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Depuis plus d'un siècle, les États-Unis fascinent, dominent, inspirent et dérangent.
Première économie mondiale, premier budget militaire de la planète, empire culturel sans équivalent, monnaie-reine des échanges internationaux : les superlatifs ne manquent pas pour qualifier une nation qui a façonné l'ordre mondial comme aucune autre ne l'avait fait avant elle.
Et pourtant. Rarement les États-Unis n'ont semblé aussi divisés, aussi contestés, aussi incertains de leur propre avenir.
C'est ce paradoxe fascinant que ce journal a voulu explorer. Comment une nation peut-elle être, simultanément, la première puissance mondiale et un pays rongé par ses fractures internes ?
Voilà la question à laquelle ce numéro spécial tente de répondre. Il a été réalisé par les élèves de 1ères HGGSP dont (dans l'ordre des articles) : Lucie, Soline, Alice J, Flora B, Naëlle, Jade, Eva, Mikalina, Loane, Emma R, Manon, Océane, Yara, Grâce, Amaury, Sacha, Pacôme, Zoé, Lila, Nolah, Elouan, Flora J, Lucas, Romain, Rose, Alice R, Emma A, Juliette, Carmen, Emilien, Alix, Justine, Dorian, Mahault, Mona, Louis, Maël, Louis, Zenaïde, Noha, Yanis, Baptiste, Ilan, Eloïse, Antonin, Celyan et Capucine. Je les félicite pour le sérieux du travail réalisé.
Sarah Marot,
professeur d'HGGSP
| N° 8 - Mai 2026 - N° spécial 1ères HGGSP | www.college-lycee-saintjoseph.anjou.e-lyco.fr |
Sommaire
Pages 2 et 3 :
Les lieux et les formes de la puissance
Pages 4 et 5 :
Unilatéralisme ou multilatéralisme ?
Pages 6 et 7
La politique de Trump
Pages 8 et 9
Une influence planétaire.
Pages 10 et 11 :
Fragilités de la puissance américaine
Washington, au cœur de la puissance politique des États-Unis d’Amérique
La capitale est le symbole de l’administration et d’un pouvoir fédéral puissant. C’est ici que se concentrent aussi l’histoire du pays et les décisions qui influencent le monde.
Washington est avant tout un centre de décision global qui concentre les trois piliers du pouvoir constitutionnel américain. Ces trois pouvoirs sont : le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. Washington est un lieu de pouvoir avec une géographie de commandement, elle est également « Power Center », c’est un triangle formé par la Maison Blanche, le Capitole et la Cour suprême qui symbolise la stabilité et l’autorité de l’État fédéral.
Washington est une puissance militaire et diplomatique, avec le Pentagone (le plus grand bâtiment de bureaux au monde) et le département d’État ; la ville est le cerveau des opérations militaires et diplomatiques mondiales. Washington possède une gouvernance mondiale, la ville accueille le siège d’institutions internationales majeures comme le FMI (Fonds Monétaire International), qui ont été créées lors des accords de Bretton Woods en 1944 à l'initiative des États-Unis, et la Banque mondiale, ce qui en fait le centre de régulation de l’économie globale.
Une architecture influente
Washington est une grande puissance, pas seulement politique, elle est symbolique et stratégique. L’objectif de la ville est de montrer son pouvoir pour impressionner et convaincre. L'urbanisme de Washington vise à inscrire la puissance américaine dans l'éternité. Le National Mall avec ses grandes avenues et ses monuments néoclassiques inspirés de la Rome antique. Cette architecture impose le respect et raconte l'histoire d'une nation "guide". La puissance de D.C. réside aussi dans ses réseaux.
Le centre du pouvoir
Des milliers de lobbyistes et de cabinets de conseil influencent les lois et sont concentrés dans la célèbre K Street. Les Think Tanks (centres de réflexion) servent à produire les idées qui orienteront les politiques de demain, faisant de la ville un laboratoire intellectuel mondial.
En résumé, Washington est plus qu'une capitale c’est aussi une ville de commandement. Washington passe pour le cerveau et la voix du pays. Elle représente le point de convergence de la géopolitique mondiale. Washington reste-t-elle un centre de commandement incontesté ?
Naëlle, Alice J. et Flora B.
Les États-Unis, une puissance aux multiples visages
Puissance multiforme, les États-Unis dominent encore largement dans le monde.
Les États-Unis sont composés d'une multitude de pôles de puissance sur l'ensemble de leur territoire. Le cœur de la puissance américaine se situe au Nord-Est, où se trouvent le siège de l'ONU à New York, celui de la Banque mondiale à Washington ou encore des bourses d'importance mondiale comme à Chicago, mais également des universités de renommée internationale. En revanche, le cœur de la puissance agricole se trouve dans les Grandes Plaines.
La domination économique des États-Unis
Parmi les 10 plus grandes entreprises mondiales, 8 sont américaines. Malgré la concurrence chinoise, le secteur des technologies est dominé par Apple, Alphabet, Microsoft et Facebook. Ce sont également les États-Unis qui dominent la finance et la santé. Les deux premières bourses mondiales se situent à New York et possédaient, en 2018, une capitalisation de 33 750 milliards de dollars sur un total mondial de 75 000 milliards.
Une excellence universitaire, scientifique
et technologique
Harvard est l'une des premières universités au monde. Fondée en 1636 à Boston, elle a accueilli depuis plus de 370 000 élèves venus des quatre coins du monde. Parmi ces anciens élèves, 48 ont reçu un prix Nobel et 32 ont été chefs d'État, comme Barack Obama qui est le 44e président des États-Unis. Enfin, 48 ont reçu le prix Pulitzer. De plus, les États-Unis possèdent l'université considérée comme la première mondiale en sciences et technologies : le MIT.
Au total, sur les 1 014 prix Nobel remportés dans le monde, 625 l'ont été par des personnalités aux États-Unis. L'innovation est donc au service de la puissance américaine. Dans le domaine de la recherche et du développement, la Californie investit à elle seule autant que l'Allemagne. 42 % des centres de stockage numérique mondiaux sont situés au cœur du pays.
L'agribusiness, un pilier de la puissance économique
L'agribusiness est une filière intégrée « de la ferme à la fourchette ». Elle représente 9,3 % de l'emploi et 4,7 % du PIB du pays. L'État fournit des conseils techniques et des subventions à ce secteur.
Pour conclure, les États-Unis contrôlent des secteurs stratégiques mondiaux. D'autres domaines contribuent à cette domination comme, par exemple, le cinéma avec Hollywood.
Lucie et Soline
La Californie, illustration de la puissance étasunienne
Situé à l’Ouest des États-Unis d’Amérique, cet état au PIB de 2 300 milliards de dollars est symbole du rêve américain.
La Californie abrite aujourd’hui 39 528 223 habitants (2020). Elle est à la fois une capitale mondiale des hautes technologies (Silicon Valley) et une capitale mondiale du cinéma (Hollywood, Los Angeles). Bien que sa frontière avec le Mexique soit délimitée par un mur, la Californie accueille de nombreux migrants chaque année, ce qui fait d’elle un état multiculturel. Le territoire californien est tourné vers l’Asie et l’Amérique centrale.
Les deux ports de Los Angeles et de Long Beach sont devenus les deux premiers ports américains pour le trafic de conteneurs, ils lui apportent donc une certaine forme de puissance. Le territoire connaît aussi, à cause de nombreuses périodes de sécheresse, une diminution de ses ressources, un certain affaiblissement des sols et voit ses terres agricoles impactées.
Un État laboratoire
Le climat de la Californie lui a permis de devenir le premier état agricole des E.U ( ⅓ des légumes, ⅔ des fruits et 90 % du vin). Ses paysages lui permettent de devenir une destination touristique intéressante (stations balnéaires, de ski, parcs nationaux, d’attraction...). Cependant, la Californie n’est pas seulement constituée d’un climat agréable et de paysages idylliques, c’est un état innovant qui accueille une population à la recherche d’une nouvelle vie. Elle constitue le point de départ des évolutions qui se diffusent dans le reste du pays et se lance dans de nombreux domaines tels que l’écologie, les sports, les vêtements, le high-tech, les droits mais aussi les modes de vie.
La Silicon Valley, concentration d’innovations
Cette zone industrielle possède un réseau d’universités et d’entreprises. C’est un territoire intégré dans une vaste aire métropolitaine. En effet, des villes formant le cœur de la Silicon Valley y représentent 50 % des emplois, les axes routiers y sont développés et un secteur résidentiel de prestige associé au développement de l’industrie de haute technologie est présent. "La vallée des délices du cœur", de son ancien nom, est aussi un espace productif connecté au monde grâce à ses ports, ses aéroports internationaux et est constitué de flux immatériels liés aux technologies de l’information et de la communication.
Hollywood, au coeur
du cinéma californien
La Californie est le berceau du cinéma. Des personnages mythiques tels que Dark Vador ou encore Batman sont nés au cœur de la Silicon Valley. Cependant, les idéaux américains sont banalisés par les studios hollywoodiens et prennent part dans notre quotidien. Le cinéma californien occupe désormais une part énorme dans les recettes cinématographiques.
Et socialement ?
La Californie a connu différents mouvements comme le mouvement hippie, Black Panther et également le quartier gay de Castro. En 2008, elle a aussi été le deuxième État fédéré à accepter le mariage homosexuel aux États-Unis et la loi à propos du suicide assisté en 2015. Mais, la Californie est aussi l’état le plus inégalitaire socialement des E.U. Cette situation remet en cause la durabilité du modèle californien.
Loane et Mikalina
New York : au cœur de la grande puissance
New York, ville touristique, économique et culturelle des Etats Unis, est un carrefour mondial grâce à ses nombreuses fonctions.
Avec 21,1 millions d'habitants (dans son aire urbaine), New York est la plus grande ville des États-Unis et l'une des principales agglomérations du monde. Elle représente un atout majeur pour le pouvoir étasunien par son influence sur le commerce, la finance, les médias, la mode ou encore la technologie. Elle est souvent décrite comme la « capitale du Monde ».
Une puissance économique et financière
Aujourd'hui, New York concentre les fonctions économiques supérieures : c’est le premier centre directionnel du pays et la plus grande concentration américaine de sièges sociaux de firmes transnationales (FTN). On y trouve notamment 357 bureaux des 100 plus grandes entreprises mondiales de services (banques d'affaires, cabinets d'audit, assurances). Ces activités sont symbolisées par des gratte-ciel emblématiques comme l'Empire State Building ou le One World Trade Center. En effet, un tiers des transactions financières mondiales s'effectuent dans le Financial District de Manhattan, où travaillent 328 000 personnes.
De nombreux réseaux
de communication
New York dispose d'un réseau de transports complexe qui la relie au reste du monde. Cette métropole possède l'un des métros les plus étendus au monde, un réseau de taxis jaunes célèbre et compte 112 000 cyclistes quotidiens. De plus, New York est l'une des villes américaines les plus économes en énergie par habitant. À l'échelle internationale, la ville a investi 4 milliards de dollars dans de nouveaux terminaux à l'aéroport JFK (dans le Queens) avec l'objectif de traiter 34 millions de passagers d'ici 2030.
Un fort atout culturel
et touristique
La métropole a attiré, en 2023, plus de 60 millions de visiteurs. Sa réputation repose sur ses musées, ses salles de concert, ses ponts et la statue de la Liberté. Cette puissance est aussi liée au Soft Power : les effets culturels de New York s'étendent dans le monde entier grâce aux comédies musicales de Broadway, à la culture hip-hop ou au street art. New York est également un centre majeur pour la presse, la mode et la production littéraire.
L'ONU, une infrastructure représentant la puissance internationale
Le siège de l'ONU à New York a été impulsé dès 1945 et inauguré en 1951 sur l'East River. Sa position est une force majeure car il s'agit d'un territoire international, non soumis à la juridiction américaine. Environ 5 000 représentants des 193 États membres y siègent, faisant de New York le cœur de la diplomatie mondiale.
Eva et Jade
Les États-Unis, seuls ou avec le monde ?
Les États-Unis hésitent constamment entre agir seuls ou s’appuyer sur des alliances, illustrant un changement régulier de leur politique étrangère.
James Monroe a été le cinquième président des Etats-Unis, il a énoncé une doctrine qui porte son nom et a fixé les fondements de la diplomatie américaine.
Monroe et l’unilatéralisme
Dans un discours prononcé le 2 décembre 1823, il interpelle directement les Européens en posant deux principes symétriques : les États-Unis n'interviendront pas dans les affaires européennes, et en retour, l'Europe ne doit pas intervenir dans les affaires américaines — résumé par la formule célèbre "L'Amérique aux Américains". James Monroe s'impose ainsi comme le fondateur d'une tradition unilatéraliste en excluant toute interaction avec les puissances européennes dans l'hémisphère américain.
Une politique changeante
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont choisi de coopérer avec plusieurs nations, notamment sur le sujet de la politique étrangère. En 1945, plusieurs organisations internationales sont créées, comme l'ONU, dont le siège est à New York, ou encore l'OTAN.
Ce multilatéralisme se renforce avec la création de la Banque mondiale à Washington, ainsi qu'avec la signature du JCPOA en 2015 — accord international négocié par les six grandes puissances (P5+1) pour encadrer le programme nucléaire iranien et lever progressivement les sanctions économiques contre Téhéran. Cependant, ce multilatéralisme ne se fait jamais au détriment des intérêts américains.
Un désaccord Occidental
Il existe un désaccord profond entre l'Europe et les États-Unis sur la manière de gérer les relations internationales. Les Européens ont généralement privilégié une approche multilatéraliste, fondée sur le respect des règles internationales. Cette attitude étasunienne s'explique par la culture politique américaine qui perçoit depuis longtemps le pays comme une puissance exceptionnelle ayant un rôle particulier dans le monde.
Ce décalage crée régulièrement des tensions entre ces deux puissances occidentales : d'un côté, un attachement aux règles internationales et à la coopération ; de l'autre, une vision de ces règles comme des limites à la puissance. L'Europe et les États-Unis restent alliés sur les intérêts qu'ils partagent, mais sont profondément divisés sur leur vision des relations internationales.
Une ouverture à la politique internationale limitée
La diplomatie américaine a beaucoup changé entre Donald Trump et Joe Biden. Trump défend une politique appelée "America First", où les États-Unis favorisent leurs propres intérêts et coopèrent moins avec les organisations internationales et leurs alliés. Contrairement à Biden, qui a cherché à rétablir de bonnes relations avec l’Europe et à renforcer le multilatéralisme.
Les deux présidents ont cependant montré que les États-Unis souhaitent limiter certaines interventions extérieures après les guerres coûteuses des dernières décennies. La guerre déclenchée unilatéralement par Trump en Iran en 2026 illustre pourtant une nouvelle forme d'interventionnisme décomplexé qui contredit cette tendance. Malgré le retour d’une certaine coopération internationale, le multilatéralisme américain reste limité par un avantage donné aux intérêts des États-Unis.
Grâce, Yara
Les fissures du rêve américain
Derrière l'image de première puissance mondiale se cachent des fragilités profondes.
Les États-Unis sont souvent présentés comme la première puissance mondiale grâce à leurs atouts économiques, militaires et culturels. Cependant, ces forces s’accompagnent de fragilités internes qui viennent nuancer leur domination et montrent que leur puissance est aujourd’hui relative et contestée.
Tensions raciales
Tout d’abord, la société américaine apparaît profondément divisée. Elle est traversée par des tensions raciales et politiques particulièrement visibles à travers des mouvements comme Black Lives Matter, qui ont parfois donné lieu à des affrontements violents. Ces tensions s’inscrivent dans la continuité de conflits internes, comme ceux observés à Charlottesville en 2017. Cette fragmentation de la société affaiblit la cohésion nationale et ternit l’image du pays à l’international, remettant en question son rôle de modèle démocratique.
Des infrastructures vieillissantes
Ensuite, les États-Unis font face à des faiblesses structurelles, notamment en matière d'infrastructures. De nombreux réseaux (ponts, transports, réseaux électriques) sont vieillissants et souffrent d’un manque d’investissement chronique. Ce retard place le pays derrière d’autres puissances dans les classements internationaux et limite sa compétitivité. Cette situation met en évidence un déclin matériel qui contraste avec l’image d’une nation moderne et innovante.
Une vulnérabilité financière
Par ailleurs, si la puissance financière américaine est essentielle à l’équilibre mondial, elle constitue aussi une source de vulnérabilité. La bourse de New York, centre névralgique de la finance, a été à l’origine de crises majeures (1929, 2008). Ces événements montrent que la domination financière des États-Unis peut déstabiliser l’économie mondiale, mais aussi fragiliser leur propre système.
Des fragilités territoriales
Enfin, la crise de 2008 a révélé de profondes inégalités territoriales. Autrefois symbole de la puissance industrielle, certaines villes comme Détroit ont connu un déclin marqué par la désindustrialisation (la « Rust Belt »), des faillites budgétaires et la dégradation urbaine. Ces territoires en crise illustrent les déséquilibres internes du pays. De plus, les États-Unis dépendent de plus en plus de certains investissements étrangers, notamment pour financer leur dette.
En conclusion, si les États-Unis restent une puissance majeure, ils sont confrontés à des défis internes cruciaux. Les divisions sociales, l'obsolescence des infrastructures et les déséquilibres territoriaux montrent une puissance fragilisée. Ces limites invitent à relativiser leur domination face aux transformations de l’équilibre mondial.
Emma R, Manon et Océane
De l’unilatéralisme au multilatéralisme : la politique d’Obama
Le 20 janvier 2009, Barack Obama devient le 44e président des États-Unis, avec pour ambition de restaurer l'image d'une Amérique fragilisée par huit années de présidence Bush.
Élu une première fois le 4 novembre 2008, puis réélu le 6 novembre 2012, Barack Obama arrive au pouvoir dans un contexte particulièrement difficile. La crise financière des subprimes fragilise l'économie américaine, tandis que le pays est encore engagé dans des conflits coûteux en Irak et en Afghanistan, hérités du mandat de George W. Bush. Face à ce contexte, Obama choisit une démarche fondée sur le multilatéralisme, c'est-à-dire une coopération entre plusieurs États pour résoudre les problèmes internationaux.
L’utilisation du
“smart power”
Cependant, la politique étrangère d'Obama n'est pas exclusivement multilatérale. En réalité, elle repose sur trois approches complémentaires : l'unilatéralisme dans les situations jugées vitales pour les intérêts américains, le bilatéralisme sélectif avec certains partenaires stratégiques, et enfin un multilatéralisme de coopération dans les grands dossiers internationaux.
Tentative d’un retour
à la paix
Cette doctrine est résumée par Hillary Clinton, nommée secrétaire d'État en 2009, qui définit le "smart power" en ces termes : "Nous devons utiliser ce qu'on appelle la puissance intelligente", soit recourir en priorité à la diplomatie, tout en conservant la force militaire comme ultime recours. Grâce à cette approche, Obama parvient à maintenir le leadership mondial des États-Unis sans s'engager dans de nouveaux conflits ouverts.
Plusieurs décisions illustrent concrètement cette politique. En 2011, Obama retire les troupes américaines d'Irak, mettant fin à une guerre héritée de son prédécesseur. En 2015, trois avancées diplomatiques majeures se succèdent : la signature de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA), la réouverture d'une ambassade américaine à Cuba après plus de cinquante ans de rupture, et enfin l'engagement des États-Unis dans l'Accord de Paris sur le climat en décembre, réaffirmant leur rôle dans la gouvernance mondiale.
Lila, Nolah et Zoé
L'Irak face au géant américain
En douze ans, les États-Unis sont passés du rôle de gendarme du monde à celui de puissance solitaire. Les guerres du Golfe en sont l'illustration la plus frappante.
Pour vraiment comprendre ce qui se joue aujourd'hui au Moyen-Orient, il faut remonter un peu le temps et revenir sur les guerres du Golfe. Ce n'est pas juste une histoire de pétrole, de blindés ou de plans de bataille sophistiqués. C'est surtout celle d'une région profondément déstabilisée, et tout a basculé en 1990.
Le 2 août 1990, Saddam Hussein, avec un Irak épuisé par sa guerre contre l'Iran, décide d'envahir le Koweït. Pourquoi ? S'emparer du pétrole et effacer ses dettes. La communauté internationale réagit vite. Sous la surveillance de l'ONU, une coalition de 35 pays, menée par les États-Unis, lance l'opération "Tempête du Désert" en janvier 1991.
Bombardements aériens très intenses, offensive terrestre rapide et très efficace : en 100 heures, l'armée irakienne est rapidement défaite. Le Koweït est libéré, mais la coalition fait un choix étonnant : elle ne va pas jusqu'à Bagdad pour renverser Saddam. Elle le laisse en place, affaibli mais toujours aux commandes.
2003-2011 : les Américains débarquent, Hussein tombe
12 ans plus tard, le contexte a complètement changé, surtout après les attentats du 11 septembre 2001. L'administration de George W. Bush accuse l'Irak de détenir l'arme nucléaire et d'être lié au terrorisme, notamment à Al-Qaïda. Ces accusations reposent sur des preuves insuffisantes, et des pays comme la France s'y opposent fermement, mais les États-Unis et le Royaume-Uni envahissent l'Irak en mars 2003. Cette fois, le but est clair : changer le régime. Bagdad tombe rapidement, Saddam Hussein est capturé et exécuté en 2006, mais la victoire militaire se transforme en chaos. Les Américains dissolvent l'armée irakienne et l'État tout entier, laissant un vide sécuritaire total.
Un héritage durable
Le bilan est considérable. L'Irak devient le théâtre d'une guerre civile sanglante entre chiites et sunnites, un terreau fertile pour des groupes terroristes comme Al-Qaïda en Irak, qui deviendra plus tard Daech. Géopolitiquement, la chute d'Hussein a supprimé le principal frein à l'influence de l'Iran dans la région.
Aujourd'hui, l'Irak reste profondément marqué : des infrastructures à reconstruire, un régime encore fragile, et le traumatisme de ces deux guerres qui continue de dicter la politique au Moyen-Orient.
Amaury, Sacha et Pacôme
Trump et la guerre commerciale
Ce que Trump casse, ce n’est pas l'économie mondiale, c'est la confiance.
Le président états-unien Donald Trump a un plan précis et organisé : réorganiser la mondialisation. Derrière les chiffres et les déclarations, c'est une véritable guerre commerciale qui se dessine, et ses conséquences touchent le monde entier.
Pourquoi cette guerre
commerciale ?
Tout d'abord, il faut savoir que Trump critique la politique commerciale américaine depuis les années 1980. Selon lui, les États-Unis perdent de l'argent à cause de leurs partenaires commerciaux qui profiteraient du système. Il pense que son pays "subventionne" les autres nations, ce qui appauvrirait les citoyens américains.
D'après Donald Trump, les taxes douanières sont la clé pour pousser les consommateurs à acheter américain et forcer les entreprises à fabriquer aux États-Unis — c'est ce qu'on appelle le protectionnisme. Trump veut que son pays dépende le moins possible du reste du monde.
Le "Liberation Day" et ses conséquences mondiales
Lors du "Liberation Day" le 2 avril 2025, Trump annonce de nouvelles taxes : la Chine se retrouve avec 34 % de droits de douane — un taux qui sera porté jusqu'à 145 % dans les semaines suivantes — le Vietnam avec 46 %, l'Union européenne avec 20 %. Peter Navarro et Robert Lighthizer, deux figures majeures de la politique commerciale de Trump, ont influencé ces décisions. Pour eux, le système actuel permet à des puissances rivales, comme la Chine, de cumuler richesses et technologies en exportant massivement vers les États-Unis. Navarro et Lighthizer sont les principaux architectes intellectuels de cette guerre commerciale.
Quand les États-Unis imposent des taxes aussi élevées, les pays concernés répondent souvent de la même manière — c'est ce qu'on appelle des mesures de rétorsion. La Chine, par exemple, n'a pas hésité à riposter en taxant elle aussi les produits américains. Derrière cette hausse des taxes, on pourrait penser que l'économie américaine est forte et indépendante, sauf que ce n'est pas vraiment le cas.
Une stratégie contre
les Américains ?
Des secteurs entiers, comme le textile ou la téléphonie, ont quasiment disparu du territoire américain. Ces taxes font monter les prix pour les consommateurs américains eux-mêmes : si l'État américain taxe les produits venant de Chine ou du Vietnam, les entreprises qui les importent vont payer plus cher, et répercuter cette hausse sur les prix en magasin. Au final, c'est le simple citoyen américain qui paie la note.
La guerre commerciale de Trump dépasse largement la question des taxes. C'est tout un système mondial, construit sur des décennies de coopération, qui est aujourd'hui ébranlé.
Lucas et Romain
Trump : radicalisation de l’unilatéralisme
Et si l'Amérique ne voulait plus s'allier, mais décider seule ? Avec Donald Trump, l'unilatéralisme semble franchir un nouveau cap.
L'unilatéralisme désigne la manière d'agir d'un État qui prend des décisions et mène des actions sans consulter d'autres pays ou organisations internationales. Lors de son premier mandat entre 2017 et 2021, la rupture avec le multilatéralisme était réelle : retrait de l'Accord de Paris, remise en cause de l'OTAN, guerres commerciales. Mais elle restait modérée. L'unilatéralisme d'"America First" était davantage une posture de négociation qu'une idéologie entièrement appliquée. Le retour de Trump
au pouvoir
Le retour de Trump en 2025 change de nature. Ayant tiré les leçons de son premier mandat, il constitue une administration exclusivement composée de loyalistes, sans contre-pouvoir interne possible. Les rôles clés sont confiés à des fidèles : Marco Rubio aux Affaires étrangères, Pete Hegseth à la Défense. Le projet "Schedule F" permet de licencier les fonctionnaires fédéraux jugés insuffisamment loyaux et de les remplacer par des partisans.
Sur la scène internationale, le retrait effectif de l'OMS et des droits de douane au niveau le plus élevé depuis un siècle illustrent cette nouvelle posture. L'unilatéralisme est devenu un principe de gouvernement, non plus une technique de négociation.
La radicalisation est évidente. La menace de quitter l'ONU ou l'OMC n'est plus un simple effet de manche — elle devient une réalité. Les droits de douane atteignent des niveaux sans précédent, ciblant aussi bien les alliés que les adversaires. Ce qui distingue le "nouveau Trump", c'est la cohérence idéologique de la démarche : l'unilatéralisme n'est plus une posture mais une règle de gouvernement.
Les fondements idéologiques de la radicalisation
Plusieurs facteurs expliquent cette radicalisation entre les deux mandats. D'abord, la transformation du Parti républicain, désormais entièrement trumpisé et homogène. Trump dispose d'un parti aligné, d'une base électorale fidélisée et d'un écosystème médiatique puissant (Fox News, Truth Social) amplifié par Elon Musk sur X, qui diffuse ses positions sans les questionner.
Les conséquences pour l'ordre mondial
L'unilatéralisme du second mandat de Trump produit des effets considérables sur la géopolitique mondiale. Les alliés traditionnels des États-Unis — Europe, Japon, Canada — se retrouvent contraints de repenser leur sécurité sans pouvoir compter sur la garantie américaine. De Trump I à Trump II, l'évolution est réelle, mais la rupture l'est davantage. L'unilatéralisme américain est désormais un défi majeur pour un ordre international déjà fragilisé.
Elouan et Flora J.
Tom et Jerry : la confrontation entre les États-Unis et l'Europe
D'alliés à ennemis, un fossé se creuse entre les Etats-Unis et l'Europe. Récit d'un divorce.
Depuis plusieurs années, les relations entre les États-Unis et l’Europe restent fortes, notamment grâce à l’OTAN et aux nombreuses bases militaires américaines installées en Europe. Pourtant, certaines décisions ont créé des tensions entre les ldeux puissances. Lors de la guerre en Irak, la France et l’Allemagne ont refusé d’intervenir aux côtés des États-Unis, contrairement à plusieurs autres pays européens. Ce désaccord marque une première opposition importante entre les alliés occidentaux.
Les critiques européennes
envers les États-Unis
Les gouvernements européens reprochent régulièrement aux États-Unis leur domination économique et politique. Les échanges commerciaux montrent un déséquilibre : en 2024, les États-Unis ont exporté environ 334 milliards d'euros de biens vers l'Europe, tandis que l'Europe en a exporté près de 532 milliards d'euros vers les États-Unis, créant un excédent commercial européen de près de 200 milliards d'euros (source : Eurostat)..
Donald Trump a régulièrment affirmé que son pays finançait presque entièrement l’OTAN, alors qu'en réalité les États-Unis assurent environ 67 % des dépenses. Pierre Vimont, ancien ambassadeur français à Washington, explique également que pour Donald Trump, « il n’y a ni allié ni ennemi, seulement des partenaires ». Malgré ces tensions, l’Europe reste très dépendante des innovations américaines. Les grandes entreprises technologiques comme les GAFAM, ainsi que des produits comme l’iPhone ou Netflix, occupent aujourd’hui une place importante dans le quotidien des Européens.
Une hostilité réciproque
De leur côté, certains responsables américains critiquent fortement les gouvernements européens. Ils accusent l’Union européenne d’imposer trop de réglementations et de favoriser une immigration massive qui fragiliserait le continent. Donald Trump considère même l’Union européenne comme « aussi mauvaise que la Chine, juste plus petite ». Il reproche également à l’Allemagne de dominer l’Europe tout en profitant de la protection militaire américaine.
Malgré ces critiques, les États-Unis ne souhaitent pas rompre leurs liens transatlantiques avec l’Europe. Au contraire, ils veulent conserver une alliance stratégique et maintenir leur influence sur le continent.
Le protectionnisme
américain
Les tensions entre les États-Unis et l'Europe touchent aussi l'économie, l'environnement et la politique intérieure européenne. La politique protectionniste menée par D.Trump, avec l'augmentation des taxes douanières, menace les exportations européennes, notamment celles de l'Allemagne, dont l'économie repose fortement sur l'industrie automobile. Le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat inquiète les Européens, car cet accord représente une avancée diplomatique majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Enfin, la montée des mouvements nationalistes en Europe s'inscrit dans un contexte plus large, dont le Brexit et la victoire de Trump sont des manifestations emblématiques : des partis comme le Rassemblement National en France ou le Parti pour la liberté aux Pays-Bas voient leur influence croître, fragilisant davantage la cohésion entre les deux rives de l'Atlantique.
Juliette, Emma A. et Carmen
Les ÉUA et la guerre en Iran : un unilatéralisme décomplexé
Trump avait promis de ne pas faire la guerre. Il en a déclenché une.
Tout a commencé le 11 février, lors d'une réunion secrète à Washington entre le président Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. L’implication des Etats-Unis provoque de nombreuses questions, plus particulièrement sur la façon dont ce choix a été pris et sur ses conséquences politiques. Ce choix serait unilatéral (engagement qui ne prend en considération que ses propres intérêts) car il aurait été fait sans consultation du Congrès américain ni des alliés des États-Unis, ce qui montre une rupture avec les pratiques constitutionnelles habituelles.
Les raisons avancées
par Donald Trump
Cette intervention s’explique aussi par l’alliance forte entre les États-Unis et Israël, deux pays qui travaillent ensemble sur le plan militaire et stratégique. Cette alliance justifie donc la rapidité de la décision, mais elle est aussi critiquée car certains pensent qu’elle pousse les États-Unis à s’engager dans des conflits qui ne concernent pas réellement leur territoire.
Pour justifier son choix, Donald Trump met en avant l’importance d’empêcher l’Iran de posséder l’arme nucléaire, puisqu’il considère qu’elle représente une menace pour la paix dans le monde. Cet argument est central dans son discours, même si certains experts critiquent l’urgence de cette menace.
Une décision contestée
Cependant, cette décision n’est pas approuvée par tout le gouvernement américain. Le vice-président JD Vance aurait été le premier à s’opposer à une intervention militaire, ce qui montre que des désaccords existent même au plus haut niveau de l’État. Cela renforce l’idée d’une décision rapide prise par Donald Trump.
De plus, cette guerre a des conséquences importantes sur la popularité de Donald Trump. Beaucoup d’Américains critiquent son choix jugé trop soudain, ainsi que son refus de compter sur ses alliés internationaux. Un sondage Reuters-Ipsos indique que 43 % des Américains désapprouvent les frappes en Iran. Une partie de la population américaine craint que cette intervention mène à un conflit long, cher et difficile à maîtriser, rappelant d’autres interventions passées au Moyen-Orient (guerres en Irak ou Afghanistan qui n’ont pas été un succès pour les États-Unis).
Une réelle puissance ?
Ainsi, la guerre en Iran montre les tensions actuelles dans le monde et fait réfléchir sur le rôle des grandes puissances comme les États-Unis. Cette intervention, prise par Donald Trump lui même, ayant la volonté d’empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire et de créer une alliance solide avec Israël, reste encore aujourd’hui discutée et met en avant les limites de la puissance américaine.
Alice R et Rose
Les États-Unis, une thalassocratie militaire mondiale
Les océans sont aujourd’hui au cœur de la puissance américaine, que les États-Unis contrôlent grâce à leur flotte et leur réseau de bases militaires à travers le monde.
Les États-Unis sont une thalassocratie, c'est-à-dire une puissance dont la domination repose en grande partie sur le contrôle des mers et des océans. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette maîtrise des espaces maritimes constitue l’un des fondements essentiels de leur domination géopolitique.
Le contrôle stratégique
des océans et des routes maritimes
Dotés de la première flotte militaire mondiale, les EUA disposent de porte-avions capables de projeter leur puissance à des milliers de kilomètres de leur territoire. Cette force est renforcée par un réseau de bases militaires réparties sur tous les continents, qui leur permet d’assurer une présence sur les principales routes maritimes.
Ils surveillent des zones stratégiques comme le détroit de Malacca ou le canal de Suez et encore la mer de Chine méridionale où la rivalité sino-américaine est la plus intense, mais égalementle détroit d’Ormuz, particulièrement sensible dans un contexte de tensions au Moyen-Orient. La 7e flotte américaine, basée à Yokosuka (Japon), et la 5e flotte, stationnée à Bahreïn, illustrent cette division stratégique : elles couvrent respectivement le Pacifique et l’océan Indien, permettant une réaction immédiate aux tensions en mer de Chine ou dans le golfe Persique.
Une puissance maritime de plus en plus contestée
Cependant, cette domination maritime devient de plus en plus contestée. La Chine développe rapidement sa propre flotte et multiplie les infrastructures militaires en mer de Chine méridionale, tandis que d’autres puissances comme la Russie ou l’Inde cherchent aussi à renforcer leur présence navale. Par ailleurs, le maintien d’un dispositif militaire aussi étendu représente un coût important pour les EUA reposant sur un équilibre d’alliances parfois fragiles.
Justine et Dorian
Une hégémonie militaire sans rival
Les États-Unis constituent de loin la principale puissance militaire mondiale, concentrant près de 40 % des dépenses militaires de la planète.
En 2025, les États-Unis consacrent environ 954 milliards de dollars à leur défense, contre l'équivalent de 336 milliards de dollars pour la Chine, pourtant deuxième puissance militaire mondiale. Cette supériorité budgétaire leur permet de projeter leur puissance partout dans le monde.
Un budget militaire colossal
Des alliances comme l'OTAN renforcent encore cette domination en fédérant d'autres puissances autour des États-Unis. Sur le plan économique, cette puissance militaire sécurise les routes commerciales maritimes, l'accès aux ressources stratégiques et la stabilité des zones vitales pour l'économie mondiale.
Cette domination sert également à renforcer l'influence diplomatique américaine. Elle permet d'abord de dissuader les pays rivaux : les États-Unis possèdent l'arme nucléaire et une armée de près de 1,4 million de militaires actifs, ce qui rend toute attaque directe suicidaire pour un adversaire.
Ils peuvent ainsi jouer le rôle d'arbitre dans les conflits internationaux et s'autoriser des actions unilatérales que peu d'autres pays oseraient entreprendre. C'est ainsi que les États-Unis ont arrêté le président vénézuélien Nicolás Maduro, accusé de narcoterrorisme, sans passer par les voies diplomatiques habituelles ni consulter leurs alliés de l'OTAN.
L'armée américaine détient donc une hégémonie militaire mondiale que nul ne peut aujourd'hui contester. Cette puissance lui permet d'agir en arbitre des conflits internationaux, de dissuader ses ennemis et de défendre ses intérêts partout dans le monde, parfois au mépris des règles du droit international.
Alix et Emilien
Comment le dollar gouverne-t-il l’économie mondiale ?
Le dollar américain n'est pas une monnaie comme les autres. C'est une arme.
Le dollar américain n'est pas une monnaie comme les autres, c'est la référence mondiale utilisée dans la majorité des échanges internationaux. Il influence l'économie de presque tous les pays. Le dollar est utilisé dans environ 40,4 % des paiements internationaux et représente près de 62 % des réserves officielles de change mondiales.
Les matières premières comme le pétrole ou les métaux précieux sont cotées en dollars sur les marchés internationaux. Même des pays qui ne commercent pas directement avec les États-Unis utilisent le dollar comme intermédiaire. Ses fluctuations touchent toute l'économie mondiale, et le contrôle des circuits financiers internationaux permet aux États-Unis d'exercer un pouvoir indirect sur les échanges mondiaux : une véritable arme géopolitique.
Une puissance fondée sur la confiance mais contestée
La puissance du dollar repose sur la solidité de l'économie américaine. Les investisseurs du monde entier font confiance aux États-Unis pour placer leur argent. Ainsi, lorsque la Réserve fédérale américaine augmente ses taux d'intérêt, les capitaux mondiaux affluent vers les États-Unis, provoquant une dépréciation des monnaies des pays émergents et alourdissant leur dette libellée en dollars.
En réaction, certaines puissances économiques cherchent à réduire leur dépendance au dollar. L'Union européenne a exploré des solutions comme INSTEX pour commercer avec l'Iran sans utiliser le dollar, mécanisme finalement dissous en mars 2023 faute d'activité réelle, illustrant la difficulté concrète de contourner le billet vert. La Chine, de son côté, s'efforce de développer l'usage international du yuan pour accroître son influence économique. Ces démarches traduisent une volonté croissante des États de s'affranchir de la dépendance au dollar.
Le dollar, arme
à double tranchant
Malgré ces efforts, le yuan et l'euro ne sont pas encore prêts de détrôner le dollar. Le dollar reste la principale réserve des banques centrales mondiales, devant l'euro et le yuan — ce qui signifie que les pays stockent des dollars pour sécuriser leur économie, donnant aux États-Unis un pouvoir économique considérable. La stratégie américaine autour du dollar pourrait néanmoins accélérer l'émergence d'un système monétaire multipolaire.
Un leadership encore incontesté mais fragile
La stratégie américaine autour du dollar pourrait néanmoins accélérer l’émergence d’un système monétaire multipolaire. Le dollar reste la principale réserve des banques centrales, devant l’euro et le yuan. Cela signifie que les pays stockent des dollars pour sécuriser leur économie, ce qui donne aux États-Unis un pouvoir économique énorme et une domination mondiale.
Le dollar est donc aujourd'hui la monnaie dominante mondiale. Sa puissance repose autant sur l'économie que sur la confiance et son rôle géopolitique. Mais il pourrait être progressivement concurrencé par des monnaies provenant d'États ou de regroupements de pays — Union européenne, BRICS — souhaitant s'affranchir de l'influence américaine. Son avenir dépendra des équilibres mondiaux et de la montée de nouvelles puissances.
Louis Mu et Maël
Un soft power américain omniprésent dans le monde
Hollywood, Netflix, McDonald’s : la puissance américaine se mesure aussi à travers les habitudes quotidiennes du monde entier.
Nous connaissons tous la culture américaine, notamment grâce à l'American Way of Life. En effet, le mode de vie américain — alimentation, style vestimentaire, médias, arts (musique, cinéma, séries télévisées) — influence le monde entier, dès notre enfance avec Disney, par exemple. On peut ainsi citer la célèbre chaîne McDonald's, née en Californie, présente dans plus de 100 pays, tout comme Coca-Cola ou les tendances de "healthy food" (vegan, végétarien, paléo).
Des sociétés superpuissantes
Les géants américains appelés GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) participent à la domination culturelle des États-Unis. Ces grandes sociétés constituent un véritable outil de soft power, c'est-à-dire la capacité d'influencer d'autres pays par l'attraction culturelle et technologique.
Leur influence est mondiale, parfois acceptée, mais aussi de plus en plus contestée — notamment en Europe, où des lois antitrust cherchent à limiter leur domination.
L'empire du divertissement
Les États-Unis disposent d'un quasi-monopole dans le domaine du divertissement mondial. En termes de volume de production, Hollywood se classe derrière l'Inde et le Nigéria, mais reste de loin la première industrie cinématographique mondiale en termes de revenus et de rayonnement international. Parmi les 20 émissions de télévision les plus regardées de tous les temps dans le monde, 15 sont américaines — on peut citer Stranger Things, Game of Thrones ou Grey's Anatomy.
Le rayonnement mondial américain
Ce rayonnement se manifeste également dans d'autres secteurs. Starbucks, né en 1971 à Seattle, compte depuis 2017 plus de 3 400 adresses en Chine, illustrant la capacité du soft power américain à pénétrer même les marchés les plus concurrentiels. La puissance cinématographique des États-Unis est renforcée par les plateformes de streaming comme Netflix, dont les productions sont régulièrement sélectionnées dans les grands festivals internationaux tels que le Festival de Cannes ou la Mostra de Venise.
Le soft power américain reste aujourd'hui l'un des instruments les plus puissants de l'influence des États-Unis dans le monde. Omniprésent et protéiforme, il façonne les imaginaires, les modes de consommation et les valeurs à l'échelle planétaire — même si des puissances comme la Chine cherchent désormais à développer leur propre influence culturelle pour lui faire concurrence.
Mahault et Mona
Les États-Unis, champions du monde… de la dette
La première puissance mondiale possède une dette gigantesque qui augmente chaque jour.
La dette publique des États-Unis représente l'ensemble des engagements financiers pris par l'État fédéral, les États fédérés et les collectivités locales sous forme d'emprunts. Elle augmente donc à chaque fois qu'une dépense publique est financée par l'emprunt plutôt que par l'impôt.
31 000 milliards : un chiffre qui donne le vertige
Au 31 mars 2026, selon le Committee for a Responsible Federal Budget (CRFB), la dette fédérale américaine s’élève à 31 270 milliards de dollars, pour un PIB nominal estimé à 31 220 milliards de dollars sur les douze derniers mois. Cela représente un ratio de 100,2 % fin mars, sur la base des dernières données publiées par le Bureau of Economic Analysis (BEA).
Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l’économie numéro 1 au monde vit officiellement « au‑delà de ses moyens ». Le CRFB rappelle que ce niveau représente environ le double de la moyenne historique américaine et qu’il se rapproche du record de 106 % observé juste après 1945.
La dette américaine augmente à une vitesse vertigineuse : environ 1 000 milliards de dollars tous les 100 jours ce qui risque de lui faire atteindre rapidement le plafond fixé par le Congrès des États-Unis.
Plusieurs raisons expliquent cet endettement américain, lié à la fois aux dépenses de l’État et aux choix économiques du pays.
Les causes de l'endettement
Le gouvernement américain dépense beaucoup d’argent chaque année pour financer l’armée, les infrastructures, l’éducation ou encore les aides sociales. Lorsque les recettes de l’État, comme les impôts, ne suffisent pas à couvrir les dépenses, les États-Unis doivent donc emprunter de l’argent.
Les dépenses militaires constituent une part importante de la dette : les interventions en Irak et en Afghanistan ont coûté environ 8 000 milliards de dollars selon l'Université Brown. Lors des grandes crises, celle de 2008 et la pandémie de Covid-19, l'État américain a également dépensé massivement pour soutenir l'économie. À cela s'ajoutent les baisses d'impôts répétées, notamment celles de George W. Bush en 2001-2003 et de Trump en 2017, qui ont considérablement réduit les recettes de l'État sans réduire les dépenses.
Les conséquences
de cette dette
Les conséquences de cet endettement sont nombreuses. D'abord, plus la dette augmente, plus le gouvernement doit payer d’intérêts aux investisseurs, des centaines de milliards de dollars chaque année qui réduisent les financements disponibles pour l'éducation, la santé ou les infrastructures.
Ensuite, des tensions politiques sont régulièrement provoquées par le vote au Congrès pour relever le plafond de la dette : pour de nombreux opposants, repousser ce plafond revient à différer le problème plutôt qu'à le résoudre.
Les États-Unis sont donc bien champions du monde de la dette mais cette dette, aussi colossale soit-elle, reste pour l'instant soutenable grâce à la confiance des marchés dans l'économie américaine et au privilège du dollar. La vraie question est de savoir jusqu'à quand.
Baptiste, Ilan et Yanis
Une hyperpuissance fracturée
Bien qu'étant présentés comme une hyperpuissance sans failles, les États-Unis font face à des fractures conséquentes.
Dans un pays aussi diversifié et puissant que les États-Unis, les fractures sont inévitables. Qu'elles soient économiques, sociales, politiques ou encore géographiques, le pays le plus puissant au monde fait face à des défis qu'il peine à surmonter.
Les fractures économiques
Les résultats du classement PIB en 2025 démontrent encore la domination des États-Unis dans le domaine économique : le pays atteint environ 29 000 milliards de dollars, ce qui lui permet de se maintenir en tête malgré la croissance fulgurante de la Chine. Pourtant, malgré ce capital massif, de nombreux ménages peinent à vivre décemment et ressentent une forte dégradation de leur pouvoir d'achat.
Depuis les années 1980, les inégalités dans la répartition des revenus se sont accentuées : le capital est de plus en plus priorisé au détriment du travail. Les grandes entreprises des secteurs de la santé, de la finance et des GAFAM accumulent des profits considérables tandis que les salaires réels stagnent pour une grande partie de la population.
Les fractures sociales
Bien qu'étant le pays le plus riche du monde, les États-Unis font tout de même face à des inégalités de richesse. Le coût de l'éducation est si élevé qu'il est presque devenu une tradition d'emprunter pour financer ses études. Les prix exorbitants des logements aggravent encore cette situation, condamnant de nombreux jeunes diplômés à traîner des dettes durant une grande partie de leur vie active.
Par ailleurs, bien que les États-Unis soient nés d'un mélange de cultures, le pays reste traversé par des fractures ethniques importantes, particulièrement depuis la réélection de Donald Trump et le renforcement de la police de l'immigration (ICE). L'arrêt de la Cour suprême du 24 juin 2022 revenant sur l'arrêt Roe vs Wade de 1973 illustre également ces fractures : treize États ont depuis interdit totalement le droit à l'avortement sur leur territoire.
Les fractures politiques
Des fractures politiques profondes traversent également la population étatsunienne. La jeunesse américaine vote peu, s'informe insuffisamment et se trouve plus isolée socialement que les générations précédentes. On observe aussi une disparité croissante entre les villes majoritairement démocrates et les campagnes majoritairement républicaines.
sEnfin, les États-Unis sont frappés par des violences politiques préoccupantes, comme par exemple les cinq tentatives d’assassinats contre Donald Trump ou encore l'assassinat de Charlie Kirk en eptembre 2025.
Les fractures
géographiques
Les élections présidentielles illustrent une division géographique marquée : les États ruraux comme l'Iowa ou le Nebraska votent majoritairement républicain, tandis que les États urbains penchent démocrate. Cette fracture entre deux Amériques se retrouve également dans le débat sur l'immigration. Lors de son premier mandat, Trump a promis la construction d'un mur à la frontière mexicaine, symbole d'une vision isolationniste qui divise profondément l'opinion américaine.
Louis, Noha et Zenaïde
L'Oncle Sam face à la muraille de Chine
Deux géants, une rivalité qui secoue le monde et redessine les équilibres internationaux.
Les États-Unis et la Chine sont les deux principales puissances économiques mondiales. À eux deux, ils représentent environ 43 % du PIB mondial, soit 25 % pour les États-Unis et 18 % pour la Chine (FMI, 2024). Leurs modèles économiques sont profondément différents : la Chine est le premier exportateur mondial depuis 2009, tandis que les États-Unis sont le premier importateur.
La Chine oriente sa croissance vers des secteurs stratégiques comme les énergies renouvelables, les nouvelles infrastructures et les hautes technologies. L'économie américaine, quant à elle, est davantage concentrée sur la consommation intérieure, qui représente environ 80 % de son PIB.
Un lien aussi fort que conflictuel
Depuis son arrivée au pouvoir, Trump a cherché à protéger l'économie américaine de la concurrence étrangère, et notamment chinoise, en favorisant le protectionnisme américain. Pourtant, contrairement à ce que l'on pourrait penser, les deux économies restent profondément liées : la Chine détient une part importante de la dette américaine sous forme de bons du Trésor.
Mais cette interdépendance n'empêche pas les conflits commerciaux : les États-Unis achètent bien plus de produits chinois qu'ils ne leur en revendent, ce qui creuse un déficit commercial important. C'est pourquoi Trump a décidé de taxer massivement les produits chinois. La rivalité dépasse désormais le seul domaine commercial.
Un impact au-delà
des frontières
Le poids des deux pays et leurs périodes de tensions se répercutent sur le reste de l'économie mondiale. En avril 2025, l'OMC prévoyait des évolutions du commerce mondial fortement dégradées en raison de l'augmentation des droits de douane américains. Les perturbations commerciales entre les États-Unis et la Chine entraînent un important détournement des échanges : les exportations chinoises se réorientent vers le reste du monde, tandis que d'autres pays trouvent de nouvelles opportunités d'exportation vers les États-Unis.
En juillet 2025, les économistes de la Banque centrale européenne prévoyaient une hausse des importations chinoises en Europe, ce qui s'est depuis matérialisé, entraînant une baisse des prix. Si l'escalade douanière entre la Chine et les États-Unis s'est partiellement apaisée, les tensions et leurs conséquences ne sont pas encore durablement éloignées, comme le montrent les nouvelles frictions tarifaires de 2025-2026 entre Washington et Pékin.
Capucine et Celyan
La démocratie américaine sous pression
La puissance étatsunienne, à travers les présidences de Donald Trump, a connu un déclin de sa démocratie.
Au cours de ses 2 mandats non consécutifs Donald Trump a plus que contribué à la baisse de la démocratie aux Etats Unis par de nombreux moyens comme la politisation du système judiciaire, des attaques majeures contre les droits de l'homme et une importante dérive autoritaire.
Politisation du système judiciaire
En janvier 2021, les partisans de Donald Trump ont pris d'assaut le Capitole pour tenter d'empêcher la certification des résultats de l'élection présidentielle. De nombreuses arrestations ont suivi. Lors de sa prise de pouvoir en janvier 2025, Donald Trump a gracié toutes les personnes ayant participé à cet assaut, montrant son désintérêt pour le respect du système juridique. Au cours de son deuxième mandat, il a également profondément réorganisé l'ICE en y nommant des responsables proches du mouvement MAGA, modifiant ses priorités d'action au profit d'une politique migratoire plus agressive.
Attaques contre
les droits de l'homme
Donald Trump a à de nombreuses reprises bafoué les droits fondamentaux. L'ICE, police fédérale de l'immigration, a pour mission d'appliquer les lois sur l'immigration à l'intérieur du pays. Cependant, de plus en plus de migrants sont expulsés sans raison légitime : l'objectif n'est plus de réguler mais d'expulser.
Trump a également restreint les droits des personnes LGBTQ+ en interdisant aux personnes transgenres de servir dans l'armée. Par ailleurs, ses attaques répétées contre les médias, désignant les journalistes comme "ennemis du peuple", contribuent à affaiblir la liberté de la presse, pilier fondamental de toute démocratie. Ces nombreuses décisions contribuent à une recrudescence et une légitimation des groupes suprémacistes blancs.
Une dérive autoritaire
Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a imposé des droits de douane massifs. En février 2026, la Cour suprême a estimé que le président avait outrepassé ses prérogatives en prenant seul cette décision, qui ne lui appartenait pas constitutionnellement.
De plus, l'administration américaine a employé le terme de "guerre" pour qualifier l'intervention en Iran, alors que la loi de 1973 sur les pouvoirs de guerre, le War Powers Act, permet certes au président de déclencher une intervention militaire limitée, mais réserve au seul Congrès le pouvoir de déclarer officiellement la guerre. Ces différentes atteintes aux contre-pouvoirs américains, judiciaire, médiatique, législatif, dessinent le portrait d'une démocratie sous pression, dont les institutions résistent encore, mais sont mises à rude épreuve.
Antonin G. et Eloïse B.