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| N° 4 - Mars 2026 | www.lycee-lebrun.fr |
Regards de lycéens sur un monde en tensions
Pages 2 à 4
Charladit poursuit sa route, même s’il ne colle pas toujours à l’actualité : avec ses publications à fréquence variable, il mélange projets de classe afin de valoriser les projets modestes ou remarquables et invite également des rédacteur·ices qui ont carte blanche au sein de ses pages.
À sa manière, il prolonge l’esprit de la radio du lycée : « Si Charles l’a dit, c’est vérifié ! »
Un grand merci à l'ensemble des contributeur.ices et ami.es du journal Charladit de l'année 1 et de l'année 2.
Elisée Aubert-Philippe, Gabrielle Arquié-Lecuyer, Nathan Blas, Emma Boivin, Indiana Caillard, Lokoma Capdeville, Tian Tian Chen, Louis Choquenet, Martin Couillard, Mélanie Delahaye, Maïa Delevoye, Elise Deshayes, Ronan Descottes, Victor Duquesney, Rosalie Durand, Clinton Enogieru, Clémence Fontaine, Lilian Fossard, Mathéo Gaisgnard-Corvoisier, Scarlett Gallien, Nolan Giard, Agathe Girard, Quentin Goudard, Lilou Jardin, Félix Le Canu, Mewena Le Chanony, Tom Lecluse, François Leprieur, Ewen Levy, Noé L’Hullier, Faustine Marie, Louisa Mathe, Mayna Moussa, Gwen Mazurié, Gabrielle Lemoigne, Jules Lemonier, Assiel Lemonnier-Delaunay, Timothée Laorden-Mauger, Louise Langevin, Océane Mancel, Louise Osouf, Eléonie Osouf, Anaïs Paisant, Lou Pacchiani, Lola Soprani, Sacha K'Dual, Baptiste Lemarquand, Aude Renard, Françoise Vallée
Gaza : l’innocence face à la guerre
La guerre à Gaza se dévoile à hauteur d’enfant, entre éclats de rire et ombre de la mort
Dans le cadre du Prix Bayeux des correspondants de guerre, les lycéens et apprentis de la région Normandie ont décerné leur Prix Région Normandie à un reportage particulièrement marquant diffusé sur CNN.Ce court métrage de six minutes, intitulé « Ce que quatre heures révèlent sur la vie des enfants à Gaza » (What Four Hours Reveal About the Lives of Gaza’s Children), a bouleversé le public par la force de ses images et la sincérité de son propos.
Réalisé par Jomana Karadsheh, Tareq Al Hilou, Mohammed Al Sawalhi, Mick Krever et Mark Baron, ce reportage nous plonge dans le quotidien de trois enfants âgés de 3 à 12 ans, filmés un jour d’été de juillet 2024, au cœur d’une bande de Gaza ravagée par les bombardements.
Les journalistes cherchent à capturer non pas la guerre elle-même, mais la vie qui persiste malgré elle. On y voit des enfants jouer, rire, courir, des instants fugaces de bonheur, avant que la réalité tragique du conflit ne vienne les rattraper.
Le reportage met aussi en lumière un contraste saisissant : entre l’innocence des enfants et l’absurdité de la guerre. Dans leurs jeux improvisés, dans leurs éclats de rire, transparaît un espoir fragile. Mais cet espoir s’éteint brutalement lorsque le film évoque la mort d’enfants victimes des bombardements israéliens. Sans commentaire excessif, les images suffisent à transmettre l’indicible : la perte d’une génération, et la fragilité de vies réduites au silence.
Un reportage primé par les lycéens normands
Lors de la projection à Granville, l’émotion dans la salle était palpable. Plus de 3 500 lycéens et apprentis ont vu le reportage, avant de voter pour lui en tant que lauréat de leur prix. Beaucoup ont souligné la justesse du ton, la force du message et le respect des sujets filmés. Pour eux, ce choix symbolise une adhésion à une forme de journalisme à la fois humain, responsable et engagé, où l’information n’est pas seulement un récit d’actualité, mais aussi un acte de mémoire.
L.Choquenet, C.Vallée, E.Clément, L.Ribet, D.Causserouge, Z.Grandin
L’éthique au cœur du journalisme
Clément Di Roma met en lumière les conflits dont on parle moins sur le continent africain, mais aussi les conditions de vie des populations.
Le lundi 6 octobre 2025, lors d’une conférence donnée à Granville, le journaliste indépendant Clément Di Roma, correspondant en Afrique pour des chaînes telles que Arte, France 24 et Al Jazeera, a répondu aux questions d’un public de lycéens et d’apprentis présents dans le cadre du Prix Bayeux–Calvados.
Dans ses missions, il s’est donné pour objectif d’éclairer « les conflits dont on parle moins » et d’aborder les enjeux moins médiatisés du continent africain qu’il s’agisse des dynamiques politiques, des violences peu couvertes ou encore des défis sociaux et sanitaires auxquels les populations sont confrontées.
La crise sanitaire de 2020
Lors de la crise du Covid-19, il a tenté de porter l’attention sur l’absence ou l’insuffisance des moyens alloués à la lutte contre la propagation du virus dans certains pays. Il a par exemple documenté comment, dans les hôpitaux, la prise en charge des patients n’était pas adaptée aux enjeux de la pandémie. En parallèle, il a mis en lumière des initiatives locales, par exemple des étudiants sénégalais ayant développé des solutions pour y faire face.
Déontologie et choix professionnels
Clément Di Roma explique que sa démarche repose sur une déontologie forte : il préfère ne pas tout montrer plutôt que contribuer à une exposition intrusive ou dangereuse. Il souligne notamment son choix de ne pas diffuser ou filmer l’intégralité du corps des victimes, notamment des enfants, et de couper ou omettre les passages d’interview susceptibles de mettre en péril la sécurité des témoins d’atrocités.
Gabrielle Arquie-Lecuyer,
Margot Bidot, Léa Bost,
Adèle Deshayes, Jade Oliveres,
Yoann Quesnel.
Bayeux, là où les journalistes donnent une voix à ceux qu’on n’entend pas
Le Prix Bayeux réunit chaque année journalistes, citoyens et jeunes autour d’une même exigence : comprendre le monde pour mieux le changer.
Chaque année, les lycéens normands sont conviés à Bayeux, la première ville libérée de l’emprise allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette cité chargée d’histoire devient, le temps de quelques jours, le lieu de rencontre entre mémoire, information et engagement. En effet, depuis maintenant trente-deux ans, Bayeux accueille le Prix des reporters de guerre, un événement unique en son genre qui met à l’honneur celles et ceux qui risquent leur vie pour témoigner des réalités du monde.Le Prix Bayeux-Calvados-Normandie des correspondants de guerre rend hommage aux journalistes, photographes, réalisateurs et grands reporters qui couvrent les conflits contemporains. À travers des expositions, des projections de reportages, des débats et des rencontres, il offre au public, et notamment aux jeunes, une plongée au cœur de l’actualité internationale, souvent méconnue ou oubliée des grands médias.
Assister à ces reportages, c’est bien plus qu’un simple moment de visionnage : c’est une expérience humaine et émotionnelle forte. Les images, souvent dures et bouleversantes, révèlent l’ampleur des souffrances vécues par les populations civiles dans des zones de guerre, mais aussi le courage des journalistes qui, au péril de leur vie, cherchent à rapporter la vérité. Ce moment de partage entre professionnels des médias, enseignants, élèves et citoyens suscite des réflexions profondes sur la liberté d’informer, le rôle de la presse et la responsabilité du spectateur.
Pour de nombreux lycéens, cette rencontre constitue une véritable leçon de citoyenneté et d’humanité. Elle permet d’élargir leur regard sur le monde, de mieux comprendre les enjeux géopolitiques contemporains et de mesurer la valeur de la liberté d’expression, souvent menacée dans certaines régions du globe.
E.Blanchet, S.K'dual Thoury, E.Vauzelle, V.Bonnel, A.Fleury, N.Moncel, C.Potey
Au nom de ceux qu’on a voulu faire taire
Julie Dungelhoeff, lauréate du Prix Bayeux 2025 avec « Les rescapés de l’enfer des geôles de Bachar al-Assad ». Un reportage au cœur de la souffrance syrienne.
Julie Dungelhoeff, journaliste belge, a réalisé un reportage bouleversant sur les rescapés des prisons syriennes. Après la chute du régime de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024, elle s’est rendue dans les hôpitaux pour témoigner de l’enfer vécu par les anciens prisonniers.
Au pays de l'enfer
À travers ses images et ses entretiens, la journaliste nous montre des hommes et des femmes brisés par la torture et le silence. À leur libération, beaucoup étaient incapables de parler ou même de raconter ce qu’ils avaient subi. Leurs familles, quant à elles, ne parvenaient pas à les reconnaître, tant leurs blessures physiques et psychologiques étaient profondes.
L’un des combattants rebelles ayant participé à la libération d’une prison a conduit un membre d’une famille sur les lieux mêmes de la détention. Dans un silence lourd d’émotion, il lui a montré les cellules où ses proches avaient été enfermés et torturés. Ces scènes poignantes rappellent la cruauté du régime et la nécessité de témoigner.
Lors de la remise du Prix Bayeux des reporters de guerre, Julie Dungelhoeff a exprimé un vœu simple mais fort : que les Syriens emprisonnés et leurs familles obtiennent justice. Par son travail, elle donne une voix à ceux que le monde avait oubliés, et rappelle que le rôle du journalisme est d’éclairer même les zones les plus sombres de l’humanité.
F. Ollivier, M.Delahaye,
L. Capdeville, A. Levionnois,
T. Masseline, J. Lejeune
Dubaï : la vie de cette jeune française continue en dépit des frappes iraniennes
Si les touristes et certains influenceurs ont quittés la ville en catastrophe, la vie continue à Dubaï, trois semaines après le début de la guerre.
La ville de Dubaï prise pour cible
Depuis le 28 février, Dubaï, première ville des Emirats arabes unis, a été prise pour cible par l'Iran en représailles aux attaques israélo-américaines. Maya, une jeune française de 17 ans qui habite à Dubaï depuis son enfance, où elle a déménagé pour le travail de son père, raconte : « On entend beaucoup d'explosions. On a des sirènes d'alerte du gouvernement sur nos téléphones. Parfois, même s'il n'y a pas d'alerte, on lève les yeux et on apercoit des missiles dans le ciel ». Les doubaïotes pensaient d'abord que les attaques n'allaient viser que les bases militaires américaines près de la capitale Abou Dabi. « Sauf qu'au final ils ont commencé à toucher certains immeubles ». Les frappes iraniennes ont en effet touché quelques sites emblématiques mais aussi de simples hôtels, comme sur l'île artificielle The Palm raconte Maya, à seulement vingt minutes de chez elle. Une bascule s'est alors opérée : « Les gens se sont rendus compte qu’eux aussi pouvaient être touchés ».
Depuis le début des attaques, les Emirats arabes unis dont Dubaï auraient été ciblés par plus de 1.800 drones et missiles, pour la plupart interceptés par une défense aérienne (THAAD et Patriot américains). Bien que cette défense soit efficace, Maya nous fait nous rendre compte du réel danger : « Il faut quand même que les débris des missiles et des drônes interceptés retombent quelque part, et c'est souvent chez les gens ou dans les rues ».
Résidents confiants
Pas de quoi, cependant, apeurer les résidents qui ont décidés de ne pas s'arrêter de vivre malgré les frappes iraniennes. Cette confiance dans le gouvernement est un sentiment largement répandu chez ceux qui ont décidé de rester. Maya habite dans un quartier seulement résidentiel, à Jumeirah 3 et n'a jamais vu quoi que ce soit tomber chez elle. « Moi, ça fait 13 ans que je suis là-bas et toutes les personnes qui habitent depuis longtemps à Dubaï sont assez calmes ».
L'exode des touristes
Si de nombreux résidents ont fait le choix de rester, l'exode des touristes est quant à lui bien réel. « La circulation est devenue très fluide » indique Maya qui comprend que « Pour les touristes et les personnes qui sont coincées là-bas, ça doit être stressant ». L'aéroport, qui accueille 100 millions de passagers par an, est perturbé. Aux premiers jours du conflit, les réseaux sociaux ont été inondés par des vidéos montrant l'aéroport bondé par l'afflux sans précédent de touristes pressés de quitter le pays. Le manque à gagner est énorme pour Dubaï, qui avait développé une image de havre de paix dans une région conflictuelle du monde et dont l'économie dépend du tourisme à 25 %.
Cette fuite en catastrophe de certains voyageurs, et en particulier des influenceurs, irrite cependant les résidents. « Quelques personnes, comme Maeva Ghennam par exemple, s’expriment beaucoup sur les réseaux sociaux, ce qui empire les choses » affirme Maya. Des expatriés qui dénoncent l'effet loupe des réseaux sociaux et « l'emballement » de la presse étrangère. « Il y a plein de gens qui disent " Ouais, les influenceurs, ils reviennent en France que quand ça les arrange" alors que la plupart des gens là-bas ne sont pas des influenceurs. C'est des gens très normaux » rappelle Maya.
Un retour vers la France difficile
Pour les étudiants doubaïotes comme Maya, les établissement scolaires sont fermés. D'après le gouvernement, quelques uns de ces établissements pourraient accueillir de nouveau des élèves dès la semaine prochaine, mais l'incertitude plane. De même, la plupart des habitants ne se risquent pas à sortir pour se rendre à leurs bureaux et privilégient le télétravail. Une coupure bien accueillie par certain d'entre eux comme Maya qui se réjouit : « C'est cool : on est presque en vacances ».
Sa famille a saisi cette opportunité pour rendre visite à leur famille et revenir dans leur maison de vacances en France, à Agon-Coutainville. Cependant, leur départ de l'aéroport international de Dubaï (DXB) ne s'est pas passé comme prévu : « Le jour où on est parti, le matin, il y a eu une explosion à côté de l'aéroport ». Cette attaque aurait alors touché un dépôt de carburant. Les autorités se sont alors vues dans l'obligation d'annuler de nombreux départs. Après une longue attente, « On est restés 5 heures, juste à attendre » Maya et sa famille ont finalement réussi à décoller : l'un des seuls vols à être parti ce jour là. « On a eu énormément de chance, jusqu’au dernier moment on ne savait pas si on aller pouvoir partir ».
Ce vol n'aurait pas pu être possible sans un stop à Djida, en Arabie Saoudite, pour faire le plein de carburant et sans un changement de terminal, à propos duquel Maya et sa famille ont formé quelques hypoyhèses : « On pense que c'était pour qu’on ne puisse pas voir les dégâts et que les gens ne puissent pas prendre de photos ».
La censure du gouvernement émirati
Cette dissimulation volontaire est loin d'être un cas isolé : « Le gouvernement censure beaucoup les gens qui parlent sur ce qui se passe : on a pas le droit de poster quoi que ce soit sur Internet ». En effet, pour limiter la casse, Dubaï, comme les autres monarchies du Golfe, ont imposé une censure pour ceux qui filment les missiles et drones iraniens. Objectif affiché : préserver la réputation de l'émirat. A Dubaï, on veut faire comme s'il ne s'était rien passé. Maya nous explique qu'il est même interdit d'envoyer une simple photo à sa famille sur un groupe privé. Certains ont cependant voulu contouner les règles, elle raconte : « J’ai un ami qui a envoyé une photo, et je sais pas comment, mais au final il a été arrêté par la police ». Il a alors fait l'objet d'un interrogatoire, pendant lequel les autorités lui ont demandé des explications à propos de la présence de telles images sur un groupe social. « Il a dû les enlever » conclut Maya.
Les habitants peuvent tout de même avoir accès à une information limitée. Le dernier bilan officiel des autorités émiraties fait état de 7 morts et de 114 blessés, principalement causés par la chute de débris issus des projectiles interceptés. Néanmoins, cette censure pourrait observer quelques aspects positifs selon Maya « C'est bien qu’il y ait certaines limites sur ce que les gens peuvent faire circuler. Déjà avec l'intelligence artificielle il y a plein de choses où l’on ne sait pas trop si c'est vrai ou pas. Et aussi justement ça évite que les gens soient trop paniqués ». Des ordres qui restent tout de même liberticide : Maya n'a pas souhaité que son nom de famille apparaisse dans ce simple article, déclarant « Là-bas, le gouverment n'est pas fan de tout ça ». « Il faut juste pas qu'on en parle de trop » finit-elle par conclure.
Emma Boivin
Le jour du dépassement ? Le 24 juillet 2025
L’humanité avait déjà épuisé tout ce que la Terre peut produire en un an. Cette date correspond au jour du dépassement mondial.
Chaque année, cet indicateur environnementtal permet de mesurer la pression que nous exerçons sur la planète. Il marque le moment où nous avons consommé l’ensemble des ressources naturelles que la Terre peut renouveler en 12 mois. Le jour du dépassement reste pourtant inégalement connu du grand public. Suite à une interview réalisée autour de nous, on a constaté que 6 personnes sur 8 savaient ce qu’était le jour du dépassement. La plus part d’entre elles avaient entendu parler de cette date grâce aux réseaux sociaux, aux informations à la télévision ou encore à des cours abordants les questions d’écologie à l’école. Les deux autres personnes, en revanche, ne connaissaient pas du tout ce concept. Concrètement, le jour du dépassement signifie que nous utilisons plus de forêts, plus d’eau, plus de poissons et plus de terres agricoles que ce que la nature est capable de générer. Nous rejetons également d’ avantage de dioxyde de carbone que les écosystèmes ne peuvent en absorber. A partir de ce jour, nous ne vivons plus “des intérêts” de la planète, mais nous entamons son “capital”. Ce fonctionnement fragilise les équilibres naturels et accélère le réchauffement climatique ainsi que la disparition de certaines espèces. Le monde en 2025 ? Au niveau mondial, le jour du dépassement a eu lieu le 24 juillet. Pourtant, lors de notre interview, on a pu observer que seules deux personnes sur huit savaient précisément quelle était cette date pour le monde en 2025. Les autres connaissaient le principe, mais pas le jour exact. Cette date signifie qu’en un peu plus de 6 mois, l’humanité avait consommé toutes les ressoures disponibles pour l’année entière. Le reste de l’année se déroule donc en situation de déficit écologique La France en 2025 ? La situation est encore plus préocupente lorsqu’on observe les pays individuellement. En France, en 2025 le jour du dépassement est arrivé le 19 avril. Lors de mon interview, 2 personnes sur 8 savaient également ce qui en était pour la France, tandis que les autres ignoraient totalement cette information. En moins de quatre mois, les ressources annuelles de la Terre auraient été épuisées si tout le monde vivait comme la France. Cela s’explique notament par une forte consomation d’énergies, de biens matériels et de produits importés, qui augmentent notre empreinte écologique. Le jour du dépassement n’est donc pas seulement une date symbolique. C’est un outil qui permet de prendre conscience de l’impact de nos choix quotidiens, qu’il s’agisse de nos déplacements, de notre alimentation ou de notre consomation d’énerrgie. Face à ce constat, une question demeure : serons-nous capables de repousser cette date dans les années à venir, ou continuerons-nous à vivre audessus des limites de notre planète ? Lily Yang et Louise
Faces of the Great Depression
Imagine standing in a long line early in the morning, hoping only for a piece of bread.
In the picture, we can see an old man wearing a hat. He is leaning on a barrier and standing in the middle of the image. He is looking down at the ground, which makes him look sad and tired. In the background, there are many other men with their backs turned. They are waiting in line.
The old man is Dorothea Lange’s grandfather.
This picture shows precariousness because all the men are waiting to get bread. It was taken in front of the White Angel bakery, where poor people came to receive food.
In front of the White Angel bakery, a long line waits in the cold morning air. People speak very little. They hold their bread tickets tightly, with their eyes fixed on the door. When the smell of warm bread finally escapes outside, a small smile appears on a few tired faces. This bread is more than food : it is a sign that, even in hard times, someone still cares.
The photographer wanted to highlight social injustice and the difficult living conditions during the Great Depression.
I like this picture because the man looks emotional. I chose this picture because it combines historical value, emotional impact, and social engagement.
Mewena Le Chanony
This project is based on photographs by Dorothea Lange taken during the Great Depression in the United States. Using these images, students wrote short descriptive texts in English.
Each piece focuses on observing the scene, the people and their emotions, and was then recorded orally. These four works invite us to look carefully at the image and to give voice to a first interpretation.
Ce projet s’appuie sur des photographies de Dorothea Lange prises pendant la Grande Dépression aux États-Unis. À partir de ces images, les élèves ont rédigé de courts textes descriptifs en anglais.
Chaque production propose une observation de la scène, des personnages et de leurs émotions, puis a été enregistrée à l’oral. Ces quatre travaux permettent de porter un regard attentif sur l’image et de mettre en voix une première interprétation.
G. Mazurié
Tractored Out
What happens when machines replace people ? This photograph gives us a powerful answer.
The picture was taken in Texas by Dorothea LANGE, in June 1938. The title is : « Tractored Out ». This is a black and white photograph. In the middle, there is a small, wooden farmhouse. The house looks lonely and abandoned. All around the house, the land is plowed with deep, curved fUrrows. There are no trees and no people. The sky is very clear and empty.
The tractor lines go right up to the doorstep of the house
The house looks empty and broken. It makes me feel sad for the family who lived there. They lost their home because of big machines. At the time, the USA was going through the Great Depression. Life was very hard for farmers. People started using tractors because they were faster and cheaper than human labor. Many poor families were evicted by banks and replaced by these machines. This is why the house is abandoned : the machine took the place of the people. When you look at the photo, you can almost hear the silence. There is no wind, no birds and no people. It feels very peaceful but also very lonely.
This photo is very famous and very beautiful. The composition is perfect because the lines on the ground create a strong rhythm. The light is very bright and it makes the scene look dramatic. I think this image is great because it is simple but powerful. It shows that art can tell a story about real life. It’s a masterpiece of photography.
Emma Perrier
Children of the Weill public school, shown in a flag pledge ceremony
This photograph was taken in 1942 by Dorothea Lange at an elementary school in San Francisco. It shows children standing and reciting the Pledge of Allegiance to the American flag, with their hands over their hearts.
What makes this image especially powerful is its historical context. Some of these students are Japanese American. Only a few weeks after this moment, they and their families were forced to leave their homes and sent to internment camps following the attack on Pearl Harbor, despite being American citizens.
Through this photograph, Dorothea Lange highlights the injustice and contradiction of the situation : children pledging loyalty to a country that would soon deny them their rights.
The purpose of this work is to document, criticize discrimination, and preserve memory, reminding us that democratic values can be fragile in times of fear and war.
This photograph remains a powerful symbol of remembrance and vigilance regarding civil rights.
Léonie Leclerc
Into the sunset
With a simple scene, this photograph reveals the hardships and courage of people living in difficult times.
This picture was photographed by Dorothea Lange in Mar 29 –Jun 8, 2009.
Into the Sunset brings together over 120 photographs made by a variety of photographers. These works illustrate photography’s role in popularizing ideas of the sublime landscape, Manifest Destiny, and the “land of opportunity,” as well as describing a more complex vision of the West, one that addresses cultural dislocation, environmental devastation, and failed social aspirations. The picture is in black and white. The woman is high up, as if she is trying to protect herself. Her face looks serious and worried. She is not looking at the camera.
The tree looks thin and fragile, which gives a feeling of insecurity. We understand that she is there because she has no other choice.
I choose this picture for his symbolic of Far-West because I like cowboys and desertic landscape. Moreover, the image represents hardship and survival.
The tree symbolizes a temporary refuge.
The photograph also shows silent strength. The woman does not complain ; she keeps going despite her situation. Dorothea Lange wants to show the reality of difficult lives without making it beautiful or dramatic.
Nathan Blas
Crossroad Store, North California
This picture shows a gas pump, it is a building that looks like a wooden house on which brand logos are placed on the storefront. One sees five black men sitting on chairs on the landing of the building as well as a white man standing at the entrance door. The five men have their eyes fixed on Dorothea Lange, however only the white man looks elsewhere, he is oriented towards one of the five guys. This creates a really heavy atmosphere and an uncomfortable feeling.The overall atmosphere is dark and quiet.hrough this picture, Dorothea Lange seeks to show the poverty and hardships of the American rural population.The artist's message is social and political : by showing ordinary people affected by poverty, she aims to raise public awareness and elicit empathy from the viewer. This picture thus denounces social inequalities and bears witness to the harshness of life during the Great Depression, while emphasizing the dignity of the people depicted.
I really like this picture because it exudes authenticity. The artist did not seek to represent something perfect, but rather to show reality as it is. I find the atmosphere of this image very heavy and interesting ; it was this atmosphere in particular that helped me choose this picture.
In conclusion, this work can also be appreciated for its powerful social message. Dorothea Lange does not simply depict an everyday scene : through this photograph, she denounces the poverty and inequality that existed in the United States during the Great Depression. The image invites the viewer to reflect on society and how certain populations, particularly the most disadvantaged, are left behind and forgotten.
Lou Pacchiani
Le bâton comme matière et symbole : l’exposition STICKS de Samuel Buckman
Peut-on faire œuvre d’art avec un simple bâton ? Dans l’exposition STICKS, Samuel Buckman transforme des morceaux de bois ordinaires en objets de réflexion artistique.
Cette exposition présente des morceaux de bois disposés de manières originales. Parmi ces œuvres, on trouve aussi une vidéo représentant un bois qui flotte dans la tourmente d’une rivière à Rome, et qui tourne en boucle, ajoutant une dimension dynamique à l'exposition. Les bâtons sont exposés sous différents angles : certains, plus petits, sont placés sur des supports tels des étagères, tandis que d'autres se tiennent debout, posés au sol et adossés au mur, à hauteur d'homme.
L'une des particularités de cette exposition réside dans la diversité des supports et des formes. Ce choix de matériaux et de présentations varie d'une œuvre à l'autre, ce qui permet au visiteur de découvrir chaque œuvre sous un nouveau jour dans l’espace de la galerie.
Un aspect intéressant de cette exposition est la notion de temporalité, qui nous semble essentielle. En effet, le bois utilisé comme matière principale par l'artiste est un matériau organique dont la durée de vie avant la décomposition est relativement courte à l’échelle humaine. À travers son travail, Samuel Buckman parvient à redonner une nouvelle vie à ces éléments naturels et les transforme en œuvre d’art. Ce processus, qui conserve l’essence de la matière tout en lui donnant une dimension artistique, peut nous faire poser des questions sur la place de la nature et du temps, telle une Vanité.
Parmi les multiples œuvres de l'exposition, une se détache des autres : une structure droite, qu'on identifierait à un bâton si ce n'était pour sa teinte sombre et métallique, rompant tout attachement avec les couleurs habituelles du bois séché et de la couleur-matière. Malgré une apparence anormale, presque industrielle, il s'agit bien d'un bout de bois, colorié au graphite sur toute sa surface par Samuel Buckman. Le choix du graphite comme matériau n'est pas fait au hasard : le bâton se retrouve teinté par les résidus de végétaux millénaires, eux-mêmes par ailleurs enfermés dans un petit bâton, le crayon. Le bâton, décliné sous plusieurs formes, est donc l'outil, le matériau et la surface de l'œuvre, nous invitant à la réflexion quant à sa présence dans la vie quotidienne.
Gabrielle Arquié-Lecuyer
Shakespeare In Lost
Inspiré du roman de Maggie O’Farrell et de la vie de William Shakespeare, Hamnet raconte au départ une histoire d’amour entre deux jeunes êtres très différents. Mais très vite, le film dépasse cette simple romance pour devenir une œuvre beaucoup plus profonde sur le deuil et la souffrance liée à la perte d’un enfant.
Une représentation sobre et réaliste du deuil
Ce qui marque le plus, c’est la façon dont le film montre la tristesse. Il n’y a pas de scènes exagérées ni de discours dramatiques : tout passe par les silences, les regards et les gestes du quotidien. On voit comment chaque personnage réagit différemment à la tragédie. Certains se replient sur eux-mêmes, d’autres cherchent à fuir dans le travail ou dans leurs pensées. Cette retenue rend l’histoire encore plus touchante et réaliste. On ressent vraiment l’absence, comme un vide qui s’installe peu à peu dans la famille.
L’art comme réponse à la souffrance
Le film suggère aussi que la création artistique peut être une manière de survivre à la douleur. On comprend que l’écriture de la pièce Hamlet est liée à cette épreuve, comme si transformer la souffrance en art permettait de lui donner un sens. Cela rend le film encore plus émouvant, car il montre que même dans la tristesse, quelque chose peut naître.
Une atmosphère visuelle mélancolique
Les décors jouent également un rôle très important dans l’ambiance du film. Les paysages de l’Angleterre élisabéthaine, les champs balayés par le vent, la lumière naturelle et les maisons en bois sombre créent une atmosphère à la fois belle et mélancolique. Les couleurs sont souvent sobres, avec beaucoup de tons bruns et gris, ce qui renforce l’idée de gravité et de recueillement. La nature semble refléter les émotions des personnages, comme si elle partageait leur peine.
Une œuvre marquante
Hamnet est donc un film émouvant et sensible qui, au-delà d’une simple histoire d’amour, propose une réflexion profonde sur la perte, la mémoire et le pouvoir de l’art face à la douleur. C’est une œuvre touchante qui reste longtemps en tête après la fin du film.
Louise Osouf
Orgueil et préjugés
Tiré du livre Orgueil et Préjugés (1813) de celle que l’on surnomme la mère de la romance : Jane Austen.
Le film réalisé par Joe Wright en 2005 revisite le roman de Jane Austen à travers une fresque romantique raffinée. Le film nous emmène dans l’Angleterre georgienne où la vive Elizabeth Bennet et le réservé Mr Darcy se heurtent d’abord par malentendu, jusqu’à ce que Darcy aille à l’encontre de ses préjugés envers sa bien-aimée ainsi que sur sa famille par amour pour elle.
Leur histoire nous fait rêver avec la célèbre scène de la déclaration de Mr Darcy à Elizabeth sous la pluie, mais cela n’impressionne pas la jeune fille et ce dernier devra se faire moins condescendant s’il veut conquérir la fougueuse Lizzie. Leur histoire continue d’ailleurs d’influencer la littérature et le cinéma moderne.
Porté par Keira Knightley et Matthew Macfadyen, ce film séduit par ses décors somptueux, avec le célèbre château de Chatsworth House qui n'est rien d'autre que la résidence de Mr Darcy, ses costumes soignés et la chimie entre les acteurs.
Si ce film vous plaît, nous vous conseillons d’abord de lire l’œuvre originale Orgueil et Préjugés, ainsi que toutes les autres œuvres de Jane où cette dernière dénonce les mœurs et les évolutions de la « gentry » anglaise avec un mélange de romance.
Shining (1980)
Stanley Kubrick est originaire de New York, très jeune il se découvre une passion pour la littérature et le cinéma. Il réalisa des grands classiques du cinéma notamment 2001 : L’Odyssée de L’Espace ou encore Shinning. Sortie en 1980, Shinning devient la base des films d’horreur. On y rencontre Jack Torrance, un écrivain alcoolique et en panne d’imagination, il postule pour être le gardien d’un hôtel isolé durant l’hiver. Il s’y installe avec son épouse Wendy et son enfant Danny. Durant tout l’hiver des évènements paranormaux vont avoir lieu ce qui va ajouter une ambiance oppressante. Aujourd’hui le film a énormément influencé le cinéma, on y retrouve le génie de Kubrick à travers les plans ainsi que le talent de Jack Nicholson.
Océane
Retour Vers Le Futur (1985)
Si je vous dis qu’une machine à voyager dans le temps a existé en 1985, vous me croyez ? Elle a bien existé. Marty Mcfly est un étudiant anonyme, sa famille est en pleine crise, son proviseur rêve de pouvoir l’expulser du lycée. Ami avec l’excentrique docteur Emmett Brown, celui l’invite à expérimenter sa nouvelle expérience : le voyage dans le temps via une DeLorean modifié. Retour vers le futur est LE film de science fiction de nos parents, on se retrouve entraîné dans une aventure à la fois comique mais réelle, le personnage de Marty et du docteur deviennent tellement attachant qu’on a du mal à finir la trilogie. Ces films restent un grand monument du cinéma à absolument voir si vous voulez passez un bon moment.
Elisée
Zootopie : une ville pas si parfaite
Zootopie est un film d’animation qui nous plonge dans une métropole animalière unique où proies et prédateurs cohabitent.
Lorsque Judy Hopps, première lapine policière, qui rêve de s’imposer dans ce monde, fait son entrée dans la police découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque…
Si vous aimez les films qui font réfléchir sur la société, les animaux attachants et les enquêtes, alors Zootopie est fait pour vous.
The Grand Budapest Hôtel (2014)
Tiré du livre La Pitié Dangereuse du célèbre auteur hongrois Stefan Zweig Ce film sorti en 2014, nous emmène dans les Alpes hongroise au sein du Gran Hôtel Budapest , bien que décrépit et quasi désert, ce majestueux hôtel porte encore l'empreinte de sa gloire d'antan. Notamment avec les mystères qui l’entourent.
Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or durant l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle.
Dans les années 1930, Gustave est accusé du meurtre d’une riche cliente qui lui a légué un tableau de grande valeur. Avec l’aide de Zero, il tente de prouver son innocence tout en échappant à la police et à la famille de la défunte, prête à tout pour récupérer l’héritage.
Océane



