalité du métier qui les intéresse.
Ce n'est pas qu'une simple formation. Derrière chaque cours, se cache un dur travail de préparation de la part du professeur qui accompagne ses élèves mais plus particulièrement de la part des élèves qui restent motivés et impliqués dans leur travail malgré les difficultés auxquelles ils peuvent faire face.
Une classe, une réalité : L’État manque à son devoir
Malheureusement, comme les années précédentes, le service statistique de l’Éducation Nationale indique que neuf élèves sur dix bénéficient d’un soutien en français langue seconde, mais si on ne prend en compte que les élèves en UPE2A, ils ne sont plus que sept élèves sur dix.
Donc, 40 % des élèves allophones ne sont pas pris en charge en UPE2A, alors qu'il sagit du seul dispositif réellement adapté à ces élèves. Ce manque de places se traduit également souvent par un retour précoce des élèves accueilli.es en UPE2A dans une classe ordinaire sans accompagnement alors qu’ils n’ont pas encore une maîtrise suffisante de la langue francaise. Ce dispositif reste un enjeu dans la reconnaissance de la scolarité des allophones ; en effet, il reste très méconnu et pourtant si important.
Léa BOUGEANT,
Ambre DUBOSCQ,
Lilly FRANCHOMME.
Ian Basseux, un professeur engagé
Ian Basseux est un professeur de lettres modernes au lycée Dumont Durville-Laplace. Il est reconnu pour son implication auprès des élèves du dispositif UPE2A, destiné aux élèves allophones nouvellement arrivés en France. À travers son travail quotidien, il participe à l’accompagnement linguistique, scolaire et humain de jeunes venus de cultures et de parcours très différents. Passionné par la transmission des savoirs et l’ouverture culturelle, Ian Basseux s’investit dans une pédagogie fondée sur l’écoute, le dialogue et la confiance. Son rôle dépasse l’enseignement du français : il aide également les élèves à découvrir le système scolaire français, à gagner en autonomie et à trouver leur place dans la vie du lycée.
Parcours
Au travers de sa carrière, il a également eu l'occasion de travailler dans de nombreux pays différents, cet investissement a participé à son enrichissement culturel : l'apprentissage de langues étrangères a nourri son souhait d'enseigner à des élèves culturellement différents afin de leur apprendre le français. Si pour certains élèves il est simplement un professeur de lettres modernes, pour ses élèves il représente bien plus que cela. Il est un réel soutien dans leur apprentissage. Ian est un professeur très investi dans son rôle mais avant tout un humain qui se soucie du bonheur de ses élèves au sein de l'apprentissage. C'est un réel plaisir partagé pour lui et ses élèves.
L. B. ; A. D. ; L. F.
Le hockey se joue aussi au féminin
Anaïs et Marianne, deux championnes de France du Hockey Club de Caen donnent leur point de vue sur les entraînements quotidiens avec des garçons.
Comment tu as été accueillie quand tu es arrivée dans le club de hockey ?
Anaïs Girardet : Alors les filles et les garçons m’ont super bien accueillie. Ils sont direct venus me voir et ils m’ont intégrée dans leur équipe.
Marianne Lepetit - Arsene : Je n’ai pas vraiment connu de phase d’intégration, car j’ai commencé le hockey à l’âge de trois ans et j’ai directement rejoint le club de Caen, donc je n’en garde pas vraiment de souvenirs. Aujourd’hui, j’ai parfois le sentiment d’être moins bien intégrée que les garçons en raison de la différence de genre : nous ne partageons pas les mêmes vestiaires, ce qui nous prive de certains moments de complicité. Il est plus difficile de créer les mêmes liens avec les garçons, qui ont davantage l’habitude d’évoluer entre eux ou avec une seule fille, comme Anaïs.
Comment se passent les entraînements avec les garçons : ambiance, cohésion, entraide ?
AG : Alors des fois c’est un peu compliqué car ils sont beaucoup plus forts, et du coup on a un peu la peur de passer contre eux. Mais au fur et à mesure du temps on a moins peur parce qu'ils nous donnent de la confiance, ils nous aident. Il y a une très bonne ambiance et une très bonne cohésion. On rigole bien.
MLA : Les entraînements avec les garçons se passent plutôt bien. Il y a une bonne ambiance et beaucoup d’entraide, ce qui nous permet de progresser ensemble. Le fait de s’entraîner avec eux apporte aussi plus d’intensité pendant les séances. Par contre, comme nous ne sommes pas assez nombreuses pour avoir des entraînements uniquement entre filles, ça peut parfois être stressant. On peut avoir peur du regard ou du jugement des autres, surtout dans un environnement majoritairement masculin.
Le fait d'avoir été championnes de France 3x3, ça a changé quelque chose sur la reconnaissance du hockey féminin dans votre club ?
AG : Ils se sont rendus compte que, au final, on n'étaient pas si nulles que ça et qu’on était capable d’être championnes.
MLA : Même après avoir été championnes de France 3x3, je trouve qu’il manque encore de reconnaissance pour le hockey féminin. Bien sûr, ces titres nous ont rendues fières et ont montré que les filles pouvaient aussi performer à haut niveau, mais je ne pense pas que cela ait réellement changé la place du hockey féminin dans le club. Il y a encore un manque d’intérêt et de visibilité par rapport aux équipes masculines.
Qu'est-ce que tu dirais à une fille qui hésite à se lancer dans le hockey ?
AG : Qu'il ne faut pas avoir peur. Ca peut être compliqué au début, mais au final tu passes des très bons moments et tu vis les meilleurs moments de ta vie.
MLA : Je lui dirais de ne surtout pas hésiter et de foncer si elle en a envie. Même s’il existe encore certaines discriminations ou des différences de traitement, les mentalités évoluent petit à petit. Il ne faut pas faire attention au regard des autres. Le hockey est un sport passionnant qui apporte beaucoup, autant sur le plan sportif qu’humain.
Est-ce que tu trouves qu'il y a une différence de traitement entre les équipes féminines et masculines ?
AG : Oui car il n'y a qu'une équipe féminine, l’équipe féminine senior alors qu'il y a des équipes masculines dans toutes les catégories. A partir d’un certain âge, on n'a plus le droit de jouer avec les garçons. Il reste encore des stéréotypes de genre.
Par exemple, penser qu'une fille est toujours plus faible qu’un garçon ou qu'on ne serait pas capable de marquer sur un garçon.
MLA : Oui, je trouve qu’il y a une différence de traitement entre les équipes féminines et masculines. Par exemple, les matchs des filles sont moins mis en avant et parfois même pas filmés ou retransmis sur internet, contrairement à ceux des garçons. J’ai aussi l’impression que les arbitres choisis pour les matchs féminins sont parfois moins compétents. Certains championnats féminins ne sont pas toujours pris au sérieux, avec des équipes qui déclarent forfait à cause d’un manque de joueuses ou de gardienne. Pourtant, nous aussi avons envie de vraies compétitions et d’être prises au sérieux.
Je trouve aussi qu’il y a un manque d’investissement autour du hockey féminin. Par exemple, pendant toute une saison de 3 contre 3, nous n’avions pas de véritable coach et nous étions entraînées par un parent bénévole.
Kylian BUGEAUD-LELLIS,
Gregory ARCHIBALD,
Medhi ALLARDIN.
Le permis à 17 ans, pour ou contre ?
Pouvoir conduire représente une étape importante vers l’indépendance. Cette possibilité est accessible dès l'âge de17 ans. Une mesure qui peut parfois diviser.
Depuis janvier 2024, les jeunes Français peuvent passer le permis de conduire dès 17 ans. Cette mesure été décidée par le gouvernement d'Élisabeth Borne. L’objectif est de favoriser l’autonomie et l’accès à l’emploi, notamment dans les territoires où la voiture est indispensable.
Succès auprès des jeunes
D’après le Ministère de l’Intérieur, cette réforme rencontre un réel succès : environ 300 000 jeunes de 17 ans ont passé le permis en 2024, avec un taux de réussite d’environ 73 %. Léa, élève de 1G, témoigne : « Je trouve qu’il y a beaucoup d’avantages à pouvoir passer le permis à 17 ans. On peut prendre son indépendance plus tôt et on n’a plus besoin d’attendre ses parents pour aller quelque part. » Ce commentaire confirme que, pour les jeunes, passer le permis à 17 ans est bénéfique et permet de prendre plus vite des responsabilités.
Inquiétudes sur la sécurité routière
En revanche, les données générales sur les jeunes conducteurs restent préoccupantes. Les 18-24 ans sont la catégorie la plus à risque sur la route : en 2024, plus de 500 jeunes adultes sont décédés et plusieurs milliers ont été gravement blessés. Cela s’explique notamment par le manque d’expérience et des comportements plus à risque.
Organisation saturée
Il y a eu une augmentation du nombre de candidats, ce qui a saturé certaines auto-écoles et allongé les délais pour passer l’examen. Certains spécialistes soulignent que l’augmentation du nombre de conducteurs pourrait avoir un impact environnemental.
Un bilan à confirmer
À court terme, le permis à 17 ans apparaît comme une mesure efficace pour renforcer l’autonomie des jeunes, mais ses effets à long terme, en matière de sécurité routière et d’organisation, sont encore à vérifier.
Gabin TOFFOLUTTI,
Gabriel MINIL-BERTIN,
Viktor BAVENCOFF.
Danse et water-polo : au-delà des clichés
Souvent opposés par les stéréotypes, la danse classique et le water-polo sont pourtant deux disciplines qui ont de nombreux points communs.
La danse classique et le water-polo sont deux disciplines qui demandent une grande rigueur physique et mentale. La première est souvent associée à un univers féminin et artistique, tandis que le second est perçu comme un sport masculin et collectif. Pourtant, ces pratiques ont de nombreux points communs et sont aujourd’hui ouvertes à tous.
La danse classique occupe une place importante dans le patrimoine culturel mondial. Elle symbolise l’élégance, la discipline et le travail du corps. Les danseurs suivent un entraînement intensif qui développe la souplesse, la force, l’équilibre et l’endurance.
Des clichés qui persistent
Cependant cette discipline fait encore face à des stéréotypes de genre. Les garçons qui pratiquent la danse classique subissent parfois des préjugés. Encore aujourd'hui, le port du collant est souvent considéré comme « féminin », ce qui pousse certaines personnes à remettre en question leur virilité. Ces idées renforcent les clichés liés aux sports genrés.
De son côté, le water-polo est un sport collectif très exigeant, mêlant natation, stratégie et puissance physique. Il demande une excellente endurance et un fort esprit d’équipe. Pourtant, les femmes qui pratiquent ce sport sont, elles aussi, confrontées à des remarques sexistes. Certaines personnes considèrent en effet le water-polo comme « non féminin » car il développe la force physique et les épaules. Les joueuses subissent donc parfois des critiques sur leur apparence ou leur comportement.
Vers une évolution des mentalités
Malgré cela, depuis les années 2000, de plus en plus de jeunes filles pratiquent le water-polo, et les mentalités évoluent progressivement. Comme la danse classique, ce sport cherche à devenir plus accessible et ouvert à tous. (Lire aussi page 5).
Ainsi, malgré leurs différences apparentes, la danse classique et le water-polo partagent des valeurs communes : le dépassement de soi, la discipline et l’engagement. Ces deux disciplines montrent que les activités sportives et artistiques ne devraient pas être limitées par les stéréotypes de genre.
Nina MEGRELISHVILI,
Thaïs VANNIERE.
L'interdiction du portable au lycée
L'avis d'une conseillère principale d'éducation sur cette mesure dont l'application soulève plusieurs difficultés.
Le 31 mars 2026, dans le cadre de l'examen de la proposition de loi sur l'interdiction des réseaux sociaux au moins de quinze ans, le Sénat a approuvé l'interdiction de l'usage des téléphones portables dans les lycées.
Nous sommes allés demander sa réaction à Sylvie Gomez, conseillère principale d'éducation.
Une surcharge de travail
Si Sylvie Gomez estime que "l’interdiction ferait du bien socialement aux élèves", elle souligne toutefois que "contrôler plus de 2 000 téléphones serait très compliqué à mettre en place".
Selon elle, pour les élèves qui doivent envoyer absolument un message à leurs parents, il faudrait passer par la vie scolaire ou par un CPE, ce qui ne serait pas gérable à long terme.
Le même problème se poserait pour les élèves qui ont des trous de plusieurs heures dans leur emploi du temps sans pouvoir rentrer chez eux.
Casiers, fausse bonne solution
Une mise en place de casier serait compliquée à gérer et coûteuse. Les vols ou les casses ne seraient pas couverts par une assurance de l’établissement.
Des élèves pourraient mettre un vieux téléphone dans leurs casiers et conserver en cours le véritable appareil. Les étudiants en BTS qui sont majeurs ne sont pas concernés. Mais aux professeurs de devoir le contrôler.
Le cyberharcèlement n'a pas d'horaire
Enfin, selon Sylvie Gomez, interdire le téléphone au lycée permettra peut-être d'améliorer la sociabilité des élèves mais cela ne règlera pas le problème du harcèlement. Même si on retire les téléphones dans la journée pour l’éviter, ça n’empechera pas les élèves mal intentionnés d’en faire de retour chez eux le soir.
Prince OUITA, Anne CIVET,
Raphaël LEROY.
Le pass Culture, le temps du bilan
En huit ans, quatre millions de jeunes ont bénéficié de cette aide favorisant l'accès au livre, au cinéma, au concert, etc. Mais son budget a été revu à la baisse.
Depuis 2018, le ministère de la Culture a mis en place un pass pour les jeunes de moins de 19 ans. Il permet le financement d'activités d’éducation artistique et culturelle effectuées en groupe et encadrées par des enseignants. Il permet aussi aux jeunes de bénéficier à titre individuel d'une somme d'argent et d'offres numériques.
Comment et pourquoi ?
Pour y accéder il suffit de s'inscrire sur l'application en joignant une pièce d'identité et un justificatif de domicile. Puis il suffira seulement de sélectionner les activitées et les sorties souhaitées et de payer en ligne.Le pass Culture est donc un crédit qui permet d'accéder à des biens et des services culturels comme des billets d'entrée au musée, des places de cinéma, places de concert ou encore de théâtre mais aussi à l'achat de livres.
Le pass Culture peut être considéré comme un outil de découverte qui aide les jeunes à accéder à des évènements qui correspondent à leurs intérêts, mais il permet aussi aux jeunes de se familiariser avec les offres culturelles près de chez eux. En 2018, les jeunes de 15 ans bénéficiaient de 20 € puis à 16 ans et 17ans de 30 €. Enfin, à 18 ans, ils recevaient 300 € utilisables jusqu'à leurs 21 ans.
Réforme budgétaire
Cependant la réforme du 1er mars 2025 a diminué ce budget. Les jeunes de 15 et 16 ans ne bénéficient plus que d'offres gratuites sur l'application. Et le montant des 17 et 18 ans est passé à 50 € et 150 €, utilisables sur 3 ans.
C'est pourquoi la réforme a provoqué beaucoup de critiques chez les jeunes et dans le secteur culturel, notamment chez les libraires qui dépendent beaucoup du pass. Toutefois le pass Culture atteint tout de même 4 millions de bénéficiaires depuis sa création.
Romy DELBERGUE,
Zoé AUGER.
SailGold tisse son avenir dans le rock
Issu du lycée Dumont-D'Urville et du collège Lechanteur, le groupe gagne en notoriété à Caen et dans le Calvados.
Depuis le début de cette année 2026, SailGold, un nouveau groupe de musique a fait son apparition dans le Calvados. Ce groupe de Compo Rock s'est officiellement formé en septembre. Il compte 4 membres dévoués à ce que leur groupe grimpe en popularité et atteigne des sommets.
Les membres du groupe
SailGold est composé de 4 musiciens. Parmi eux, Paul Williot, élève de première au lycée Dumont D'Urville Laplace en est le chanteur, le guitariste et le fondateur. Paul Bondiguel, élève au collège Fernand Lechanteur de Caen est le second guitariste du groupe. Enfin on retrouve Baptiste Pujol à la batterie et Benjamin Pilon à la basse, également élèves au lycée Dumont D'Urville Laplace.
Une setlist qui vend du rêve
SailGold joue principalement des reprises du groupe de hard rock "Kiss" et du groupe de pop rock français "Téléphone", ainsi que des reprises d'autres artistes comme "Jet" ou de "The White Stripes".
Malgré son arrivée très récente, le groupe compte actuellement trois singles et discute de l'idée de créer un tout premier album.
Des projets ambitieux
Depuis sa création, le jeune groupe a réussi à faire ses preuves lors de plusieurs concerts : au lycée Dumont D'Urville Laplace ou durant le Festival Thumulte, le 9 Avril 2026, à Bretteville l'Orgueilleuse. Il jouera en concert le 19 Juin 2026 à Rots, place de Caen, et le 26 Septembre dans le studio de Croc Musique à Caen.
D'après les fans, SailGold a le potentiel d'être reconnu dans le Calvados, mais il est cependant encore trop tôt pour savoir s'il va avoir une destinée nationale, comme d'autres groupes normands avant lui.
Gabin AVRIL, Léo FORTIER,
Paul GILETTE.
Marty Supreme avec Timothée Chalamet
147 millions de dollars de bénéfices, un succès historique pour le film du studio A24. Impressions de deux spectateurs.
"Marty Supreme" est un film sorti en décembre 2025 aux États Unis et en février 2026 en Europe. Il a été réalisé par Joshua Safdie. Le personnage principal, Marty Mauser, est joué par Timothée Chalamet, qui à déjà joué dans "Dune 1", "Dune 2", et "Call Me By Your Name".
Ce film est inspiré de l’histoire de Marty Reisman, un pongiste. Marty Mauser fera tout pour arriver à ses fins, participer aux championnats du monde au Japon, même au péril de sa vie, pour affronter le champion en titre Koto Endo.
Un film nommé mais peu récompensé
Le film a été nommé dans une dizaine de catégories mais n’a été récompensé nulle part aux Oscars 2026. Cependant, Timothée Chalamet a gagné le prix de Meilleur Acteur aux Critics’ Choice Movie Award 2026, et le titre de Meilleur Acteur dans un film musical ou une comédie, aux Golden Globe 2026.
L'avis de deux spectateurs
Nous avons posé des questions à deux personnes en sortant du cinéma, Paul Le Grand et Noham Vargoz, qui ont accepté de nous donner leur avis sur le film.
Les deux spectateurs nous ont dit que le film était “captivant” et “prenant” mais qu’il n’était “pas parfait” et avait “quelques défauts”.
Paul et Noham ont tous les deux aimé le personnage principal et ont apprécié le réalisme de l’histoire.
Ils se sont mis d’accord pour dire que le casting était “réussi” mais surtout “Timothée Chalamet” dont ils ont adoré la performance d'acteur.
Thomas FOUGERES,
Martin LEMOINE,
Mathéïs FRANCESCHINO.