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| N° 0 - Avril 2026 - Les élections municipales | https://www.la-perverie.fr/ |
Les élections municipales : quel rôle pour les jeunes ?
Édito
Les jeunes au cœur des élections municipales.
56 %. C'est le taux d'abstention des jeunes inscrits sur les listes électorales âgés de 18 à 24 ans, au premier tour de ces municipales. Les raisons de ce fort taux d’abstention sont à la fois le manque d’intérêt pour ces élections, la méconnaissance des enjeux et de façon plus générale l’image négative de la politique.
Or, les jeunes, sont au coeur de ces municipales.
À travers ce journal, réalisé en collaboration avec Ouest-France, nous voulons vous prouver que les municipales sont, au contraire, le cœur battant de votre quotidien. Vous allez prendre connaissance des différents débats soulevés lors de cette campagne électorale. Transports gratuits, sécurité, logement pour les étudiants, urgence écologique : les décisions qui se prennent aujourd'hui dessinent la ville où vous vivrez demain. Comprendre les municipales, c'est s'interroger sur le rôle du maire, sur la notion de la parité, sur la place des réseaux sociaux dans la campagne électorale. C'est aussi comparer notre système démocratique au modèle des Etats-Unis.
Electeurs ou futurs électeurs, les candidats cherchent à vous séduire. Et vous avez votre mot à dire. A la lecture de notre sondage, vous verrez que les idées ne manquent pas. Par ailleurs, le témoignage d'une conseillère municipale des jeunes nous montre que ces idées peuvent se concrétiser.
En définitive, votre rôle est multiple. Plus qu'un simple bulletin de vote, c'est votre vision de la société qui est en jeu. Il est temps de vous approprier ce moment démocratique.
Bonne lecture !
Milana TSYHANENKO.
Lise DAHIREL.
Enora DERUET
Chiara FRASSETTO.
Maîna LE BERRIGAUD.
Etre maire d'une commune
Marie-Cécile Gessant, la maire de Sautron, répond aux questions au cœur de l'actualité.
Qu'est-ce qui vous inspire à travailler pour votre ville ?
« Tout d'abord, être maire ce n'est pas un métier, mais une fonction. J'ai eu envie de m'investir dans la ville. Il faut absolument aimer la ville et ses habitants. Pour moi, humble dans sa fonction et rester près des gens est primordial pour le maire. Bien sûr, parfois nous ne sommes pas d'accord avec les décisions prises, mais pour autant, en tant que maires, nous devons appliquer la loi. »L'emploi du temps de maire est très variable.
En moyenne, la maire travaille 70h par semaine : "On ne s'ennuie pas !", - souligne-t-elle.
Durant votre dernier mandat, y a-t-il eu un projet phare qui a particulièrement marqué la commune ?
« Nous avons réalisé beaucoup de projets. L'un des plus importants étant la rénovation de la bibliothèque, qu'on a transformé en médiathèque. Puis, on a fait la rénovation thermique des bâtiments sportifs avec les extensions. On a aussi rénové une de nos écoles.
On a fait un parc de loisirs qui a été extrêmement apprécié par les sautronnais. »
La commune a-t-elle mis en place des projets ou des initiatives en faveur des jeunes ?
« En 2013, le Conseil municipal des enfants a été créé. Ainsi, les jeunes peuvent participer à la vie de la commune. La nouvelle chose qu'on a mis en place est le passeport du civisme pour inciter les élèves de CM2 et de 6ème à être plus civique dans leurs démarches au niveau de la patrimoine, de l'environnement, etc.
Sautron est une ville très sportive. Récemment on a rénové le skatepark pour les jeunes. La commune soutient les Jeux Olympiques ; on fait souvent des semaines sportives, durant lesquelles, toute la semaine on fait du sport et des déjeuners de sportifs. Ainsi, on encourage les enfants et les jeunes à avoir cette bonne habitude. »
Avez-vous un message à adresser aux habitants par rapport aux élections municipales ?
« Allez voter ! C’est important ! Cela prouve que vous vous intéressez à votre commune. Qu’on soit pour ou contre, le fait d’avoir fait la démarche de voter veut dire qu’on s’intéresse à ce qui se passe autour de soi, surtout à l’époque de l’individualisme résulté de covid.
Les Français ont dans l’esprit de rouspéter sur tout, il faut arrêter de se plaindre pour des bêtises ! »
Propos recueillis par
Milana TSYHANENKO.
Kyra SIRA.
Léa JIMENEZ.
À Nantes, la sécurité au cœur des préoccupations des habitants
Longtemps réputée pour sa qualité de vie, Nantes voit aujourd'hui la question de la sécurité s'imposer dans les discussions et les habitudes des habitants.
Nantes, est une ville auparavant connue pour sa culture, son histoire et sa qualité de vie. De nos jours, comme dans beaucoup de grandes villes, sa sécurité est discutée. Certains habitants se sentent en sécurité dans leur vie quotidienne. D’autres s’inquiètent de la délinquance dans certains quartiers. Ces inquiétudes augmentent parfois pendant la nuit. À Nantes, certains délits sont les vols et les cambriolages. Il y a aussi des dégradations de biens publics ou privés.
Que propose les candidats
En effet, les municipales sont le sujet de toutes discussions à Nantes aujourd'hui. En quête de sécurité, les habitants attendent des candidats, des projets autour du sujet. Johanna Rolland affirme :"J'ai fait doubler les effectifs de la police municipale, nous avons mis en place une brigade dédiée au transport en commun".
Les habitants revendiquent une sécurité renforcée
Cette sécurité à Nantes nécessite encore plusieurs améliorations pour répondre aux attentes des habitants. Tout d’abord, la présence policière pourrait être renforcée, notamment dans certains quartiers et aux heures sensibles, afin de dissuader les actes de délinquance. Ensuite, la lutte contre les trafics, en particulier de stupéfiants, reste un enjeu important, car ils sont souvent liés à des violences. Il serait aussi utile d’investir davantage dans la prévention, en accompagnant les jeunes et en développant des actions sociales pour éviter l’entrée dans la délinquance. Enfin, l’éclairage public, la vidéosurveillance et l’aménagement urbain peuvent être améliorés pour renforcer le sentiment de sécurité dans l’espace public.
Maël LAUZEILLE.
Victor LEBER.
Municipales : quelles promesses pour séduire les jeunes ?
Avant des élections municipales, les candidats déclarés à Nantes nous ont précisé leurs propositions pour les jeunes. Deux visions se dégagent à travers les programmes de Mounir Belhamiti et Margot Medkour.
Margot Medkour : améliorer le quotidien et l’autonomie des jeunes
Margot Medkour conduit la liste « Nantes populaire ». Candidate de gauche, elle dirige son programme sur les conditions de vie des jeunes Nantais. Parmi ses propositions figure la création d’une agence municipale du logement, destinée à faciliter l’accès à un logement abordable pour les jeunes, notamment les étudiants et les jeunes actifs.
La mobilité occupe également une place centrale dans son projet. Margot Medkour propose de développer des parcs de vélos en location longue durée et d’offrir un vélo à chaque jeune de 16 ans. Une mesure imaginée pour encourager les déplacements écologiques et faciliter l’accès aux lieux de sortie, de culture et de sociabilité dans la ville.
Mounir Belhamiti : former et engager la jeunesse nantaise
Tête de liste de « Nantes mérite mieux », Mounir Belhamiti s’est lancé récemment dans la campagne municipale. Le conseiller municipal Renaissance souhaite placer l’engagement des jeunes au cœur de son projet pour la ville. Il met notamment en avant le Service National Universel (SNU), présenté comme une avancée pour favoriser la participation des jeunes à des projets collectifs et à des missions d’intérêt général.
Le candidat défend également la mise en place d’ateliers d’orientation et de temps d’échange pour aider les jeunes à mieux comprendre le fonctionnement de Parcoursup. L’objectif est de réduire les inégalités face à l’information et d’accompagner les parcours scolaires et professionnels. À travers ses expériences de terrain, comme les opérations de « député en immersion », Mounir Belhamiti affirme vouloir construire des politiques municipales plus proches des réalités vécues par la jeunesse.
Il reste à savoir si les candidats tiendront leurs promesses ?
Lou-Ann COLAS-FOUCAUD.
Lisette FRAPSAUCE.
Léana DELHUMEAU.
Et si les lycéens de la Perverie pouvaient participer à la vie politique
A la Perverie, un sondage a été réalisé auprès des élèves de seconde première, et terminale afin d’en savoir plus sur l’état d’esprit des lycéens vis à vis des municipales.
Les propositions des lycéens
À travers ce sondage réalisé en février 2026 auprès de 67 lycéens, nous avons pu observer les mesures proposées par les élèves de la Perverie dans cinq domaines : le sport, la culture, les transports, l'environnement et le scolaire. Plusieurs tendances se dégagent nettement. Tout d'abord, la question du coût d'accès revient dans presque tous les domaines. On l'observe à travers des demandes lié à la gratuité ou la réduction des tarifs des transports, des musées, des équipements sportifs. De plus, les élèves réclament pour la grande majorité un allègement de leur emploi du temps, avec des horaires moins chargés et moins de devoirs, afin de pouvoir passer plus de temps dans des activités extrascolaires. Enfin, le manque d'infrastructures est lui aussi revenu, les salles de sport, médiathèques, lignes de bus ont notamment été abordées. Retrouvez l'ensemble des réponses en scannant le QR Code.
Les terminales
voteront-ils ?
Nous avons également interrogé les élèves de terminale étant en âge de voter lors des élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Le résultat est étonnant : plus de 60 % d'entre eux déclarent ne pas avoir prévu de voter. Ce chiffre peut surprendre au vu des nombreuses propositions qui semblent traduire un désir d'implication que ces mêmes élèves ont formulées dans le premier sondage. Ce paradoxe s'explique en partie par ce que les sociologues appellent le « hors-jeu politique » : le sentiment, souvent ancré chez les jeunes, de ne pas être légitime de participer à la vie politique, ni d'avoir les codes pour le faire. Ce n'est donc pas tant par détachement vis à vis de la politique mais bien par un sentiment d'exclusion du jeu démocratique. Ces élections municipales sont pourtant des élections à une échelle restreinte ce qui devrait mobiliser les jeunes.
Milan GUILLOU.
Lola COSTES.
Deux partis : une opposition politique sans fin et des idées qui divergent
Depuis près de trente ans, le parti Nantes Populaire et le parti Républicain s'offrent une lutte acharnée pour obtenir la gestion de la ville.
Un bastion socialiste aux idées innovantes
Dans le cadre des élections municipales de 2026 à Nantes, Margot Medkour, candidate du mouvement Nantes Populaire, a présenté les grandes lignes de son programme. Celui-ci aborde plusieurs thèmes, notamment le logement et les services publics. Premièrement, pour contrer la « prédation » des grands groupes et l'augmentation du coût de la vie, Nantes Populaire cherche à fonder une chaîne de supermarchés à prix réduit. 37 % de la population en France se trouve en insécurité alimentaire. Le prix des courses a augmenté de près de 22 % à cause de l'inflation par rapport à 2021 car quelques groupes détiennent un quasi-monopole. Avec pour but de combattre les prix des loyers qui explosent depuis maintenant dix ans (+9,6 % en 2024), Nantes Populaire souhaite agir pour arrêter les spéculations, qui vont impacter les studios puis par la suite le reste du marché. Ces T1 se trouveront alors a un prix de 300 € par mois. L'agence municipale du logement agirait pour soutenir les locataires et placer un plafond sur le loyer. A la recherche d'une alternative à la voiture permettant de réduire le trafic de manière drastique, Nantes Populaire propose un nouveau réseau de bus reliant la métropole au reste du pays nantais (de Vallet à Blain), cette possibilité reviendrait deux fois moins chère que les lignes de tram.
Un parti républicain en opposition
De l’autre côté, Foulques Chombart de Lauwe bouscule les scores avec l'union de droite et se place comme principal opposant contre la maire sortante Johanna Rolland dont il ne cesse de critiquer la politique. Dans une lettre envoyée aux citoyens, il se permet de dénoncer les problèmes apparents à Nantes qui sont ignorés par la maire socialiste. Parmi les idées ressorties, il évoque « un bidonville le plus cher de France ». Foulques Chombart a donc comme ambition de « redonner un nouveau souffle à Nantes ». Dans son programme, il évoque des idées ambitieuses telles que : diviser la dette nantaise par deux et donner une vision toute neuve pour Nantes en lançant un « cursus scolaire international complet afin d'y attirer des talents internationaux »
Lors d'un débat politique dirigé par TéléNantes, les deux partis se sont affrontés en défendant leurs positions respectives.
Evann MOUSSAOUI.
Enora DERUET.
Municipales à Nantes : quand les candidats utilisent les réseaux pour séduire les jeunes
À l’approche des élections municipales, les réseaux sociaux sont devenus un outil central de campagne. Le récent scrutin l'a bien montré.
À Nantes, les candidats ne se sont plus contentés des affiches et des meetings : ils ont investi dans les réseaux sociaux pour toucher une population plus jeune, souvent éloignée de la politique.
Les élections municipales ne se jouent plus de manière traditionnelle. Aujourd’hui, une grande partie d'une campagne se déroule sur nos écrans. À Nantes, comme dans beaucoup de villes françaises, les candidats ont utilisé de plus en plus les réseaux sociaux pour se faire connaître, expliquer leurs idées et convaincre les jeunes de s’intéresser à la vie politique de Nantes.
De nouveaux terrains de campagne
Les réseaux sociaux sont devenus de véritables outils de communication politique. Les candidats y publient des vidéos courtes, des photos, des explications sur leurs projets ou encore des réponses aux questions des habitants.
L’objectif est de rendre la politique plus accessible. Contrairement aux discours longs ou aux programmes écrits, les réseaux permettent de transmettre des messages rapides, visuels et simples à comprendre. Par exemple, certains candidats se démarquent par l'ampleur de leur audience en ligne : Margot Medkour qui compte plus de 2,5k d'abonnés ou même Johanna Rolland qui rassemble plus de 10k, preuve de l'importance prise par ces plateformes dans la communication politique.
Le témoignage de Foulques Chombart de Lauwe
Pour le candidat Foulques Chombart, les réseaux sociaux sont un moyen de réinformation. Ils permettent de contourner les filtres institutionnels ou médiatiques pour montrer aux Nantais la réalité crue de leur ville :« C'est mon outil principal pour rendre compte de la volonté de mon mandat si je suis élu, et faire remonter la réalité du terrain ». Ses objectifs sont différents selon les plateformes, Instagram et Facebook servent à montrer la réalité de la rue ainsi qu'à valoriser ses rencontres sur le terrain. X en revanche est plutôt l'arène du débat politique, car c'est une tribune médiatique plus suivie par les médias et les journalistes. Pour lui, c'est un bon moyen pour être au contact des citoyens : « Je privilégie l'échange direct, je gère mes réseaux moi-même le plus souvent possible. »
Mathéo CAROFF.
François SONNET.
Nantes : deux visions pour une même ville
Lors des élections municipales, Foulques Chombart, candidat de droite et Johanna Roland, la maire sortante s'affrontaient. Le premier adjoint de la maire et leur adversaire direct nous ont accordés un entretien pour exposer leur projets pour la ville.
La sécurité : un avis commun sur l’enjeu mais une vision différente sur la méthode
Pour Bassem Asseh, la sécurité repose sur un travail complémentaire entre les différents acteurs : « La police municipale et la police nationale se complètent finalement quand ils essayent d’occuper le terrain chacun selon ses priorités ».Le premier adjoint rappelle que la municipalité a fortement augmenté les moyens consacrés à la sécurité locale. Notamment lors du dernier mandat de la maire sortante : « On a multiplié par deux le nombre de policiers municipaux entre 2020 et 2026. On est passé d’environ 115 à 235 agents ». La municipalité défend également l’utilisation de la vidéosurveillance, qui peut faciliter les enquêtes. Selon Bassem Asseh : « Si une caméra a capté un vol, la vidéo est transmise aux enquêteurs et peut servir à prouver que telle personne a commis l’acte ». Enfin, il insiste sur la prévention, considérée comme essentielle : « La délinquance est souvent liée au décrochage scolaire ou social ; la prévention permet d’identifier très en amont quelqu’un qui a besoin d’aide ».
À l’inverse, Foulques Chombart a une approche beaucoup plus sévère : « La peur doit changer de camp ». Son programme prévoit un renforcement des moyens policiers : « Cela passera par le doublement des effectifs de la police municipale sur le terrain et son armement ». Le candidat souhaite également renforcer la vidéo surveillance : « Je veux déployer massivement la vidéoprotection reliée à un centre de supervision actif 24h/24 ». Il propose enfin des mesures plus radicales afin de réprimander encore plus les acteurs de ce phénomène : « L’expulsion systématique des dealers condamnés et de leurs familles des logements sociaux » est, selon lui : « une mesure de justice sociale ».
L’écologie : deux visions opposées
Sur la transition écologique, le camp de Johanna Rolland défend une transformation progressive de la ville. Bassem Asseh insiste sur l’importance d’une ville plus verte : « Nous voulons une ville écologique et solidaire, où la qualité de vie dépend aussi de la qualité de l’air et des espaces verts ». Concrètement, plusieurs mesures sont proposées pour lutter contre les effets du réchauffement climatique en ville :« L’idée est d’avoir un jardin de plus par quartier et deux fois plus d’espaces débitumés ». La municipalité souhaite également transformer les infrastructures scolaires : « L’objectif est que 100 % des cours d’école soient réinventées, avec plus d’espaces verts pour éviter la chaleur du bitume ». Enfin, la Maire sortante défend le développement des transports publics afin de fluidifier le trafic : « On aura les lignes 6 et 7 du tramway ainsi qu’une nouvelle ligne de Busway dans le prochain mandat », annonce Bassem Asseh , évoquant également le projet d’un futur RER métropolitain.
De son côté, Foulques Chombart défend une vision différente de la transition écologique : « Je défends une écologie de progrès et d’infrastructures, à l’opposé de l’écologie punitive ». Son programme met l’accent sur les grands projets de transport : « Je lancerai le projet du tunnel de l’Ouest pour désengorger le périphérique et le pont de Cheviré ». Le candidat souhaite aussi améliorer l’accès à l’aéroport : « Le tramway doit enfin être connecté à l’aéroport » .Il propose également des mesures environnementales plus visibles : « Nous planterons 100 000 arbres et développerons des navettes fluviales sur la Loire et l’Erdre ».
Jeunesse : accompagnement contre sécurité renforcée
Bassem Asseh insiste sur le rôle de l’accompagnement social et éducatif : « Nous voulons renforcer l’aide à l’orientation scolaire et la préparation à l’entrée dans le monde du travail ». Selon lui, l’objectif est d’éviter l’exclusion sociale : « Quand on n’a pas dans son entourage des personnes exerçant des métiers variés, il est plus difficile de s’orienter ». Les associations jouent également un rôle clé dans cette politique : « Le tissu associatif nantais est extrêmement important et permet de maintenir le lien social ».
À l’inverse, Foulques Chambard place la sécurité au cœur de cette question : « Je ne supporte plus l’idée que les jeunes aient la boule au ventre en rentrant de soirée ou en attendant le tramway ». Pour lui, la reconquête de l’espace public est essentielle : « La sécurité est la condition première de votre liberté de sortir et de vivre ». Il souhaite également faciliter l’accès au logement pour les jeunes actifs.« Je veux faire passer Nantes de 38 % à 50 % de propriétaires ».
Au final, a Maire sortante défend une approche préventive, qui se base sur la solidarité et la transition écologique progressive. Le candidat de droite propose, lui, une politique dans laquelle la sécurité occupe une grande place, centrée sur l’autorité et des grands projets d’infrastructures.
Les électeurs nantais ont tranché entre ces deux orientations lors du second tour des élections qui opposaient ces deux personnalités et c'est Johanna Rolland qui a été réélue avec 52,18 % des suffrages.
Raphael BATTISTI.
Eliel DELEU.
La parité : un combat achevé ?
Même valeurs, même voix, mais en est-on vraiment certains ?
Petit point historique
Depuis le 29 avril 1945 en France, les femmes ont obtenu le droit de vote et d'élligibilité. Cependant malgré ces réformes, la tendance des votes est restée majoritairement masculine. En effet, en octobre de la même année seulement 5,6% des députées dans l’Assemblée constituante étaient des femmes. Dans le cadre de la défense de leurs droits, en 1999, la loi sur la parité impose aux partis politiques un nombre égal d’hommes et de femmes pour les élections municipales, régionales, sénatoriales et européennes. Cette loi est renforcée le 4 Août 2014 par des retenues financières visant les partis qui ne respectent pas cette parité.
Dès 1945, des femmes ouvrent la voie dans l’engagement politique. En effet, Odette Roux ou encore Suzanne Ploux sont parmi les premières femmes élues après l’obtention du droit de vote des femmes. Leur présence marque un tournant historique, même si elles restent encore très minoritaires.
Et à Nantes, où en sommes nous ?
En 2014, l’élection de Johanna Rolland (représentante du Parti Socialiste) constitue une grande avancée : pour la première fois à Nantes, une femme accède au poste de maire. Grâce aux lois sur la parité, le conseil municipal de Nantes reflète aujourd’hui une représentation plus équilibrée entre les femmes et les hommes. Pourtant, cette égalité apparente rencontre des limites. Les postes les plus influents restent majoritairement occupés par des hommes. Prouvant ainsi que les mentalités n’évoluent pas aussi vite que les textes de loi.
Ainsi, pour répondre à la question « la parité : un combat achevé ? », nous avons recueilli les témoignages de Erika Cadersah et Stéphanie Hallien, deux femmes actives dans la vie locale et donc bien placées pour pouvoir en parler. Retrouvez l'ensemble des réponses en scannant les QR Code.
Certes, la parité progresse, mais elle n’est pas encore totalement acquise, puisque les femmes doivent en faire d'avantage. Comme le dit Stéphanie Hallien : "La moindre erreur et on en entend parler pendant des semaines". Si les femmes sont désormais présentes dans les assemblées, leur accès aux fonctions les plus stratégiques reste encore inégal. C'est donc la raison pour laquelle Erika Cadersah déclare : "En tant que femme de combat, j'ai décidé que la lutte contre les comportements masculinistes serait ma première bataille".
Aminata DIALLO.
Delina TESFAY.
Les municipalités en France VS aux USA
Élections, pouvoirs, organisation du territoire : entre la France et les États-Unis, des systèmes municipaux qui diffèrent profondément.
Les élections des maires en France
Les élections des maires se font grâce à un scrutin indirect. C’est-à-dire que les Français n’élisent pas directement le maire. Les habitants élisent des conseillers municipaux. Ces derniers éliront le maire et ses adjoints pour un mandat de 6 ans.
Le mode de scrutin est proportionnel avec des listes paritaires. Chaque liste de candidats doit présenter autant de candidats femmes que d’hommes.
Ainsi une alternance s'impose. Mais alors comment cela fonctionne ? Si une liste a obtenu plus de 50 % des voix exprimées au 1er tour, il y a donc une majorité absolue. Cette liste remporte alors la moitié des sièges de conseillers municipaux en liste.
C'est donc la prime majoritaire. Si la liste a obtenu moins de 5 % des voix, elle est éliminée. Enfin, les voix restantes sont réparties entre les listes ayant obtenu plus de 50 % des suffrages exprimés y compris celle qui a obtenu le prime majoritaire. Les prochaines élections auront lieu en mars 2026.
Aux États-Unis
Aux États-Unis, l'élection du maire est directe représentant un système fédéral. Chaque État définit ses propres règles électorales. Dans la grande majorité des cas, le maire est élu directement par les habitants. Ce qui lui confère une légitimité populaire immédiate et des pouvoirs renforcés. Les campagnes américaines mobilisent des budgets très importants et sont très médiatisées. Le 4 novembre dernier, à 34 ans, Zohran Mamdani est devenu le plus jeune maire de New York depuis un siècle. Ainsi que le premier maire socialiste et le premier maire musulman de la ville.
Des pouvoirs très différents selon les pays
En effet, en France, le maire gère les écoles primaires, l'urbanisme, l'état civil et les services publics locaux. Mais l'État reste omniprésent : le préfet contrôle la légalité de chaque décision municipale. En revanche, aux États-Unis, le maire dispose d'une autonomie bien plus large. À New York, il contrôle la police, les écoles et la fiscalité locale. Les villes agissent comme de véritables gouvernements locaux. Sans tutelle d'un représentant de l'État central : « En France, l'État encadre. Aux États-Unis, la ville décide. ». En France, les campagnes sont encadrées par la loi pour limiter les inégalités entre candidats. Aux États-Unis, elles sont beaucoup plus spectaculaires et onéreuses.
Maïna LE BERRIGAUD.
Lise DAHIREL.
Chiara FRASSETTO.
La fin des transports en commun gratuit : mythe ou réalité ?
Les transports en commun sont gratuits à Nantes le week-end. Certains candidats aux municipales souhaitaient les généraliser progressivement. D'autres, au contraire, réfléchissaient à les supprimer. Qu’en pensent les jeunes utilisateurs ?
Depuis 2021, les transports en commun à Nantes sont gratuits le week-end, pourtant cette gratuité est menacée. En effet le candidat Foulques Chombart de Lauwe souhaite faire un référendum pour proposer la fin de cette gratuité. Au contraire le candidat William Aucant souhaite la généraliser pour les moins de 26 ans la semaine.
Le président de la Semitan Pascal Bolo assure que la gratuité hebdomadaire coûte 15 à 20 millions d'euros par an. L'étendre coûterait donc encore plus d'argent. Chaque année, Nantes Métropole verse environ de 220 millions d’euros à la Semitan pour financer l’ensemble des transports publics, dont 60 millions proviennent de la tarification.
Cependant depuis la mise place de la gratuité partielle on constate « une réelle augmentation de la fréquentation les week-end », rappelle le vice-président des finances de Nantes métropole. Ce qui est bénéfique pour les petits commerces car cette gratuité amène plus de clients potentiels et favorise les petites boutiques.
Serait-ce une mesure plus écologique ?
La gratuité des transports à Nantes peut contribuer à une politique plus écologique, mais elle n’est pas magique. Son impact réel dépend surtout de la manière dont elle est combinée avec d’autres mesures de réduction de la voiture et de promotion de moyens de transport moins polluants. Si la gratuité était supprimée, l'impact écologique serait négatif car cela pousserait les personnes à prendre leur voiture.Et si on demandait aux jeunes leurs avis ? Louis en première « Je pense honnêtement que ça serait une mauvaise idée d'enlever la gratuité on se verrait moins le week-end avec mes amis ». Aurélien en troisième « Je trouve ça dommage, c'est sympa de prendre les transports et de découvrir Nantes avec ses potes ». Loric en seconde : « J'ai un abonnement annuel donc ça me dérange pas mais je connais des amis qui sortiraient moins le week-end si ça se mettait en place ».On remarque que les jeunes sont contre ces démarches. Ainsi supprimer la gratuité serait un frein à l'épanouissement social de certains jeunes qui habitent loin du centre ville.
Thibault HENZE.
Mathis LEROUX.
Conseil municipal : les jeunes engagés
Et si les jeunes avaient vraiment leur mot à dire ? À Orvault, ils ne se contentent pas de parler... ils agissent !
Orvault est une commune de la région nantaise en Loire- Atlantique d’environ 28 000 habitants. Elle dispose d’un Conseil Communal des Jeunes (CCJ), ce qui permet aux jeunes de s’impliquer dans la vie locale. Le Conseil Communal des Jeunes d’Orvault a été créé en 1998 et regroupe 28 jeunes engagés issus des différents quartiers d'Orvault. Le groupe des 28 jeunes est composé de 19 filles et de 9 garçons, âgés de 11 à 18 ans pour son onzième mandat. Le CCJ repose sur le volontariat, avec un engagement de 3 ans. Le CCJ travaille sur des projets citoyens, solidaires, écologiques ou intergénérationnels et se réunit régulièrement pour faire remonter la parole des jeunes.
Des jeunes engagés sur le terrain
Carla, membre du CCJ d’Orvault, nous précise les actions auxquelles elle participe : animation de sensibilisation avec les enfants du centre de loisirs du Vieux Chêne, participation tous les ans aux commémorations officielles du 11 novembre et du 8 mai ce qui montre "l’engagement des jeunes dans le devoir de mémoire et de respect des valeurs républicaines" nous confie Carla. Nous allons également régulièrement à la rencontre des seniors de la maison de retraite Émile Gibier pour faire un loto en leur compagnie. Nous effectuons une collecte de nourriture et de vêtements tous les ans pour les Restos du Cœur afin d’aider les personnes en difficulté.
Orvault peut s’estimer chanceuse de posséder un Conseil Communal des Jeunes avec des membres réellement actifs car en France ce n’est pas une obligation légale. Environ 43 % des communes en ont mis un en place. Pour créer un CCJ la mairie doit voter une délibération et définir des règles précises : âge des participants, durée du mandat et le mode de sélection. A Orvault la jeunesse est un axe important de la politique municipale. Le maire, Jean-Sébastien Guitton, élu pour le mandat 2020/2026, met en avant la participation des jeunes dans les projets municipaux. Les jeunes du CCJ sont par exemple conviés aux vœux du Maire en début d’année et sont également intervenus à un conseil municipal.
Un travail d'équipe citoyen
Être membre du CCJ, c’est apprendre à travailler en équipe, à s’exprimer en public, à organiser des projets et à prendre des responsabilités. C’est aussi comprendre concrètement le fonctionnement de la démocratie locale. Carla nous confie :" en tant que membre du CCJ d’Orvault participer à ces actions permet de se sentir utile, impliquée et fière de contribuer à la vie de sa commune".
Charlotte CHEVALIER.
Carla ARIAS-LEFEUVRE.