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| N° 16 - Janvier 2026 | www.saint-francois-xavier.fr |
Édito
Ecrire un numéro spécial sport est une idée qui tient au cœur de l'équipe depuis longtemps. Plus de 40 ans après sa création : cette édition inédite paraît ! Soutenu par deux équipiers voulant devenir journaliste sportif, ce projet montre que le sport est un sujet accessible à tous.
On réduit souvent le sport à la performance, au spectacle. Pourtant, il est devenu le domaine où se rencontrent des mondes qui ailleurs s’ignorent ce dont témoignent deux fans de foot (p 3). Sur un terrain, dans un club ou lors de grands événements, le sport relie aujourd’hui des milieux différents : culture, éducation, économie... Découvrez le club d'aviron (p 4) et faites plus ample connaissance avec le RCV (p 2).
Le sport rappelle aussi que l’union ne se décrète pas ; elle se construit, par l’action, le partage. Il témoigne de l'évolution de nos sociétés comme lorsqu'on parle des tenues féminines (p 3). Il montre qu’aucune frontière n’empêche la rencontre : voile et foot (p 2), sport et littérature (p 3), hockey et public français (p 2).
Les métiers du sport sont nombreux et attirent beaucoup d'étudiants (voir l'article orientation p 4). Sportif professionnel peut être un rêve comme pour la cycliste Marie Le Net (portrait p 4). Il en est de même pour les journalistes sportifs pour qui il n'y a pas d'école particulière. « Un journaliste sportif est d'abord un journaliste » nous rappelle souvent E. Maret, référent pour notre journal. Pratiquer un sport même à haut niveau est conciliable avec la vie professionnelle comme nous le livre J.-B. Casadepax-Soulet, manager et sportif (p 2).
Bonne lecture.
Martin Michel : « J’aime ce club »
Rencontre avec le directeur général du Rugby Club Vannes.
Pendant la saison 2024-2025 de Top 14, nous sommes allés à la rencontre de Martin Michel, directeur général du Rugby Club Vannes (RCV). Notre échange s’est porté sur son parcours professionnel et les ambitions du club pour la deuxième partie de saison.
Un métier passion
Originaire de Bretagne, il se prend jeune de passion pour le rugby, jusqu’à atteindre le niveau semi-professionnel. Directeur général depuis 2016, lors de l’arrivée de Vannes en Pro D2, il essaie d’apporter une dynamique de projet et une progression. Attaché à Vannes et plus particulièrement à la Bretagne, il ne se voit pas exercer dans un autre club : « Parce que c’est Vannes […] ; je ne le ferai pas ailleurs ». Pourtant, l’arrivée au RCV n’a pas été facile : « Évoluer dans un club professionnel n’est pas simple, car suivant le résultat du week-end, le moral du groupe est impacté ».
Évoluer à ce niveau implique de savoir galvaniser les énergies positives comme négatives ; tenir les positions afin d’assurer le développement futur de la formation des joueurs, ainsi que l’équilibre financier et économique. Pour manager, il ne s’appuie pas sur un réel adjoint mais sur plusieurs personnes qui l’aident au niveau des dynamiques de projet et de l’organisation du club. Il peut aussi compter sur son esprit cartésien, développé grâce à son expérience d’ingénieur, pour structurer ses missions.
Le Top 14
Fondé en 1950, le RCV devient le premier club breton à évoluer au niveau professionnel lors de sa montée en Pro D2. Le Top 14 était donc la cible du club breton. Après des échecs en demi-finale en 2019, 2021 et 2023, il faudra attendre la saison 2023-2024 pour que le RCV se qualifie pour la finale. Opposé à Grenoble, le RCV domine la rencontre et s’impose 16-9, synonyme d’accession à la ligue la plus convoitée et la plus exigeante du monde (le Top 14).
Pour Martin Michel, c’est l’aboutissement d’un long travail et surtout une superbe performance collective. L’objectif du club était clair : « Le maintien, laisser une trace, ne pas se laisser indifférent ».
Malheureusement, après une saison intense, le club a subi le même sort que la majorité des promus, c’est-à-dire la relégation en Pro D2. Cette relégation peut s’expliquer par l’exigence physique du championnat, le manque d’expérience et le manque de profondeur d’effectif.
Retour en Pro D2
Le RCV retrouve donc la Pro D2 pour cette saison 2025-2026, en tant que grand favori pour le titre. L’objectif est évidemment d’accéder à nouveau au Top 14. Après la 11ᵉ journée, le Rugby Club Vannes se place à la première place avec 39 points : 8 victoires, 1 nul, 2 défaites, suivi de près par Colomiers (37 points) et Valence-Romans (35 points).
Quant à Martin Michel, il continue de développer l’économie autour du club, du stade de La Rabine, mais aussi de faire perdurer une filière de formation d’excellence, unique en Bretagne, et de rassembler les gens autour du club.
Jules Olivier
De joueur à entraîneur : le parcours de Pascal Dupuis
Pascal Dupuis a joué pendant 16 ans au plus haut niveau. Il a remporté à deux reprises le championnat de NHL (National Hockey League).
Vous avez remporté deux fois la NHL, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Dans le sport, gagner le championnat est l’accomplissement ultime. Après avoir travaillé toute la saison pour remporter le dernier match de l’année, on sait que souvent ça vient avec un trophée. Et puis gagner les play-offs, en tant que joueur, c’est une vraie victoire.
Avez-vous rencontré des difficultés ou connu des moments de doutes avant d’arriver à ce dernier match ?
Il y a toujours des hauts et des bas, c’est certain, mais c’est la résilience qui fait que les grands clubs seront, par la suite, capables de gagner. Les bas font partie du sport. L'équipe qui sera capable de les remonter gagne à la fin.
Est-ce que le fait d’avoir été confronté à des moments de faiblesse a pu changer votre vision des choses et votre façon d’être ?
Les moments de doutes te construisent comme être humain et comme équipe. Tous les grands joueurs sont passés par là et c’est une phase nécessaire pour être capable de gagner et de se construire en tant que joueur. Si un sportif ne connaît pas de bas, il n'aura pas la hargne nécessaire pour gagner.
Vous êtes aujourd’hui entraîneur adjoint et actionnaire des Cataractes de Shawinigan, pourquoi avoir fait ce choix ?
J’ai joué mon hockey junior à Shawinigan et j'y ai rencontré ma femme, donc la Mauricie et Shawinigan sont des lieux vraiment importants pour moi. À la fin de mon parcours en NHL, je suis revenu pour m'impliquer avec les Cataractes, ce qui paraissait être une évidence pour moi.
Avez-vous d’autres projets en dehors de Shawinigan ?
Pour l’instant je reste aux Cataractes. Je sais que j’aime le hockey et je veux rester dans ce sport. Je ne ferme pas la porte à un retour dans la NHL dans un rôle administratif, de développement ou même d’entraîneur.
En Europe, et surtout en France, le hockey est peu développé, il s’agit d’un sport peu connu. Comment pour vous pourrait-on changer cela ?
Le hockey est sûrement peu développé en France parce que le football prend beaucoup de place dans vos quotidiens. Mais les deux sports se jouent un peu de la même façon, ce sont des matchs d’équipe avec beaucoup de “passe et va ” et d’intensité.
Il y a eu des joueurs de très bonne qualité provenant de la France, passés en NHL, comme Cristobal Huet qui était un très bon gardien ou encore Antoine Roussel et Alexandre Texier. Ils sont capables de partager leurs connaissances. Si ces joueurs sont capables d’atteindre ce niveau, c’est que d’autres en face sont aussi capables de réussir.
Pour vous, en tant qu’ancien joueur et aujourd’hui entraîneur, le fait d’entraîner en France ou en Europe pourrait être un projet intéressant pour vous ?
C’est sûr que les anciens joueurs sont capables de partager leurs connaissances. Mais je ne pense pas que tous les anciens sont capables de s’expatrier comme ça. Cependant, les joueurs européens qui sont “revenus à la maison” peuvent le faire et leur implication peut vraiment aider le hockey en Europe.
Thibault Miché
Fabrice Amédéo, entre grand large et... stade
Supporter de l'Olympique de Marseille et navigateur originaire des Pays de la Loire, Fabrice Amedeo nourrit deux passions que tout oppose.
Skipper et ancien journaliste, Fabrice Amedeo participe aux grandes courses au large comme le Vendée Globe. Navigateur solitaire, il est également très engagé dans la défense de l'océan.
Son rapport au football ne s'est pas construit dès l'enfance, mais beaucoup plus tard. Il raconte que c'est en découvrant l'atmosphère des stades qu'il s'est réellement intéressé au sport. Au parc des Princes, au Vélodrome ou à Angers, il a retrouvé cette même ferveur qui, selon lui, fait tout le charme du foot. Comme beaucoup de Français de sa génération, il garde aussi un souvenir marquant de France 98, année où la victoire des Bleus en coupe du monde a transformé tout le pays en un immense évenement populaire.
Pourquoi l'OM ?
Lorsqu'il s'agit de choisir une équipe, il cite naturellement l'Olympique de Marseille. « C'était, avant cette année, la seule équipe française à avoir remporté la Ligue des champions. » Au delà du palmarès, il apprécie les clubs qui possèdent une véritable histoire : Marseille, Lens, Saint-Étienne… autant de noms qu’il associe à une identité forte et à un lien avec leurs supporters. « L’ambiance du Vélodrome, dit-il, en est un symbole ».
La mer : un univers à l'opposé du football
En revanche, quand il parle de son métier, le contraste avec le football apparaît immédiatement. La voile n'a rien à voir avec l'intensité des tribunes :en navigation il avance dans un cadre solitaire loin du bruit et de la ferveur des supporters. Il rapelle aussi que les navigateurs sont peu médiatisés, à l'inverse des joueurs de football reconnus partout. Là où le foot se vit dans un temps court, entouré d'un public, la voile se déroule sur de longues durées, dans un silence total. Deux univers que tout oppose, une façon pour lui de vivre le sport autrement, entre moments partagés et parenthèse de tranquilité.
Cléa Radigois-Le Gal
Un modèle d'équilibre entre vie et sport
Jean Baptiste Casadepax-Soulet, manager et sportif à Paris, évoque la combinaison de la vie sportive et du travail.
Jean Baptiste Casadepax-Soulet pratique le rugby à un rythme d'une fois et demie par semaine en moyenne dans l'équipe du VI du Lion. Il est manager dans un grand cabinet de conseil international.
Le sport dans la jeunesse
Il témoigne : « Je suis attiré par le sport depuis mon plus jeune âge. Mes parents m’avaient inscrit au judo à l’âge de six ans pour m’initier au sport et j’ai commencé à pratiquer le ski dès l’âge de quatre ans. Aujourd’hui, c’est la notion de partage d’émotions avec les coéquipiers et le dépassement de soi dans l’effort qui m’animent. »
Après le judo, il continue avec le tennis, le football et, à 20 ans, enchaîne avec le rugby.« J’ai été capitaine de mon équipe de foot dès l’âge de dix ans et suis maintenant capitaine de mon équipe de rugby après avoir été président de l’association pendant trois ans. »
« Le sport me permet de me dépenser physiquement, d’entretenir ma santé, d’avoir des moments pour me regénérer l’esprit. Il permet de me vider la tête en étant concentré uniquement sur le sport pendant une courte période. Le sport m’apporte aussi un lien social important en partageant des moments de convivialité avec des amis dans le but d’arriver au même objectif. »
Les valeurs qui l'accompagnent au quotidien sont :« L'esprit d'équipe : on va plus vite seul mais loin à plusieurs, l'entraide, l'ouverture aux autres, le dépassement de soi en se donnant encore plus quand ça devient compliqué pour atteindre les objectifs, ne jamais renoncer face aux difficultés et s'aider des autres pour les surmonter. »
Le mental compétitif influence-t-il vos décisions de tous les jours ?
« Oui, avoir la volonté de toujours vouloir gagner en sport me permet d’avoir la même mentalité dans la vie quotidienne et toujours tout faire pour réussir et donner le meilleur de moi-même pour y arriver. Ma vie n’impacte pas ma passion pour le sport, je trouve toujours le temps.C’est une question d’organisation de sa vie pour mêler les deux. »
D'après lui, ce n'est qu'une question d'organisation pour combiner sport et vie personnelle ou de travail. « A mon niveau de responsabilités professionnelles, ma vie personnelle et mon implication sportive, oui c'est relativement facile, comme je le disais auparavant, tout n'est qu'une question d'organisation. »Cependant le sport est aussi un moyen de trouver un équilibre entre le bien-être mental et physique. « Il me permet aussi de vivre des émotions que la vie de tous les jours ne peut pas offrir. »
Un équilibre bien maîtrisé entre passion sportive et vie professionnelle
En définitive, le parcours de Jean-Baptiste Casadepax-Soulet montre que le sport n’est pas seulement une activité physique, mais un véritable moteur d’équilibre et de cohésion humaine. Son expérience illustre que, malgré les exigences professionnelles, l’organisation et la passion rendent possible un parallèle entre vie quotidienne et engagement sportif.Aurore David
Journaliste sportif : quand le sport devient une histoire à raconter !
Passion, rigueur et terrain : leur métier raconté en quelques mots.
Jean-Luc Loury, journaliste sportif à Ouest-France, et Henri-Pierre André, du service des sports de l’AFP (Agence France Presse), décrivent la singularité de leur métier, leur quotidien et leur parcours.
Des missions variées
au quotidien
Jean-Luc Loury : « Mon rôle est de couvrir toute l’actualité sportive du Morbihan : le suivi des clubs professionnels, les grands événements, mais aussi des portraits de sportifs locaux. Nous animons également un réseau de correspondants pour relayer l’activité des clubs amateurs. Comme tout journaliste, notre travail s’appuie sur une information fiable, vérifiée et équilibrée. »
Henri-Pierre André : « À l’AFP, je relis, corrige et mets en forme les articles envoyés par nos reporters avant leur diffusion aux clients de l’agence. Lors des soirées de Ligue des champions, tout s’enchaîne très vite. La veille consiste aussi à surveiller ce qui est publié ailleurs pour réagir rapidement et confirmer les informations importantes. »
Un métier guidé
par la passion
J-L. L. : « C’est évidemment un métier-passion. J’ai toujours voulu l’exercer, même si je ne viens pas d’un milieu journalistique. Je me sens chanceux de faire ce que j’aime, malgré les sacrifices : travailler le soir, les week-ends, les jours fériés, manquer parfois des événements familiaux. Mais en contrepartie, je vis des moments uniques, je suis des matchs marquants et je fais de belles rencontres. »
H-P. A. : « Pour beaucoup, dont moi, le journalisme est une vocation. Enfant, je rêvais d’être grand reporter. En arrivant à l’école de journalisme, je connaissais encore mal la réalité du métier. Avec le temps, la passion reste intacte, mais sa manière de s’exprimer évolue. Il existe aussi un revers : le risque de brouiller la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle, tant ce métier peut occuper l’esprit en permanence. »
Les défis de l'objectivité
J-L. L. : « Certains faits sportifs peuvent déranger : triche, dopage, corruption. Notre rôle est de rester neutre et objectif, de s’en tenir aux faits et de donner la parole à toutes les parties. Nous ne sommes pas un journal d’opinion, même si un billet ou un commentaire permet parfois de décrypter un événement et de le replacer dans son contexte. »
H-P. A. : « Il m’arrive aussi d’être heurté par certains faits. Le cas de Tadej Pogacar, par exemple, interroge : sa domination est telle qu’elle suscite des questions. Mais rien ne permet d’affirmer qu’il utilise des substances interdites ou une aide mécanique. Comment traiter cela ? En posant les bonnes questions, en rappelant les faits connus, sans jamais affirmer ce qui ne l’est pas. C’est l’équilibre essentiel de notre métier. »
Propos recueillis par
Arthur Besnier
et François Luherne
Quand le sport s'invite dans la littérature
Il a colonisé les étagères de nos libraires. Devenu un véritable sujet sociétal, politique, déchaînant les passions, son simple nom, "sport", attire.
Avant de prendre la place qu'a le sport aujourd'hui, il était réservé à une élite. Proust dans À la Recherche du Temps Perdu parle d'un jeune homme sportif, neveu des Verdurin.
Une littérature de la louange
Une véritable science de l'analyse du sport s'est développée dans tous les domaines possibles. Pascal Boniface, spécialiste de la géopolitique du sport, a publié de nombreux ouvrages sur le sujet comme : L'Europe et le sport, ou Géopolitique du sport.
Des ouvrages pour permettre aux sportifs de développer une philosophie de leur passion. L'ouvrage du philosophe Michel Bouet, Signification du sport tente une approche révolutionnaire sur le sujet. Des livres pour aider certains de franchir le pas, S'accomplir ou se dépasser d'Isabelle Queval. La littérature moderne s'est emparée du sujet. Courir, de Jean Echenoz, qui traite le sujet de l'addiction au sport, a conquis de nombreux lecteurs
Les "beaux livres" ont mis en avant la beauté du sport. Nées pour skier de Lucy Paltz a charmé les lecteurs par la beauté de ses illustrations sur la beauté de la montagne.
Une littérature de la critique
Liberté d'expression oblige : le sport est une discipline très critiquée, en particulier le football, de nombreux scandales apparaissent régulièrement dans les journaux. Jouer le monde, critique de l’assimilation du sport au jeu, de Ronan David et Nicholas Oblin, remet dans son contexte la dérive idéologique du sport, mettant en avant la dissociation violente du mot jeu et du mot sport. Je hais le football, de Claude Javeau prouve les dérives de la « première religion au monde ». Le sport ou la passion de détruire, de Patrick Vassor est le résultat d'une enquête qui met en avant les ravages de la compétition sur la psychologie et le physique des sportifs.
Arthur Besnier
Sport féminin : revendications dans le vestiaire
Que ce soit au travail ou à l'école, les tenues féminines font débat. Le domaine sportif n’y échappe pas.
Les tenues des sportives racontent bien plus qu’une simple évolution de style. Elles reflètent un long combat pour la liberté de mouvement et d’expression.
Quand le sport féminin se libère peu à peu
Au début du XXe siècle, les femmes pratiquaient le sport dans des tenues longues et peu pratiques. Les robes et jupes lourdes limitaient les mouvements et rendaient la performance difficile. Au fil du temps, les tenues des femmes ont évolué. Elles sont devenues plus courtes, plus légères et adaptées aux besoins de chaque discipline. Des femmes courageuses, comme Suzanne Lenglen, une pionnière du tennis des années 20, ont été les premières à porter des tenues plus pratiques. Des années plus tard, les femmes ne sont jamais épargnées par les débats et polémiques. Le sujet de leurs tenues sportives n'échappe pas à la controverse. Aux Jeux Olympiques de Paris 2024, par exemple, les tenues de la marque Nike ont été critiquées par des athlètes américaines,notamment Abigail Irozuru, athlète anglaise de saut en longueur, qui a partagé une photo avec le commentaire : « Est-ce qu’AUCUNE athlète féminine n’a été consultée pour ce kit d’équipe ?!? » . En 2021 déjà, des joueuses norvégiennes de beach-volley avaient été sanctionnées parce qu’elles avaient préféré un short à un bikini lors d’un match de l’Euro. Preuve que la question reste sensible.
Des tenues qui font toujours débat
Imposer des tenues spécifiques aux femmes comme le bikini obligatoire dans certains sports de plage est aujourd’hui de plus en plus contesté. La liberté de choix est davantage revendiquée par les sportives. Certaines dénoncent des règles sexistes ; d’autres pointent une forme d’objectification des corps. La question religieuse, elle aussi, divise. Le port du voile dans le sport suscite des réactions passionnées. Entre respect des traditions et questions de sécurité, le débat est très vif, voire tabou.
Choisir sa tenue : un enjeu qui dépasse le sport
Si ces discussions prennent autant d’ampleur, c’est que le sujet touche un large public. À travers leurs tenues, les athlètes mettent en lumière les inégalités et les discriminations. Les réactions sont parfois violentes mais elles permettent aussi de faire évoluer les mentalités. Les athlètes prennent position sur ces questions contribuant à faire évoluer les mentalités. Les vêtements que portent les sportives ne sont pas juste une question de tissu et de mode. Que les débats soient vifs ou non, ils participent tous à un même objectif : faire avancer l’égalité dans le sport.
Derrière les polémiques, une révolution discrète mais réelle
Ce qu'on voit moins, en revanche, c'est tout le travail mené derrière les tapis de gym et les pistes d'athlétisme. Depuis quelques années, des marques collaborent davantage avec des sportives pour concevoir des tenues adaptées à leurs besoins et leur permet une meilleur liberté de mouvements. Les athlètes participent enfin aux décisions qui les concernent. Certaines fédérations commencent aussi à revoir leurs règles pour offrir plus de flexibilité. On voit apparaître plus d'options : pantalons, shorts, combinaisons plus couvrantes... Le message est clair : une tenue ne doit plus être un obstacle. Pour les sportives c'est une petite révolution qui ouvre la porte à un sport plus inclusif et plus respectueux de toutes les morphologies, de toutes les cultures et de toutes les sensibilités.
Téthys Gouray
Femmes de lettres, Fans de Foot
Deux de nos profs de français passionnées par le football.
Le football est un sport populaire. Il rassemble de plus en plus de femmes qui se tiennent présentes dans les stades ou sur les terrains. En effet, selon la LFP (Ligue de Football Professionnel), quelque 6,3 millions de femmes supportent désormais un club de Ligue 1 ou de Ligue 2, soit environ 900.000 personnes de plus qu'en 2023.
« Le football féminin est de plus en plus mis en lumière dans les médias »
Mme Guillemet
C’est notamment le cas de deux professeurs de français toutes deux passionnées par ce sport depuis leur enfance. Elles sont, aujourd’hui, des supportrices actives de clubs français, le Stade Rennais FC pour Morgane Guillemet et l’AS Monaco pour Oanell Kermabon.
Ces deux passionnées suivent tous les matchs, que ce soit devant leurs écrans ou au stade en virage. Pour la supportrice rennaise, cette ferveur s’est même manifestée par la participation à un groupe d’ultras dans le passé. Aujourd’hui, elle se rend tous les week-end dans cette même tribune, illustrant ainsi l’évolution de l’inclusion des femmes dans ce milieu.
Cette passion pour le football, elles l'ont découverte durant leur enfance. L'une s'est liée d'affection au club breton et l'autre est tombée sous le charme du soleil monégasque. Une passion qui prend une grande place dans leur quotidien : « Bien sûr, je suis déjà allée au stade Louis-II à Monaco, mais depuis la Bretagne, ça fait un long voyage. ». Mme Guillemet, abonnée au club depuis sa vie étudiante, se rend à tous les matchs se déroulant au Roazhon Park. Elles se tiennent informées des actualités, elles soutiennent leur club chaque week-end et se sentent véritablement incluses parmi les supporters. « Je me suis toujours sentie à ma place et à l'aise dans ma tribune » affirme Morgane Guillemet.
Lorsque l'on reste attaché à un club, au fil des années, de nombreux souvenirs se créent et se gravent dans les esprits de chaque supporter pour le meilleur et pour le pire : « Pour mon meilleur souvenir, j’hésite entre la finale de la Coupe de France 2019, gagnée contre le PSG, et le match d’Europa League contre Arsenal au Roazhon Park où nous l'avions emporté 3-1. J’ai quelques mauvais souvenirs également comme la finale de la Coupe de France perdue contre Guingamp en 2009. » confesse Mme Guillemet. « Mon pire souvenir est sans aucun doute la défaite en finale de Ligue des Champions en 2004. Le titre de Champion de France 2017 est mon meilleur souvenir. » confie Mme Kermabon.
Joséphine Amedeo,
Méwen Chevalier,
Baptiste Mergel
Aviron à Vannes : le souffle du large, la force du lien !
Du passé à l’avenir, Yannick Jouanguy et Maïwenn Cuvillier partagent l’histoire et le quotidien du Cercle d’Aviron de Vannes.
Le Cercle d’Aviron de Vannes, fondé en mars 1982 à l’initiative d’un médecin passionné par la mer mais néophyte en aviron, s’est installé dès l’origine sur la rive gauche du port. Né autour de la pratique loisir, il s’est ouvert ensuite à la compétition puis à la formation dans des écoles. Aujourd’hui, il défend des valeurs fortes : curiosité, solidarité, humanisme et respect de l’environnement, une dimension essentielle puisqu’il évolue sur le Golfe du Morbihan, territoire labellisé Parc Naturel Régional. Reconnue pour son action éducative, la structure intervient auprès de nombreuses écoles, collèges et lycées, tout en développant une pratique de loisir, mais aussi la compétition, principalement féminine, orientée vers l’aviron de mer.
Les figures du club
Présent depuis 1988, Yannick Jouanguy incarne la mémoire et la continuité du club. Diplômé STAPS et titulaire d’un Brevet d’État du second degré, il a trouvé dans l’aviron le lien entre sport et milieu marin. À ses côtés, Maïwenn Cuvillier, arrivée en 2023, titulaire d’un BPJEPS aviron et issue de l’action sociale, rame depuis ses dix ans et partage la même passion.
Une structure ouverte et diversifiée
Le club regroupe environ 170 adhérents et près de 800 élèves scolaires à l’année. D'autres jeunes découvrent l'activité notamment grâce au dispositif Ticket Sport de la Ville de Vannes. Les entraînements s’adaptent à chacun : loisir, santé ou compétition. Deux événements marquent la saison : le Tour du Golfe du Morbihan, qui attire 150 rameurs venus de France et de l’étranger, et la Régate des Souris entre Vannes et les îles Logoden.
L’aviron : un sport complet et exigeant
Sport exigeant, l’aviron demande endurance, coordination et équilibre, dans des conditions quelquefois rudes. C’est aussi une école du collectif : sur un même bateau, quatre rameurs et un barreur apprennent à ne faire qu’un.
Des ambitions tournées vers l’avenir
Pour les années à venir, le club souhaite avant tout continuer à « donner envie de se mettre en mouvement », selon les mots de Y. Jouanguy. Qu’il s’agisse de sport santé, loisir, éducatif ou de compétition, chaque pratiquant y trouve sa place. Le travail avec les écoles, soutenu par GMVA et la Ville, constitue un levier fort pour attirer les jeunes, renforcé par la visibilité du club sur le port. Pendant près de vingt-cinq ans, le lycée Saint-François-Xavier a entretenu un lien étroit avec le club, alignant deux équipes régulières en championnat UNSS. Si cette collaboration n’est plus active faute de créneaux disponibles, elle reste un souvenir marquant de l’histoire du cercle.
De belles réussites sportives et personnelles
Plusieurs jeunes formés ici ont intégré les Pôles France Aviron ou poursuivi à l’étranger, comme un ancien devenu président du club d’aviron de Montréal. Le skipper Nicolas Lunven, sixième du Vendée Globe, a lui aussi ramé au Cercle d'Aviron de Vannes.
Des défis à relever, un avenir solide
Parmi les réussites dont ils sont les plus fiers, les encadrants citent la fidélité des rameurs, plus que les titres : l’important est de créer un lien social fort et de donner envie de revenir. Les défis restent nombreux : cohabitation dans le port, météo capricieuse, contraintes d’espace. Le club peut toutefois compter sur le soutien des collectivités et prépare une nouvelle base nautique financée par l’agglomération. Si Yannick Jouanguy envisage bientôt de passer le relais, Maïwenn Cuvillier espère poursuivre cette aventure en développant encore l’aviron de mer et la formation des jeunes en compétition. Ensemble, ils adressent un message simple à ceux qui hésitent à se lancer : l’aviron est un sport accessible à tous, quel que soit l’âge ou le niveau, et le Golfe du Morbihan reste « un terrain de jeu idéal » pour le découvrir !
François Luherne
Le sport : une multitude d'avenirs ?
La diversité des sports n'a jamais été aussi grande, mais qu'en est-il des métiers qui leur sont indispensables ?
Les métiers du sport nous entourent au quotidien : communication, gestion, fabrication, santé et plein d'autres. Ce sont des domaines liés au sport et qui ont contribué à sa popularité mondiale.
Le monde c'est bien,
SFX c'est mieux !
Lorsqu'on parle de métiers du sport, un des premiers auxquels on pense est celui de professeurs d'EPS. Justement, un professeur d'EPS a accepté de nous partager ses motivations, son parcours et son histoire.
Au cours de sa scolarité, un enseignant a su lui transmettre sa passion. Mêlée à son goût pour le sport, l'apprentissage, la découverte et le contact des autres, la profession d'enseignant d'EPS s'imposait comme une évidence.
Dès l'obtention d'un baccalauréat scientifique, il s'est orienté vers un parcours STAPS à l'Université de Rennes. Avoir un bon dossier, faire preuve de polyvalence et d'une appétence dans tous les domaines sportifs est nécessaire pour obtenir le concours.
Le contact avec les élèves fit évoluer sa vision théorique du métier : ils ont tous un profil différent, des capacités distinctes, des passions et motivations diverses. Une qualité importante est l'adaptation ainsi que le désir de transmettre avec pédagogie, nous explique-t-il. Il faut donc savoir s'ajuster à tout instant.
Aujourd'hui, il poursuit son métier avec passion. Et souligne que dans le sport le plaisir est important et que le sport est indispensable pour la santé ainsi que le professeur Carré l'a expliqué lors de sa conférence le 13 octobre dernier à SFX.
A ce sujet, un guide vient d'être publié par la Haute Autorité de Santé sur la nécessité de l'exercice physique pour la santé chez les enfants et les adolescents.
Un, deux, trois... étudiez !
Passionné de sport vous aussi ? Il est facile d'hésiter parmi les différentes possibilités de poursuites d'études en lien avec le sport. L'affiche ci-dessous comporte des informations essentielles pour s'y retrouver entre BPJEPS, DEUST et licence STAPS.
Pour plus d'informations, contactez Mme. Martin-Labbé au BIO (ouvert tous les jours, sauf mercredi après-midi).
Jules Pouchoux
et Tom Garel
Marie Le Net, de Pontivy aux JO de Paris à ... vélo !
Marie naît dans une famille sportive à Bréhan (Morbihan) en 2000. Elle obtient sa première licence au VC pontivyen à l'âge de 8 ans
Premières pistes
Tous les dimanches, Marie pratique le cyclisme avec son père ; c'est ainsi qu'il découvre qu'elle a un bon coup de pédale. C'est grâce a lui qu'elle débute ce sport en club. Elle expérimente ses premières courses et les réussit. Après des années de courses remportées, l'entraineur de Marie lui propose de participer à un championnat départemental. Elle accepte et arrive jusqu’aux nationaux. De 2014 à 2016 elle remporte des compétitions de France cadette où elle accède à la deuxième puis troisième place. Âgée de 17 ans elle devient championne de France du contre-la-montre junior. En 2018, elle obtient plusieurs médailles, une d’argent lors du championnat du monde sur route junior et une de bronze en Écosse.
Bienvenue chez les pros
À l'âge de 19 ans, Marie atterrit chez les professionnels mais ne quitte pas son club natal. Par la suite, elle remporte de nombreuses médailles et elle participe aux JO de Tokyo où elle se classe 7e. À Paris 2024, elle concourt et obtient la 5e place. En 2025 elle remporte le Tour de France féminin puis est sélectionnée dans l’équipe de France. Elle devient la nouvelle membre de l’équipe française et participe au championnat d’Europe de cyclisme. Cette compétition lui permet de remporter la première place en France de cyclisme sur route.
Voyage voyage
Marie Le Net explore, grâce à ses nombreuses compétitions, de nombreux pays. Chanceuse de découvrir l’Australie, le Japon, le Canada et l’Allemagne. Elle passe par la Suisse, les USA ainsi que le Royaume-Uni. Elle en profite pour redécouvrir la France sous tous ses angles grâce au Tour de France.
Marie-Sarah Blondeau
et Gabrielle Beneat Roques