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Ty Pouce : bien plus qu’un simple café-cantine
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MadaBreizh lutte pour l'éducation
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Maxime, 27 ans, adjoint à la mairie de Quimperlé
S’engager pour faire avancer le monde
« Chacun de nous peut faire la différence. Nous ne pouvons pas vivre un jour sans influencer le monde qui nous entoure et nous avons le choix du genre d’influence que nous voulons avoir ». Jane Goodall (1934-2025), anthropologue, femme politique et militante.
L’engagement regroupe tout ce qu’un individu peut faire pour la société directement par des actes quotidiens ou au travers de structures publiques ou associatives. Les Premières G5 du Lycée de Kerneuzec ont, dans ce numéro, exploré les différents types d’engagement (social, politique, culturel...).
Maxime, adjoint à seulement 27 ans !
Maxime Padellec, ancien élève du lycée Kerneuzec est maintenant un des plus jeunes élus à la mairie de Quimperlé. Il est adjoint aux associations.
Quel fut votre parcours scolaire pour être là où vous êtes aujourd'hui ?
J’ai été à l’école maternelle et primaire Le Lézardeau ainsi qu’au collège Jules Ferry, puis au lycée Kerneuzec où vous êtes actuellement. J’étais en équivalent spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) avec les options économiques et sociales. Puis je suis parti faire une licence en sciences de l’information et de la communication pour devenir journaliste à l'UCO BS d'Arradon, mais comme c'est très dur et très sélectif, je suis parti en licence sciences politiques pour poursuivre dans un master ingénierie de la concertation à Paris, suite au mouvement des Gilets jaunes. J'ai fini mes études à l'été 2023.
Que faites-vous comme activité à la mairie de Lanester ?
À Lanester, je travaille en tant qu’agent tandis qu'à Quimperlé, je suis élu, c’est un mandat, c’est-à-dire que ce n’est pas un travail. A Lanester, je ne suis pas élu par les habitants, c’est comme dans une entreprise privée, où il y a des ressources humaines, une offre de poste puis on est pris. À Lanester, je suis agent public, c’est-à-dire que je travaille à la mise en place non seulement des projets que souhaitent les élus de Lanester mais aussi de ceux élaborés avec les habitants.
Que faites-vous comme activité à la mairie de Quimperlé ?
À Quimperlé, c’est différent, c’est-à-dire que je suis élu donc il y a des élections municipales tous les six ans. J'ai été élu avec d’autres membres et on a un programme qu’on a présenté devant les habitants les derniers mois en disant si on est élu, on le réalisera.
Et donc là, on a été élu et moi j’ai été nommé adjoint aux associations et en fait là, je m’appuie sur les services, les agents comme je peux l’être à Lanester qui met en œuvre les décisions que l’on prend en tant qu'élu, c’est-à-dire que ce n’est pas un travail même si ça peut s’apparenter. Nous donnons aussi tous les paramètres pour les projets des élus, combien ça coûte, ce qu'il y a comme risques.
Dans quelle ville êtes-vous le plus actif ?
En terme de temps, ce serait à Lanester, car c'est du lundi au vendredi, cela peut aussi être en terme d’horaire du matin au soir 8h-17h par exemple ça peut être en soirée aussi, les week-ends.
En tant qu’élu à Quimperlé, j’ai un crédit horaire, c’est-à-dire que j’ai un nombre d’heures où je peux exercer mon mandat d’élu qui est retiré de mon temps de travail à Lanester par exemple entre une demi-journée à une journée par semaine, je peux faire mes missions et mes réunions à Quimperlé. Ce temps de travail à Lanester est retiré de mon salaire qui est compensé par mon indemnité que j’ai à la ville.
Quels sont donc vos projets ?
Mon équipe de 4 personnes et moi, nous allons dans les quartiers de Lanester les plus dévalorisés pour leur demander s'ils ont un projet (rénovation de rue, de bâtiments, construction de bâtiments et lieux publics...) et ainsi les aider à organiser leur projet grâce à une enveloppe de 200 000 €, avec les décisions votées par les habitants.
Que faites-vous pour aider les associations ?
J'ai aussi aidé à Quimperlé, à la création d'une association qui est la Roz An Fest qui favorise les producteurs locaux, on organise des festivals, des trocs et puces et des événements pour promouvoir les produits locaux.
Il y a aussi des salles mises à disposition pour les associations à Quimperlé comme la maison des associations ou encore l’espace Benoîte Groult, nous disposons aussi d'une enveloppe de 300 000 € pour les associations de la ville de Quimperlé afin de les aider à se lancer. De plus, chaque année, le premier samedi de septembre, un forum des associations est organisé par la ville, ce qui permet à celles-ci de se faire connaître. Il y a en tout environ 200 associations à Quimperlé que nous soutenons.
Quel fut le déclic pour se lancer dans les associations ?
Je crois au collectif depuis toujours et je trouve important de demander l'avis des habitants. Depuis le collège puis le lycée, j'ai voulu faire ça en étant dans les associations. Par exemple, j'étais déjà investi et engagé dans le football club de Quimperlé des tout petits.
Pourquoi être adjoint au maire ?
On m'a proposé et j'ai accepté, car c'est quelque chose dont je suis convaincu. Il faut aller vers la participation des habitants et c'est ce que je fais à Lanester et les associations, j'ai trouvé cela passionnant, car c'est grâce aux associations qu'une ville peut être animée.
Propos recueillis par
Ewen BODIVIT
et Nolan CARVAL.
Un « Abri côtier » pour les victimes de violences conjugales
L’association de Quimperlé agit dans toute la communauté de communes. Elle aide les victimes tout en leur permettant de construire un nouveau départ. Rencontre avec une bénévole.
Comment l’association aide la victime ?
Quand une victime contacte l’Abri côtier, l’association accompagne les victimes en leur offrant différentes aides : une écoute bienveillante et un soutien moral, un accompagnement dans les démarches administratives, une orientation vers les institutions et professionnels compétents.
Nous possédons des contacts administratifs, judiciaires, financiers ou médicaux. Lorsqu’une personne demande de l’aide et veut sortir de sa situation actuelle, l’association encourage les femmes à faire les démarches nécessaires.
Dans le cadre administratif ?
La CAF (Caisse d’Allocations Familiales) peut être contactée : afin de verser à son compte des allocations familiales ou contacter un.e assistant.e social.e (recherches de logements, connaître ses droits…).
Dans le cadre de la justice ?
La victime pourra contacter un.e avocat.e afin d’entamer une procédure de divorce, pour faire entendre sa parole au moment de la décision par le juge aux affaires familiales (garde des enfants), pour se protéger en cas de possession en commun de biens, d’argent…
Dans le cadre financier ?
Elle peut contacter la banque : ouvrir un compte à son nom si ce n’est pas déjà le cas, supprimer toute procuration établie au nom du partenaire violent.
Et dans le cadre médical ?
La victime peut contacter un médecin pour établir un certificat médical et une ITT (Interruption Temporaire de Travail). Le médecin peut aussi apporter une aide temporaire pour être capable de gérer le stress, les angoisses ou différents troubles comme le sommeil ou l’appétit. Le CMP (Centre Médico-Psychologique) pour un suivi et une aide psychologique si nécessaire.
L’association peut également prendre en charge quelques frais comme des séances de psychologie pour les victimes ainsi que leurs enfants, les frais d’avocat peuvent aussi être pris en charge. De plus, en cas d’urgence, l’association possède un appartement pour que la victime soit protégée de toutes violences conjugales.
Deux applis utiles
De plus, l'organisme met en avant deux applications pour ces femmes :
"App-Elles" qui permet l'alerte des proches, le contact des services de secours, les associations et toutes les aides disponibles autour de vous .
"QuiVive" qui permet d’enregistrer les sons de l’incident ou le harcèlement téléphonique.
Notre rôle est essentiel dans la prise en charge des femmes victimes de violences conjugales. Grâce à son écoute, son accompagnement et ses solutions d’urgence, l’association permet aux victimes de ne pas rester seules face à leur situation. Elle les aide à se reconstruire en facilitant les démarches administratives, juridiques, financières et médicales, tout en leur apportant un soutien humain.
Agathe CAILLIBOT
et Anaelle LEPERE.
Vous êtes victimes ou témoins ?
Repères
L'Abri côtier 06 34 62 20 50 7j/7 et 24h/24
3919
Appel anonyme et gratuit sept jours sur sept
Arretonslesviolences.gouv.fr
Message anonyme et gratuit 7j/7
Téléphone
- 324 entretiens
Rencontres
- 56 en face à face
Plaintes
- 20 ont été déposées
Violences
76 violences d'ordre verbal ont été dénombrées. L'Abri côtier a recensé 68 violences d'ordre psychologique. Les agressions physiques étaient au nombre de 38. Quant aux violences sexuelles, 27 ont été déplorées. Celles qui concernaient des brimades économiques étaient de 18. Enfin l'Abri côtier a recensé 4 menaces de mort.
En France
D'après les chiffres (2024) de l'Observatoire national des violences faites aux femmes, 1283 victimes de féminicides ou de tentatives ont été recensées. On déplore 107 décès pour cette seule année.
376 000 femmes de 18 ans et plus ont subi des violences physiques, verbales, psychologiques ou sexuelles au sein du couple. L'agresseur étant le mari, concubin, petit-ami (actuel ou ex).
Seules 19 % d'entre elles ont porté plainte.
Aider, collecter, distribuer : le quotidien des Restos du Cœur
Chaque semaine, les bénévoles des Restos du Cœur collectent, trient et distribuent des denrées pour aider les familles dans le besoin. Immersion dans leur quotidien.
Rencontre avec deux bénévoles des Restos du Cœur, Yolande Le Gal et Antoine Ynesta. Ils expliquent le fonctionnement de l’association, les défis rencontrés, mais aussi les belles rencontres humaines qui marquent leur engagement.
Comment vivez-vous cette expérience au sein des Restos du Cœur ?
C’est une expérience très enrichissante, basée sur le don de soi et l’aide aux personnes dans le besoin. Après la retraite, cela permet aussi de garder une activité et de continuer à se sentir utile. Les remerciements des bénéficiaires sont une véritable source de motivation.
Comment se passe une journée type ici ?
Chaque matin, un camion effectue la ramasse dans plusieurs magasins, onze au total, avant de ramener les produits au centre des Restos du Cœur. Ensuite, les denrées sont triées et stockées par les bénévoles. Le jeudi, un entrepôt vient également livrer des commandes de nourriture. La distribution aux familles a lieu deux fois par semaine, le lundi et le jeudi.
D’où viennent principalement les produits que vous distribuez ?
Les produits proviennent principalement de la collecte effectuée dans les magasins partenaires comme InterMarché, Leclerc, mais aussi des livraisons provenant de l’entrepôt de Châteaulin. Certaines fermes participent également en faisant don de leurs surplus de production, ce qui permet d’éviter le gaspillage tout en aidant les Restos du Cœur.
Quels sont vos plus grands défis pour gérer les stocks et éviter le gaspillage alimentaire ?
Le principal défi est d’éviter toute perte. Il ne faut pas conserver plus de quatre semaines de stock dans l’enceinte du centre. Tout le reste est renvoyé à Châteaulin, et la collecte du jour doit être distribuée le jour même afin d’éviter le gaspillage.
Pour y parvenir, les bénévoles effectuent un tri rigoureux des produits dès leur arrivée, en vérifiant les dates et en donnant la priorité aux denrées les plus fragiles. L’organisation repose aussi sur une gestion précise des stocks et une distribution rapide, ce qui permet de limiter au maximum les pertes alimentaires.
Avez-vous remarqué une évolution du nombre de personnes aidées ces dernières années ?
Oui, actuellement environ 204 familles sont aidées. Au niveau national, le nombre de bénéficiaires augmente, même si dans le centre de Quimperlé, il y en a un peu moins que les années précédentes.
Une histoire avec un bénéficiaire vous a-t-elle particulièrement marqués ?
Oui, une histoire a particulièrement marqué les bénévoles. Celle d’une dame très gentille qui était autrefois bénéficiaire des Restos du Cœur et qui, aujourd’hui, après s’en être sortie, revient aider lors des collectes.
Cet exemple illustre bien la solidarité et la gratitude qui animent l’association.
Malgré une organisation efficace pour aider les plus démunis et limiter le gaspillage alimentaire, les Restos du Cœur traversent actuellement une période difficile suite à une inondation : en pleine reconstruction, les conditions de travail sont plus compliquées, mais les bénévoles restent mobilisés pour continuer leur mission.
Nolan LE LIDEC
et Elouan COUSIN.
Dans les coulisses de Coallia à Quimperlé
Marc Henaff, responsable de Coallia, dirige l'association qui aide les demandeurs d’asile arrivant en France après avoir fui leur pays pour plusieurs raisons comme la guerre, les violences ou des discriminations.
L'association
Créée par Stéphane Hessel et André Postel-Vinay, Coallia existe depuis 1962 et compte aujourd’hui environ 4 000 salariés, 760 établissements et services répartis sur 44 départements dans toute la France. A l'origine, il s'agissait de la formation technique de base des travailleurs africains et malgaches. Dans le Finistère et le Morbihan, il y a entre 180 et 200 employés. L’association s’engage dans plusieurs actions comme les hébergements d’urgence, les maisons de retraite, mais aussi l’aide aux réfugiés pour un temps indéfini.
Logement
Le CADA (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile) redirige les réfugiés vers Coallia. Celui de Quimperlé peut accueillir 109 personnes. Elles sont logées dans des appartements que l’association loue. Dans chaque logement, il peut y avoir entre 1 et 6 personnes qui vivent ensemble.
Son fonctionnement
Les personnes accueillies doivent faire une demande pour pouvoir rester en France. Si leur pays est trop dangereux pour eux, ils peuvent obtenir une protection et un titre de séjour. Les raisons peuvent être la guerre, les violences ou encore des discriminations liées à leur sexualité. Une fois la demande d’asile acceptée (obtention des papiers français), ils ont interdiction de retourner dans leur pays. Par contre, les démarches peuvent être très longues, parfois plusieurs années. C’est durant ces années qu’ils sont logés grâce à Coallia.
La communication
Il y a souvent des difficultés de communication car certaines personnes ne parlent pas du tout français ou ne savent pas l’écrire. Coallia utilise donc des traducteurs ou des interprètes. Des bénévoles donnent aussi des cours de français pour les aider à devenir plus autonomes.
Le travail
Une autre difficulté est la mobilité. Certaines personnes veulent travailler mais n’ont pas forcément de voiture ou de moyen de transport. Comme les demandeurs d’asile n’ont pas toujours le droit de travailler tout de suite, l’association organise aussi des activités pour qu’ils puissent rencontrer d’autres personnes, qu’ils puissent interagir, travailler leur français et éviter de rester isolés.
Coallia fait un travail important pour aider les réfugiés au quotidien.
Julia LE BIHAN
et Thais FLEJO.
Donya danse avec Ar Banal Aour
Au sein du cercle celtique de Bannalec, la jeune fille a pris des responsabilités et sera candidate aux Reines de Cornouaille, à Quimper cet été.
Donya Morin, membre et danseuse de l'association Ar Banal Aour à Bannalec raconte son parcours au sein de cette association. Elle se divise en trois parties : Banal Son un groupe de musiciens, Les Vieux métiers un ensemble de personnes qui font perdurer les méthodes de travail utilisées par le passé à Bannalec, et le Cercle, ensemble de danse bretonne en costume traditionnel.
Depuis combien de temps dansez-vous ?
Çela fait six ans.
Quand j'étais petite j'assistais à toutes les fêtes du 15 août à Bannalec où on voyait tous les beaux costumes que les filles pouvaient porter et aussi quand j'allais chez mes grands-parents je voyais toujours une photo de ma maman en costume quand elle était au cercle étant petite.
Pourquoi dans cette association ?
J'ai choisi ce cercle car c'était le plus proche de chez moi et c'est lui qui m'a donné envie de commencer.
Quel a été votre parcours au sein du cercle ?
J'ai fait deux ans en tant que simple danseuse ensuite j'ai pu intégrer le conseil d'administration et j'ai aussi fait un an en tant que monitrice du groupe enfants-ados.
Comment décririez-vous le rôle de cette association dans la culture bretonne ?
Je dirais qu'elle joue un rôle important dans notre culture car sans elle nos traditions auraient disparu.
Qu'est-ce que Ar Banal Aour vous a apporté ?
De la pédagogie et de l'assurance et moi je lui apporte de la visibilité avec mon projet.
Lesquels cette saison ?
Comme chaque été nous avons des sorties. On est invité à des fêtes pour présenter nos costumes et nos créations artistiques. Cette année le groupe enfants-ados s'est présenté à la fête "Fest Ar Vugale" à Carhaix, est invité à "Kernekiz" pendant le festival de Cornouaille à Quimper et à la fête des enfants aux Filets Bleus. Le cercle adulte fera des animations au camping de Bannalec et participera aussi à la fête de la Fleur d'Ajonc à Pont-Aven en août, à la Grande parade des Filets bleus à Concarneau, et à la Fête de l'ensemble des Genêts d'or, qui est la fête organisée par notre association. Cette année, nous participons également à un concours. C'est une labellisation qui aura lieu à Concarneau en août, où nous présenterons notre prestation scénique.
Cette année un bel événement vous attend, pouvez-vous en dire plus ?
Oui l'élection des reines de Cornouaille est un événement auquel on ne peut participer qu'une fois dans sa vie et qui se déroule le dernier week-end de juillet à Quimper et je vais représenter le cercle de Bannalec. Durant ces deux jours je vais devoir défendre mon dossier sur lequel je travaille depuis des mois et je vais aussi être observée et notée sur plusieurs critères comme la danse, le port du costume traditionnel et le comportement envers le public. J'ai très hâte que cet événement arrive pour y vivre une belle aventure.
Comment voyez-vous vos futures années au cercle ?
Continuer à faire perdurer notre tradition envers les plus jeunes et suite à cette expérience aux reines de Cornouaille peut-être qu'on trouvera de nouveaux projets ou alors peut-être que quelqu'un d'autre du cercle tentera sa chance !
Morwena GOUYEC
et Nadège KERGUELEN.
« Votre prochain don, c'est pour quand ? »
Tel est le slogan de l'établissement français du sang (EFS) afin de mobiliser un maximum de donneurs.
Le don du sang est un geste simple, volontaire et indispensable pour sauver des vies. En France, il repose sur la solidarité et l’entraide, il consiste pour tout à chacun à donner une petite quantité de son sang pour un individu malade, une victime d’un accident, un blessé ou un opéré. Son objectif est d’assurer une réserve de sang suffisante dans les hôpitaux pour les personnes dans le besoin.
Vingt
C’est le nombre de bénévoles de l’Amicale du don du sang de Quimperlé et des communes alentours. Parmi eux, nous avons rencontré Danielle, secrétaire de l’association et Hélène, trésorière. Elles sont toutes deux mobilisées dans l’association depuis 10 ans et font de la sensibilisation en collant des affiches dans Quimperlé avant les sessions.
Cinq
C’est le nombre de sessions de don du sang sur Quimperlé, à l’espace Benoîte Groult chaque année.
200
C’est le nombre approximatif de donneurs à chacune de ces sessions.
400 à 500 ml
C’est la quantité de sang prélevée lors de chaque don. Ce volume est adapté et sans danger pour une personne en bonne santé.
6 fois
C’est le nombre maximal annuel de dons de sang autorisés pour un homme, contre 4 fois par an pour une femme. En effet, il faut respecter les temps de récupération de l’organisme.
24 dons
C’est le nombre maximum de dons de plasma autorisés annuellement, car ce type de don peut être effectué plus fréquemment que le don de sang total. Ce type de don peut s’effectuer à Quimper.
10 000
C’est le nombre de dons quotidiens qu’il faudrait en France pour soigner les malades et assurer les réserves de sang nécessaires dans les hôpitaux. Donner son sang est donc très important car cela permet de participer et d’aider au bon fonctionnement du système de santé de manière directe afin de permettre aux personnes dans le besoin d’en profiter.
18 à 70 ans
C’est la tranche d’âge requise pour pouvoir donner son sang. Il est également indispensable de peser plus de 50 kilos, de ne pas avoir réalisé de tatouage ou de piercing dans les deux mois précédant le don et ne pas suivre un traitement médical.
1 heure
C’est le temps qu'il faut pour donner son sang. Les prochaines sessions auront lieu le jeudi 2 juillet et vendredi 3 juillet à l’espace Benoîte Groult à Quimperlé. On peut prendre rendez-vous sur Internet. Sur place, on remplit un questionnaire, on a un entretien avec un médecin et on se fait prélever son sang par des infirmier(e)s de l’EFS. Le don du sang se termine par un moment de repos avec un petit encas afin d’éviter un malaise sur la route.
Le réseau de bénévoles attend des donneurs !
Lucien FROSSARD
et Noé HASCOUET.
Babellium, l'association qui mélange les cultures
Entre culture, solidarité et rencontres, l'engagement citoyen prend tout son sens à la Loco à Quimperlé lors du Nouvel An iranien.
Une des soirées proposées par Babellium
A la Loco, une fête culturelle s’est déroulée le 5 avril : le Nouvel An iranien, célébration interdite en Iran. Surnommé "Le petit chat", l'Iran a été présenté comme un pays avec différents symboles comme la pomme qui représente la beauté, l’ail pour la santé, les germes de blé pour le renouveau, le vinaigre pour la patience, le sumac pour le lever du soleil et les pièces de monnaie pour la richesse. Des images de villes aux paysages somptueux ont été diffusées, comme Mashad ou Téhéran.
Des concerts, des chants et des danses touchantes et typiques de l'Iran se sont ajoutés à l’ambiance magique et ont rythmé la soirée. Pour les artistes en concert sur scène, la danse est un moyen profond d'exprimer leurs sentiments. Là-bas, toutes les sensations sont ramenées à ce pays : le parfum du thé au safran et les décorations délicates.
En 2016, à Quimperlé, Christel, venue de la capitale, crée Babellium, une association née d’une observation simple mais essentielle : le manque de diversité et de rencontres entre les cultures dans cette ville. Au début de son engagement, une attention particulière aux autres. Elle écoute les accents, cherche à comprendre les parcours et perçoit ainsi un besoin profond : celui de créer du lien.
Avec des valeurs fortes
Babellium se construit avec des valeurs fortes : l’entraide, le partage et la rencontre. Pour Christel, les personnes qui ne parlent pas français ne sont pas seulement en demande d’apprentissage mais en quête de partage de leurs richesses.
Ateliers de langue ludiques et immersifs ; chacun apprend de l’autre. Le français devient un pont, pas une barrière. Avec le temps, son projet évolue : Babellium devient alors bien plus qu’une simple structure d’apprentissage :« Un lieu de vie, presque une famille ».
Les actions se multiplient : ateliers de français pour les non-francophones, et de langues étrangères. L’objectif est clair : « Favoriser l’échange en s’amusant ». De plus elle organise des interventions auprès des jeunes, pour mieux faire connaître les réalités du monde et lutter contre les préjugés et le racisme. Christel défend une certitude :« Valoriser les cultures du monde pour construire une société plus juste et plus émotive ».
Par ses interventions, notamment dans les lycées, elle suscite des vocations. De nombreux jeunes s’engagent à leur tour. Car pour Christel, l’essentiel est là :« Créer des rencontres et partager ». C'est un moyen de « voyager sans bouger de chez soi, et de prendre conscience que l’autre représente une belle richesse ».
Engagement citoyen
Pour elle, l’engagement doit avoir du sens : il permet de mieux comprendre le monde, de gagner en confiance, et de trouver sa place : « S’engager, c’est aussi grandir ». Ainsi avec Babellium, Christel incarne un engagement citoyen concret.
Étudiantes à Rennes, Estelle et Sophia ont la même aspiration : s’engager pour les autres. Avec leur expérience au sein de l’association Madera, en lien avec Babellium, elles ont découvert que l’engagement citoyen pouvait donner du sens à leur parcours et modifier leur regard sur le monde.
Estelle, étudiante en master d’économie sociale et solidaire à Rennes 2, a choisi la solidarité. Lors de son stage à Madera, elle trouve une véritable vocation, mais aussi une source de « satisfaction profonde ». Elle parle de « bénédiction » : celle de pouvoir aider les autres. Engagée depuis le lycée dans des actions de sensibilisation, notamment auprès de familles confrontées à des difficultés sociales, elle voit dans l’engagement un moyen de créer des opportunités et d'évoluer.
Pour elle, les associations jouent un « rôle essentiel », un lien entre des mondes qui se croisent peu. Admirative de Babellium, elle souligne aussi la « force de ces structures » qui continuent d’exister malgré le manque de financements, portées par une volonté collective.
Sophia, elle, suit des études d’économie à Rennes 1. Au départ elle n’était pas particulièrement vouée à s’engager dans ce type de projet. Pourtant, une simple soirée organisée par une association agit comme un déclic.
Une nouvelle passion
Elle y découvre une nouvelle passion et comprend peu à peu que ce qu’elle fait a un « impact réel ».
Cet engagement devient alors une richesse personnelle, mais aussi un atout pour son avenir. Plus impliquée, elle prend conscience que ses actions comptent, autant pour les autres que pour elle-même.
A travers leurs parcours différents mais complémentaires, Estelle et Sophia montrent que l’engagement citoyen n’est pas réservé à quelques-uns : il se construit, parfois par hasard, mais toujours avec conviction et envie. Ensemble, elles illustrent une jeunesse qui agit, qui relie et qui donne du sens à l’action collective.
Maïwenn DROAL, Louane GARO,
Itto SABER.
MadaBreizh, une association qui lutte pour l'éducation
Cette association engagée apporte son aide aux enfants et à l'éducation à Madagascar grâce à des actions auxquelles nous pouvons tous participer.
A Madagascar, de nombreux enfants n'ont pas accès à de bonnes conditions d'apprentissage. Grâce à ses actions solidaires, une association basée à Quimperlé participe à la rénovation et à la construction d'établissements scolaires. Rencontre avec des membres de l'association pour répondre à nos questions.
Quels sont vos principaux objectifs ?
Nous sommes déterminés à aider les enfants qui sont dans le besoin. Madagascar est un pays pauvre qui ne peut pas se permettre de financer de nombreux lieux d'éducation comme des écoles ou des collèges. Là-bas, les chances de réussir sont réduites, c'est pourquoi nous voulons leur donner une chance d'avoir une éducation digne de ce nom.
Quels types de projets menez-vous à Madagascar ?
Nous intervenons dans le financement de la rénovation ou la construction de bâtiments éducatifs. Nous avons aidé à agrandir une école primaire ainsi que construit un lycée et un collège.
Pouvez-vous nous parler d'un projet dont vous êtes particulièrement fiers ?
En plus d'aider à la construction de nouveaux bâtiments, nous avons mis en place un programme de repas scolaires pour les enfants d'une grande école. Beaucoup d'enfants venaient le ventre vide, ce qui rendait les apprentissages plus difficiles en provoquant une baisse de la concentration.
Combien d'enfants avez-vous aidés jusqu'à aujourd'hui ?
Nous avons déjà aidé au moins mille enfants dans des écoles primaires, des écoles et des lycées.
Pourquoi avez-vous choisi de collecter des journaux et papiers ?
On s'est dit que pour que cette collecte touche le plus de monde possible, nous devions trouver quelque chose que tout le monde possède chez soi, notamment des journaux. Cela nous a permis de récolter un grand nombre de papiers afin de les recycler.
Comment les populations locales réagissent-elles à votre aide ?
Les parents sont très enjoués et pleins d'espoir de savoir que leurs enfants vont pouvoir avoir accès à une éducation solide. Les enfants, eux, sont également très contents et ont la volonté d'apprendre et de réussir afin de rendre fiers leurs parents. Ils sont également très reconnaissants envers nous et nos projets.
Qu'est-ce qui vous motive à vous engager dans cette association ?
Tout d'abord, nous sommes très proches des enfants et ne souhaitons que leur bonheur. C'est pour cette raison qu'il est naturel pour nous de nous investir et d'aider ces enfants dans le besoin. Notre but premier est de réduire les inégalités dont sont victimes les petits malgaches, et d'améliorer leur quotidien, notamment celle des trajets pour se rendre à l'école qui peuvent être très longs et éprouvants.
Quelles sont les principales difficultés auxquelles ces enfants font face ?
Du fait de peu de financement disponible, les principales difficultés rencontrées sont, tout d'abord, le manque de matériels et de bâtiments scolaires mais aussi le manque de professeurs.
Avez-vous des nouvelles d'anciens élèves dont vous vous êtes occupés ?
Oui, Fitiavana, une petite fille d'une école que nous avons rénovée en 2015. Celle-ci était dans un état déplorable. La fillette est maintenant très épanouie et souhaite poursuivre ses études, malgré son passé dans des conditions d'apprentissage difficiles. Nous sommes proches d'elle et prenons de ses nouvelles régulièrement.
Grâce à ses actions, cette association permet à de nombreux enfants d'étudier dans de meilleures conditions. Son engagement montre que la solidarité peut réellement changer le quotidien d'élèves à Madagascar.
Propos recueillis par
Ambre UDO
et Loïse LE CLANCHE.
Le Secours populaire : un rempart contre la précarité à Quimperlé
Née dans l'urgence de l'après-guerre, les Secours populaires continuent aujourd'hui de jouer un rôle essentiel dans notre société.
Le Secours populaire naît au XIXᵉ siècle. Il répond à un besoin simple : nourrir. Il prend alors l’appellation de soupe populaire. Après la Seconde Guerre mondiale, la précarité s’étend. Rencontre avec Marie Claude Miniou secrétaire générale du comité et une bénévole.Une histoire ancienne
En 1945, le Secours populaire se structure. Il agit vite. Il aide large. Pas seulement les sans-abri. Aussi les travailleurs précaires, les familles fragiles, ceux qui basculent un jour. Aujourd’hui, l’aide dépasse le repas. Les associations naissent alors un peu partout comme celle à l’entrée de Rédené qui a permis d’en savoir plus sur son rôle et son fonctionnement.
Organisation et entraide
Elle accompagne quiconque « On aide tous ceux qui ont besoin de nous, les jeunes et les moins jeunes ». Elle soutient sur la durée. Objectif clair : stabiliser la vie, pas seulement remplir une assiette.
Tout commence par une inscription. Dossier simple, suivi régulier. Puis, des horaires. Et des rendez-vous « Moi, je pense qu'on ne devient pas bénévole. On est bénévole ». L’aide prend plusieurs formes. Nourriture distribuée, parfois gratuite, parfois à prix réduit. Vêtements disponibles. Produits d’hygiène accessibles. À Noël, des cadeaux pour les enfants. Un geste concret pour un impact fort.
Friperie, bibliothèque
Mais ce n’est pas tout. La boutique abrite une petite bibliothèque. Des livres proches, pour tous. Une friperie solidaire. Des objets du quotidien, utiles, peu chers : tout le monde peut s’y rendre, même si l’on n'est pas bénéficiaire. Chaque élément compte. Chaque détail aide. Son financement repose sur les dons. Alimentaires, matériels, financiers. Les bénéficiaires participent parfois. Petite somme, grand effet : préserver la dignité.
S’engager : agir et rencontrer
Devenir bénévole reste simple et est d’une grande utilité. Un formulaire, puis un engagement réel. Présence régulière. Travail d’équipe.
Les volontaires accueillent. Ils distribuent. Ils trient « On leur donne des vêtements, mais toujours avec une petite participation. Tu vois, pour la nourriture, ils ont quatre grands sacs. Pour les familles jusqu'à trois personnes, c'est trois euros » .
On se sent utile
« On se sent utile. On découvre des parcours variés. On rejoint une communauté tournée vers les autres ».
Soutenir, c’est aussi donner. Donner des objets. Donner du temps, participer aux collectes ou même acheter dans la boutique ce qui aide l’association à fonctionner. En définitive le Secours populaire ne se limite pas à nourrir. Il relie. Il soutient. Il redonne place et dignité.
Chaque jour, des bénévoles agissent. Chaque jour, des donateurs contribuent. Et chaque jour, des personnes retrouvent un peu de stabilité.
Quand les inégalités persistent, une réponse existe. Concrète. Humaine. Proche.
Camille SAGNA
et Guyllian LE DILY.
Ty Pouce : bien plus qu’un simple café-cantine
À mi-chemin entre restaurant, lieu culturel et espace de rencontre, « Ty Pouce » est un projet associatif qui attire de plus en plus de curieux. Rencontre avec Justine Convain, bénévole engagée, pour mieux comprendre ce lieu pas comme les autres.
Pouvez-vous vous présenter et expliquer votre rôle ici ?
Je m’appelle Justine Convain, j’ai 43 ans et je suis bénévole au sein de l’association, ainsi que membre du conseil d’administration. Je m’occupe notamment de l’organisation des expositions artistiques, car j’ai un intérêt particulier pour l’art.
Je participe aussi à l’aménagement du lieu, à la fois pour qu’il soit fonctionnel au quotidien et agréable visuellement. Mais tout se fait de manière collective : chacun peut proposer des idées et participer aux décisions
Êtes-vous à l’origine de « Ty Pouce » ?
Non, pas du tout. Le projet existait déjà avant mon arrivée. À l’origine, il s’agissait d’une entreprise adaptée avec un restaurant plus classique, qui permettait notamment à des personnes en situation de handicap de travailler.
Ensuite, le projet a évolué pour devenir un espace de vie sociale, avec une dimension beaucoup plus ouverte et participative.
Qu’est-ce qu’un espace de vie sociale ?
C’est un lieu qui a pour objectif de créer du lien entre les habitants et de dynamiser la vie locale. L’idée, c’est que chacun puisse participer, proposer des idées ou simplement venir échanger.
En quoi votre café-cantine est-il différent d’un restaurant classique ?
On fonctionne de manière plus souple, « comme à la maison ». Par exemple, selon les jours, les clients peuvent venir commander au comptoir, se servir ou rapporter leurs couverts.
C’est une manière de s’adapter au nombre de personnes présentes tout en gardant une ambiance conviviale.
Que proposez-vous au niveau de la cuisine ?
La cuisine est variée et change chaque semaine. On ne se limite pas à une cuisine bretonne, même si elle peut être présente.
On essaie de privilégier des produits locaux et, si possible, bio, tout en maintenant des prix accessibles. C’est un équilibre important à trouver.
Quelles sont les valeurs principales du lieu ?
Les deux grandes valeurs sont la mixité et l’écologie.
On veut accueillir tout le monde, sans distinction, et faire en sorte que chacun se sente à l’aise.
On fait aussi attention à notre impact environnemental : réduction du gaspillage, récupération de matériaux, réutilisation pour la décoration ou les activités.
Comment fonctionne l’équipe ?
L’association est structurée autour d’un conseil d’administration composé notamment de Valérie Favril (présidente), Claire Bellot (secrétaire) et Lucie Bosseur (trésorière), ainsi que d’autres membres engagés comme moi-même.
Il y a deux salariées, qui s’occupent de la coordination et de la cuisine, et environ 44 bénévoles réguliers qui participent à la vie du lieu.
Comment peut-on devenir bénévole ?
Il suffit d’adhérer à l’association. Ensuite, on commence souvent par aider en cuisine ou au service pour découvrir le fonctionnement.
On est toujours accompagné, jamais laissé seul. L’idée, c’est vraiment de faire les choses ensemble.
Quels types d’événements proposez-vous ?
On organise régulièrement des concerts, des conférences, du karaoké ou encore des chorales.
Il y a aussi des événements en collaboration avec d’autres associations, notamment autour de cuisines du monde, ce qui permet de découvrir différentes cultures.
Le lieu propose-t-il d’autres activités en dehors de la restauration ?
Oui, il y a aussi un espace extérieur avec un jardin, des animaux comme des poules ou des lapins, ainsi que des installations écologiques comme un compost ou des abris pour insectes.
L’objectif est de créer un véritable lieu de vie, pas seulement un endroit pour manger.
À qui s’adresse « Ty Pouce » ?
À tout le monde. On accueille des jeunes, des familles, des associations, mais aussi des structures spécialisées.
C’est un lieu inclusif, où chacun peut trouver sa place, même ceux qui ne se sentent pas à l’aise dans un restaurant classique
Un dernier mot pour donner envie de venir ?
C’est un lieu convivial, ouvert et vivant. On peut venir manger, discuter, participer ou simplement passer un bon moment.
Chacun peut y apporter quelque chose, à sa manière.
Jeanne Lika LE BELLEC
et Thuy Linh PHAM.
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L'association est présente sur Facebook (le plus actif) et Instagram.
Divergences une librairie assez particulière
Divergences : lire, penser, rencontrer, vivre. Bien plus qu’une librairie.
La librairie-café Divergences, à Quimperlé, est née d’une ambition simple mais exigeante : créer un lieu où les livres ne seraient pas seulement vendus, mais vécus. Ouverte le 13 avril 2024, avec Audrey et Morgane comme vendeuses/conseillères, elle s’inscrit dans une tradition de librairies indépendantes qui cherchent à faire bien plus que du commerce : proposer une vision, défendre des idées, et tisser du lien.
Romans, poésies...
À l’origine du projet, on trouve une volonté de prolonger l’esprit des éditions Divergences, une maison d’édition engagée, connue pour ses essais critiques et ses prises de position intellectuelles : « On a une vraie attention portée sur la sélection pour qu’elle soit de qualité ». La librairie devient ainsi une vitrine vivante de ce catalogue, mais aussi un espace ouvert à une grande diversité de voix : « Nous faisons attention à défendre des valeurs à travers cette sélection ». Romans contemporains, poésie, bandes dessinées, ouvrages politiques, littérature jeunesse : les rayons reflètent un goût pour la curiosité et la pluralité.
Un espace hybride
Mais Divergences ne s’arrête pas aux livres. Très vite, le lieu s’est pensé comme un espace hybride, mêlant librairie et café. Cette double identité n’est pas anodine. Elle permet aux visiteurs de prendre le temps : feuilleter un ouvrage, s’installer, discuter, revenir. Le café propose des produits locaux et biologiques, dans une atmosphère conviviale qui invite autant à la lecture qu’à la rencontre.
Un lieu de vie
Ce mélange des usages fait de Divergences un véritable lieu de vie. On n’y vient pas seulement pour acheter un livre ou boire un café, mais pour s’attarder, échanger, parfois même débattre, « Nous aspirons à être un lieu de vie où les gens se rencontrent, discutent et peuvent venir écouter des auteurs et des autrices. C’est un vrai lieu de partage d’idées », détaille Audrey.
Rencontrer les auteurs
Des rencontres avec des auteurs et des lectures publiques y sont régulièrement organisées. Ces événements culturels transforment la librairie en un espace d’animation intellectuelle : « On a à cœur d’échanger tous ensemble, d’en discuter ».
Une petite cantine
Le projet va encore plus loin avec l’intégration de services du quotidien. Une petite cantine, un dépôt de pain, un point d’envoi postal : autant d’initiatives qui ancrent la librairie dans la vie locale : « Nous voyons souvent les mêmes personnes tous les jours qui passent nous voir, on a des liens très fort avec certaines personnes ». Cette dimension pratique renforce son rôle de point de rencontre pour les habitants, au-delà du seul public des lecteurs.
Pour penser et pour vivre
Divergences incarne ainsi une certaine idée du commerce culturel : indépendante, engagée, et profondément ancrée dans son territoire. Dans un contexte où les librairies doivent sans cesse se réinventer, elle propose une réponse originale, en mêlant littérature, convivialité et services.
Plus qu’une librairie, Divergences est devenue, en peu de temps, un lieu où l’on vient autant pour penser que pour vivre.
Luna ALLOUIS
et Léna LE BOUILL.
Divergences, un lieu de culture à Quimperlé
À Quimperlé, Divergences rassemble lecteurs, auteurs et idées dans un lieu culturel indépendant.
Le métier d’éditeur
Gérant de la maison d'édition Divergences, Johan est éditeur : il publie des livres qui vont être diffusés un peu partout en France et dans le monde francophone, des essais essentiellement. Il va alors à la fois choisir les livres, les éditer, les corriger, les relire et ensuite accompagner leur diffusion en librairie et dans la presse.
Quels sont les livres choisis ?
La maison d'édition n'édite que des essais politiques plutôt engagés associant la critique à la politique car c'est un choix depuis la création de Divergences.
Expérience dans le métier
La maison d'édition a été créée en 2016 à Paris. Puis en 2023, Divergences est venue s'installer à Quimperlé car il y avait une ligne grande vitesse pour pouvoir aller à Paris facilement car les salons, les auteurs, les journalistes, les rédactions de médias y sont présents. En moyenne, il y a au moins un aller-retour à Paris par mois.
Pourquoi ce nom ?
À la fac il y avait beaucoup de mouvements politiques dont quelques-uns portaient le nom de "convergences" alors pour marquer notre différence le nom Divergences a été choisi et le nom est resté au fil des années.
Nombre de livres édités
L'année de la création, on a édité 6 livres puis d'année en année le nombre a bien augmenté et est passé à une moyenne de 15 livres par an. Avec ce nombre en hausse, la maison en vise 20 dans quelques années.
Le plus gros succès
C'est "A propos d'amour" de Bell Hooks qui est une figure de l'afroféminisme aux États-Unis et qui traite de l'amour dans notre société patriarcale.Pourquoi les livres sont-ils importants aujourd'hui ?
Le livre a un impact limité par ses ventes directes, mais il agit aussi indirectement via les médias et les discussions qu’il génère. Malgré des chiffres de ventes parfois faibles, il reste un support durable qui structure des idées et influence sur le long terme.
Louison DANVEAU
et Raphaël SYMPHORIEN.
Tomahawk : tout pour la musique !
« C’est une belle aventure humaine ». Kevin Berthou, l'homme orchestre de l'association, se confie sur son métier.
C’est dans une grange réhabilitée aux airs de salle de spectacles punk que Kévin Berthou a échangé sur son parcours.
Quel est votre rôle ?
Je suis coordinateur, donc mon boulot c'est de coordonner, m'assurer que la com est prête à l'heure, dans les temps, que la compta est bien faite ; je fais la compta, je fais un peu de tout. Et le reste, je le donne en boulot aux bénévoles.
Quelles sont les choses qui vous prennent le plus de temps ?
En vrai, je passe énormément de temps sur l'ordi, traiter les mails, faire les dossiers, la comptabilité, bilan comptable, écriture comptable... La comptabilité prend pas mal de temps : les commandes aux fournisseurs, payer les artistes, s'assurer que les contrats soient faits en temps et en heure, les fiches de paye, les demandes de subventions... Là, vous voyez, un dossier qui m'a pris pas mal de temps, il n'y a pas longtemps, c'est le renouvellement de licences de spectacle.
En général, c'est vous qui faites les affiches ?
Ouais, c'est moi qui fais les affiches. Mais l'affiche, là, c'est une stagiaire qu'on a eue, donc du coup on l'a rappelée, comme ça on lui a proposé un contrat payé après son stage... Et je peux vous garantir qu'il n'y a pas d'intelligence artificielle !
Quelle est votre place dans l’association ?
Alors moi, je suis le seul salarié, depuis le début de l'année. Raphi (qui était un service civique qui a été embauché ici après) a passé trois ans de bons et loyaux services ; et là, je sais qu’il a passé quelques mois au Panama, il est parti au Mexique, il se professionnalise dans ses activités. Depuis que Raphi est parti, j'ai récupéré l'intégralité du boulot qu'il faisait déjà, en plus du mien qui était déjà très prenant.
Etes-vous patron de l'association ?
On a un statut qui s'appelle une collégiale, et quand tu es une collégiale dans une asso, c'est que tu n'as pas de président. J'ai donc 7 patrons bénévoles et tous les ans il y a l'assemblée générale avec les élections : les patrons bénévoles peuvent changer. Une année ils peuvent être 5, une autre, ils peuvent passer à 10 mais ils sont tous égaux : hommes, femmes, vieux, jeunes, tout le monde pareil.
Qu’est-ce qui vous a fait connaître l’association ?
J’étais déjà à Querrien quand l’asso est arrivée et je travaillais déjà plus ou moins dans la musique, pendant très longtemps j’ai été disc jokey en discothèque puis j'ai fait des animations de mariage, d’anniversaire... J’ai commencé à devenir ingénieur lumière, à acheter un peu de sono. J’ai tourné avec un groupe de Saint Thurien, Slivovitsa et pendant cinq ou six ans j’ai été leur ingénieur son ; ça a été mes cobayes. Et ensuite j’ai pu commencer à venir sonoriser les concerts aussi pour Tomahawk.
Donc vous avez commencé en tant que bénévole ?
Oui j’ai commencé en tant que bénévole mais bon j’étais pas professionnel, j’étais en train d’apprendre. J’ai toujours été dans l’ombre, les techniciens c’est ceux que tu ne vois jamais… Et moi je connais le collectif depuis le début.
Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?
Moi c’est clairement le rapport humain, parce que moi j’suis un gars de la commune, toute la journée c’est que des copains qui passent au bureau. J’arrive à un stade de ma vie où je travaille qu'avec des gens que j’ai envie de voir. Il y avait la soirée cabaret ce week-end et j’ai calculé en deux jours j’ai bossé 27 heures en plus de ma semaine du lundi au vendredi, donc c’est quand même prenant. Par contre, c’est une belle aventure humaine.
Julie BERNARD,
Lia SCAVINER LE NAOUR
et Romane DUVAL.
Quelques chiffres :
En France, il existe 16 905 associations d’anciens combattants telles que l'ONaCVG, UNC, AVEN, ADIR, FNPG, LFC, ANCGVM, ANACR.
Préserver les intérêts matériels et moraux des ressortissants, défendre et étendre les droits à réparation des anciens combattants et victimes de guerre, rassembler hommes et femmes dans l'action contre la guerre, pour la paix et la solidarité entre les peuples, cultiver la mémoire de l'histoire dans un esprit de vérité.
Riantec
L'association dénombre 99 membres : 40 anciens combattants opérations extérieures ; 20 anciens combattants d'Afrique du Nord ; 25 anciens militaires ; 2 militaires d'active ; 7 veuves d'anciens combattants ; 5 sympathisants ; 2 jeunes de 20 ans (porte-drapeaux)
Devoir de mémoire : transmettre aux jeunes
Président de l’amicale des anciens combattants de Riantec, Pierre Grare souhaite faire passer un message important : il est essentiel de transmettre la mémoire aux jeunes générations.
À travers son témoignage, Pierre veut nous faire comprendre que « transmettre son histoire, c’est donner un visage humain à l’Histoire ».
Donner un visage à l’Histoire
Les témoignages permettent de comprendre ce que vivent les hommes et les femmes en temps de guerre, comme les peurs, les sacrifices, mais aussi la fraternité et la valeur de la paix. Pierre rappelle que « La liberté, la paix et la démocratie ne sont jamais acquises définitivement », il est donc important de les transmettre aux jeunes.
Sensibiliser et transmettre dès le plus jeune âge
Pierre intervient régulièrement dans les écoles pour partager son parcours et expliquer son engagement militaire. Ces rencontres rendent l’Histoire plus concrète et plus accessible aux élèves. Elles permettent aux élèves de mieux comprendre ce que signifie servir son pays, notamment lors des conflits extérieurs, et de créer un lien entre les générations.
Commémorer pour ne pas oublier
Des dates comme le 11 novembre, date de l'armistice de la guerre 14-18 ou le 8 mai, qui marque la fin de la Seconde Guerre mondiale, ne sont pas de simples jours fériés. Elles permettent « d’honorer ceux qui se sont battus et parfois sont morts pour notre liberté ». Ces moments sont aussi des temps de réflexion collective, « Ils rappellent le prix de la paix, les conséquences de la guerre et l’importance de rester vigilants face aux menaces contre la démocratie et les droits humains ».
Les jeunes, futurs passeurs de mémoire
Alors que les derniers témoins disparaissent, la question se pose de savoir comment continuer à faire vivre cette mémoire. Pour Pierre, la réponse est claire : les jeunes d’aujourd’hui devront devenir « les gardiens de cette mémoire ».
Un rôle essentiel
Les jeunes ont un rôle essentiel, « Ils peuvent participer aux commémorations, recueillir des témoignages, visiter des lieux de mémoire ou s’impliquer dans des projets scolaires ». Cependant, Pierre regrette leur faible présence lors des cérémonies, alors que leur engagement est indispensable pour préserver cette mémoire.
Aujourd’hui, les jeunes disposent de nombreux moyens pour faire vivre la mémoire, comme les réseaux sociaux, les vidéos, les projets scolaires. Ils peuvent ainsi transmettre autrement et toucher leur génération.
S’engager aujourd’hui pour construire demain
La mémoire n’est pas tournée uniquement vers le passé, elle permet de former des citoyens conscients, engagés et responsables. Comme le dit Pierre : « La mémoire n’est pas faite pour entretenir la nostalgie de la guerre, mais pour transmettre l’amour de la paix. »
Eva LE BOZEC,
Emma DANIELOU
et Ylan GRARE.