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Vie du lycée p. 6
Professeurs stagiaires : la relève est assurée !
Interview p. 9
Virginie Le Roy, avocate de la famille de Samuel Paty d'expression
Vie du lycée p. 5
Fête des talents 2026 : embarquement immédiat !
| N° 30 - Mai 2026 | www.lyceejdarc.org |
Vie du lycée p. 4
Les 2CCSHCR au congrès de l'hôtellerie et du tourisme
« Mieux vaut éduquer qu'interdire »
Interview
Franck Levasseur, directeur coordinateur de l'ensemble scolaire Jeanne d'Arc.
Si l'interdiction du téléphone portable est adoptée, devrez-vous l'appliquer au lycée Jeanne d'Arc ?
Tout d’abord, il s’agit de la première lecture d’une proposition de loi : rien n’est définitif. Jusqu’à présent, les téléphones sont autorisés dans les lycées, sauf mention contraire dans le règlement intérieur. La proposition de loi inverse cette logique : pour autoriser leur usage, il faudrait l’indiquer dans le règlement. Concrètement, pour notre établissement associé à l’État, cela signifie que si nous souhaitons maintenir cette autorisation, il nous suffira de modifier notre contrat de vie scolaire en ce sens.
A titre personnel, êtes-vous opposé à son interdiction ?
Je ne suis pas favorable à une interdiction brutale. D’abord, parce qu’elle risquerait d’instaurer un jeu du chat et de la souris pouvant conduire à des conflits. Il me semble préférable d’accompagner les jeunes vers un usage raisonné du téléphone : les aider à réfléchir à leurs pratiques, à la gestion de leurs données, à avoir l’esprit critique face aux contenus et à limiter le temps passé sur les écrans. En somme, mieux vaut éduquer qu'interdire.
Quel type de comportement lié au téléphone identifiez-vous le plus chez les élèves ?
Le même que celui que je me reproche parfois : marcher en lisant mes messages. Chez les jeunes, cela se traduit aussi par le fait de scroller ou de passer du temps sur les réseaux sociaux. La principale dérive, c’est que l’on interagit moins, ou moins bien, avec les autres. Or, l’être humain est fait pour échanger, dialoguer et les rencontres physiques. Le téléphone peut alors nous enfermer dans une bulle. Et si l’on n’est pas en capacité d’analyser les contenus auxquels on est exposé, de faire preuve d’esprit critique, cela peut nous entraîner vers certaines dérives.
Le téléphone peut-il aussi être un outil d'apprentissage ?
Absolument ! À mon sens, les ordinateurs pourraient progressivement s’effacer au profit d’appareils que l’on aura toujours dans notre poche. Il faut également mettre en perspective l'usage du téléphone avec l’essor de l’intelligence artificielle, qui vient compléter nos capacités. Utilisée en classe, elle pourrait rendre les apprentissages plus ludiques, favoriser le travail en groupe, les échanges, et permettre à chacun de construire progressivement ses propres connaissances. L’enjeu principal reste le développement de l’esprit critique, indispensable pour en faire un usage pertinent. Le jour où chacun saura utiliser ces outils de manière éclairée, tout le monde aura besoin de son téléphone.
Propos recueillis par
Amélie Doublemart, 2GTB
Enquête : 94 % des élèves sont opposés à l'interdiction du téléphone portable au lycée
À la suite des annonces d'Emmanuel Macron, une proposition de loi a été examinée et adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 26 janvier 2026, visant à interdire ou à encadrer l’usage du téléphone portable dans les lycées. Le JDA News est allé à la rencontre de près de 200 élèves du site de Gaulle afin de recueillir leurs avis sur le sujet, à l’aide d’un questionnaire.
Une opposition écrasante
À l’étude des résultats, nous constatons que l'immense majorité des lycéens (94 %) est opposée à cette interdiction. En entrant dans le détail des réponses, nous observons que 48 % des lycéens interrogés déclarent utiliser leur téléphone une à deux heures par jour au lycée. Les principaux usages sont les suivants : consultation de Pronote (95 %), révisions ou utilisation d’applications à des fins scolaires (73 %) et réseaux sociaux (64 %).
La moitié des élèves interrogés considère qu’ils s’ennuieraient beaucoup plus sans leur téléphone portable pendant les pauses. Enfin, en cas d’interdiction, 82 % des lycéens préféreraient garder leur téléphone dans leur sac plutôt que de le laisser à la maison ou de le confier à la vie scolaire.
Les points négatifs l'emportent
Le principal point positif d’une telle interdiction qui ressort de notre enquête est que la privation de portable contribuerait à lutter contre le cyberharcèlement (44 %). Mais cet argument ne suffit pas à convaincre les élèves : ils estiment que l’interdiction du téléphone les empêcherait d’accéder à des informations importantes (absence d’un professeur ou changement de salle, par exemple) ou de contacter leurs parents en cas de problème. La plupart des votants estiment enfin que l’interdiction du téléphone pourrait accentuer le sentiment d’isolement de certains élèves, déjà peu intégrés socialement.
Pas un sujet prioritaire
Le fait qu’une large majorité d’élèves se déclare défavorable à l’interdiction ne témoigne pas nécessairement d’une addiction au téléphone, mais plutôt du fait que cet outil est devenu nécessaire, voire indispensable, à leur vie quotidienne, relationnelle et scolaire. Une grande partie des élèves consultés se déclare d’ailleurs « infantilisée » par cette proposition de loi et considère qu’il existe bien d’autres priorités à traiter pour le gouvernement en matière d'éducation.
Amélie Doublemart, 2GTB
Les écrans mangent-ils le temps ?
Les écrans sont notre passe-temps : ils contiennent notre intimité et notre vie sociale. Mais les réseaux sociaux n'ont-ils pas un impact sur le temps passé à « scroller » ?
En février 2026, les élèves de notre classe de Terminale CAP EPC (équipier polyvalent du commerce) ont réalisé un sondage afin de recueillir les avis des élèves et des enseignants sur leur usage des écrans et des réseaux sociaux. Peut-on se séparer du téléphone portable ? Se rend-on vraiment compte du temps passé derrière les écrans ? Réponses en détail.
Elèves et enseignants : un même constat
À la suite du sondage effectué, nous avons constaté que les élèves et les étudiants (40 % des sondés) comme les enseignants (60 % des sondés) passent beaucoup de temps sur les écrans. Le téléphone est le grand gagnant dans cette course des écrans. Il est suivi de la télévision chez les jeunes tandis que c'est l’ordinateur qui arrive à cette deuxième place pour les professeurs.
Un temps d'écran conséquent
Par ailleurs, une information nous a alarmés : les étudiants passeraient en moyenne 6 à 8 heures par jour sur les écrans, c'est-à-dire environ le quart d'une journée. Qu’en est-il pour votre temps d’écran par jour ? Vous pouvez le connaître en vous rendant dans les paramètres de votre téléphone.
Des usages divers
Nous avons constaté que ce temps d’écran serait dû chez les élèves à un usage quotidien de plateformes de streaming de musique et des réseaux sociaux, TikTok (qui porte bien son nom), Snapchat, Instagram, etc. De leur côté, les adultes passent le plus clair de leur temps sur leur téléphone et ordinateur, soi-disant pour utiliser Pronote et créer des cours. Une enquête plus approfondie semble nécessaire…
La dernière information que nous souhaitions analyser est celle-ci : la majeure partie de notre effectif, soit près de 80 % des individus questionnés, n'est pas capable de se passer des écrans plus d’une journée.
Un phénomène de société
Dans la société actuelle, la majorité de l’information passe par le biais des écrans : journaux télévisés, news sur les réseaux sociaux, etc. Il n’y a pas de génération à blâmer et la réalité est assez simple : l’accès à l’information en ligne, aux connaissances est aujourd’hui en majorité gratuit, simple à trouver et disponible à toute heure. La société dans laquelle nous vivons a rendu les écrans essentiels à notre quotidien (mettre son réveil, écouter de la musique, se détendre, communiquer, etc.). Nous utilisons toutes et tous les écrans lors de nos études ou dans notre travail. Ils peuvent simplifier notre quotidien mais tout dépend de l’usage que l’on en fait.
Les élèves de Terminale EPC
Programmation et IA : un combo gagnant ?
Interview
L'intelligence artificielle (IA) s'est aujourd'hui démocratisée dans les pratiques des élèves. Certains l'utilisent au quotidien pour le travail ou pour la réalisation de projets personnels. C'est le cas de Julien Leprevost, 18 ans, élève en terminale OL (opérateur logistique) qui nous livre son expérience.
Quand on parle de programmation en informatique, on imagine qu'il faut beaucoup de compétences. Est-ce forcément le cas ?
Le domaine de la programmation demande beaucoup de compétences de nos jours mais également des prérequis tels qu’avoir un bon ordinateur, c'est-à-dire un ordinateur assez puissant pour faire tourner des logiciels parfois gourmands en énergie. Selon les langages, des programmes sont requis pour les faire fonctionner. C'est un peu comme une clé de lecture : pour comprendre un texte, il faut d'abord savoir lire.
La connaissance des langages de programmation est donc essentielle à tes yeux ?
Vouloir programmer c’est bien, mais savoir programmer c’est mieux et c'est une toute autre chose ! Pour apprendre les bases de la programmation, j'ai commencé par lire de la documentation sur le JS (JavaScript). Le JavaScript est un langage de programmation que l'on retrouve fréquemment sur les pages web, au même titre que le langage HTML (HyperText Markup Language) et le CSS (Cascading Style Sheets). On peut aussi en apprendre davantage en ligne grâce à des moteurs d'exécution de JavaScript tel que Node.js. On peut également s'inscrire à la Codecademy.
Peut-on programmer avec l'IA ?
C’est un sujet que j’ai vu revenir souvent sur mes réseaux. Je dirais oui et non. Non, car le problème est que vous ne pouvez pas coder entièrement ce que vous voulez sans qu’il y ait des problèmes et sans pouvoir les régler. L’intelligence artificielle ne pourra jamais remplacer l’humain dans l’informatique car elle est elle-même constituée de lignes de code. Mais elle enregistre tout ce que vous lui dites et s’en sert pour alimenter sa base de données. Et oui, car vous pouvez vous servir de l'IA si vous avez un problème dans votre code que vous ne pouvez pas régler. C'est un peu paradoxal. L'essentiel est de savoir coder c'est-à-dire savoir écrire un programme pour que l'ordinateur le comprenne et le traite.
Peux-tu nous en dire plus sur ta pratique ?
Cela fait huit ans que je code et je connais cinq langages de programmation différents. Je ne suis pas un geek : je ne fais pas que ça de mes journées ! (rires). Depuis peu, j'ai commencé à faire des projets en lien avec Discord et à les partager sur Github pour aider les personnes qui ne savent pas coder. Je les aide à obtenir les bases, notamment pour Discord. Mes projets sont visibles sur Github sous le profil nobadvibes76.
Propos recueillis par
Emma Lioust dit Lafleur,
2CCSHCR
Congrès réussi pour les 2CCSHCR !
Du 25 au 27 mars 2026 s'est tenu au Carré des Docks du Havre le Congrès normand de l'Association française des lycées d'hôtellerie et de tourisme (AFLYHT). Notre classe s'est vue confier la responsabilité du service du bar et des cafés. Une expérience enrichissante sur laquelle nous revenons.
L'invitation à participer au congrès a été faite par Xavier Levassort, directeur délégué aux formations professionnelles et techniques du lycée Jules Lecesne du Havre. "L'IA s'invite à table" était le thème de ce congrès réunissant lycées hôteliers, touristiques et professionnels.
Une préparation minutieuse
A 7h25, nous nous sommes réunis pour définir les rôles de chacun, encadrés par nos professeurs Sabrina Beaurain et Kristell Radigois. Nous avons ensuite enfilé nos tenues, défini les équipes puis, avec un chariot, nous nous sommes rendus dans la zone de stockage pour identifier les besoins du bar. Ensuite, nous sommes allés chercher les verres afin de procéder à leur mise en place. Certains ont coupé des pamplemousses et des oranges à ajouter dans les Lillet Spritz blanc et les Lillet Spritz rosé.
A 8h, l'équipe dédiée aux cafés a commencé le service auprès des congressistes tandis que l'autre équipe préparait le service du bar. L'équipe café s'est chargée du service en salle en servant des mignardises sucrées pendant que les congressistes se rendaient aux conférences. Deux interventions furent à noter : celle d'Edouard Philippe, maire du Havre, et celle de Rozenn Le Madec, directrice des études de l'enseignement supérieur à Jeanne d'Arc, dont le thème portait sur l'IA dans l'hôtellerie.
A 12h, l'équipe du bar s'est activée en servant 360 verres jusqu'à 12h30. Après la pause déjeuner, nous avons rangé et nettoyé les verres. De 13h30 à 14h, nous avons servi des mignardises sucrées et des cafés. Toute la journée, nous avons eu le soutien de quelques élèves de TCCSHCR (Commercialisation et services en Hôtel-Café-Restaurant).
Un service hors norme
Nous sommes fiers de cette prestation ambitieuse réalisée : nous avons servi 600 personnes sur deux jours ! Nous avons ainsi pu développer des compétences comme le travail en équipe, l'autonomie, la prise d'initiatives, l'écoute et le sens des responsabilités. Nous avons reçu des retours positifs de la part des partenaires, des congressistes et des organisateurs. A noter la présence des étudiants du BTS Tourisme qui ont notamment organisé des visites thématiques de la ville (Port 2000, le MuMa, etc.).
Nous remercions Monsieur Levassort et le lycée Jules Lecesne pour leur invitation et leur confiance ainsi que Florence Soirat (DDFPT du site Coty) et Dominique Péridont (animateur pastorale) pour l'organisation de cet événement.
Les élèves de 2CCSHCR
Les 2C2AGA à l'écoute de Samantha
Les élèves du CAP 2AGA (agent accompagnant au grand âge) du site Coty ont rencontré lundi 23 mars Samantha, cheffe de service dans l'association La Main tendue. Accompagnés de nos professeurs Marie-Pierre Rémus, Laetitia Mezgec et Jean-Sébastien Brasseur, nous avons fait cette sortie pour parler de l'engagement citoyen en lien avec le cours d'enseignement moral et civique (EMC).
Une association au service des autres
La Main tendue est une association qui aide les personnes présentant un trouble du spectre autistique (TSA) et un trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Elle accompagne aussi bien les enfants que les adolescents et les adultes. Ce sont des professionnels (des éducateurs spécialisés) qui assurent le suivi des jeunes et de leur famille.
L'appellation "La Main tendue" définit bien l'association, car c'est un signe d'aide que l'on propose à ceux qui en ont besoin.
Adapter l'environnement sensoriel
Samantha est revenue sur la notion de "spectre" qui définit une multitude de particularités autistiques et sur le TDAH, une notion plus récente. Elle nous a ensuite montré des dispositifs favorisant les apprentissages et la gestion du stress.
Elle nous a enfin présenté une salle sensorielle snoezelen (un mot-valise issu des termes néerlandais snuffelen, "sentir", et doezellen, "somnoler") : il s'agit d'une pièce apaisante sans bruit, avec une lumière tamisée et des objets faisant appel au toucher, au regard et à l'ouïe tels qu'un matelas à eau que deux d'entre nous ont testé.
Un exemple d'engagement citoyen
En cours d'EMC, nous avions évoqué la notion d'engagement dans la société. A la fin de notre visite, nous en avons parlé avec Samantha. Elle nous a présenté le fonctionnement de La Main tendue, rendu possible grâce, entre autres, à ses bénévoles.
La classe remercie Samantha et l'association pour leur accueil et le temps consacré à cet échange. Cela nous a permis de mieux comprendre le fonctionnement de l'association et d'illustrer l'engagement citoyen.
Les élèves de 2C2AGA
« Le théâtre est un révélateur de caractère »
Interview
Muriel Villemin, professeure de français, présente une pièce de théâtre à la Fête des talents.
Depuis quand pratiquez-vous le théâtre ?
J'en ai pratiqué quand j'étais plus jeune et j'ai fait de l'improvisation. Ensuite, j'ai passé la certification complémentaire de théâtre et l’ai enseigné au lycée.
Avez-vous déjà joué devant un public ?
Oui, plusieurs fois. Le plus difficile est d’apprendre le texte.
Encouragez-vous les élèves à pratiquer le théâtre ?
Oui, parce que pour préparer les oraux, pour apprendre à s’exprimer, c'est très intéressant. Le théâtre est un révélateur de caractère, de tempérament qui aide les élèves timides à se découvrir et à prendre confiance en eux.
Parlez-nous de votre troupe que l’on va découvrir à la Fête des talents.
Avec cette troupe-là, nous avons commencé en novembre. Six élèves y participent. Ce sont eux qui ont écrit la pièce. De mon côté, je mets en scène.
Êtes-vous stressés ?
Non, nous sommes confiants, les comédiens sont à l’aise, ça va bien se passer.
Propos recueillis par
Clara Dalifard, Margaux Lange,
Loan Madronnet, 2GTE
Fête des talents du lycée Jeanne d'Arc : Embarquement immédiat !
La Fête des talents de notre lycée s’est tenue le 30 avril au théâtre de l’Hôtel de Ville du Havre, dans une ambiance festive. Le thème de cette année était le voyage.
Jeudi après-midi, entre 14h et 17h, les participants se sont retrouvés au théâtre pour les répétitions générales. Ce moment a été essentiel pour permettre à chacun de prendre ses marques sur scène, d’ajuster les derniers détails et de s’assurer que tout soit prêt pour la soirée. Entre concentration et excitation, l’ambiance était déjà au rendez-vous !
Des élèves en CAP ECP (Esthétique, cosmétique, parfumerie) du site Coty étaient venues prêter main-forte. Elles ont maquillé certaines participantes pour les préparer au mieux avant leur passage sur scène. Ce coup de pouce a été très apprécié et a ajouté une dimension encore plus professionnelle à l’événement.
Place au spectacle
Le soir venu, le spectacle a offert une grande variété de performances : danse, théâtre, chant, mais aussi des numéros humoristiques qui ont su faire rire le public. Chaque prestation était unique, portée par l’énergie et la personnalité des élèves et acclamée par les spectateurs qui étaient venus nombreux (plus de 600 !).
Ouverte à tous les talents, cette fête permet chaque année à tous les élèves et professeurs volontaires du lycée Jeanne d'Arc de s’exprimer librement sur scène devant un vaste public. C’est ce qui fait toute la richesse de cet événement, où créativité, partage et bonne humeur sont toujours au rendez-vous.
Encore merci et félicitations à l'équipe organisatrice ainsi qu'à tous les talents du lycée Jeanne d'Arc !
Tom Poret, Margaux Lange, 2GTE
« J'espère une bonne ambiance »
Interview
Julia Lefrançois, 1GB, présente un spectacle de danse irlandaise à la Fête des talents.
Quand as-tu commencé la danse irlandaise ?
En 2017, à l’âge de sept ans. Je la pratique à Auzebosc, dans une association nommée Eire N’Caux.
As-tu fait des compétitions ? Des spectacles ?
Depuis 2024, je participe aux championnats européens. En décembre dernier, j’ai obtenu de bons résultats. Avec la troupe de l’association, je participe également à un grand nombre de représentations, notamment pour la Saint-Patrick.
Aimerais-tu en faire ton métier ?
Évidemment, ça serait la réalisation d’un rêve de petite fille de pouvoir un jour en faire une profession, de devenir professeure de danse et transmettre ma passion.
Es-tu stressée avant la Fête des talents ?
Je n’appréhende pas car j'y ai participé l’année dernière et l’ambiance était top. J’espère que ça sera pareil cette année. Et puis je serai accompagnée de Justine, qui est aussi élève ici et avec qui j’ai commencé les claquettes quand j’étais petite. Donc, se retrouver sur scène va être trop bien !
Propos recueillis par
Alice Debieu, Clara Agoutin
et Manon Hébert, 2GTE
« J'étais certaine de bénéficier d'un véritable encadrement en venant au CDI »
Interview
Clémence Mouzarine, ancienne élève de 2020 à 2021, en stage au CDI du site de Gaulle.
Où en es-tu dans ton parcours universitaire ?
Je suis sur la fin de mon bachelor universitaire de technologie (BUT) en Information et communication dans le parcours information numérique dans les organisations. Ce stage me permet de valider mon diplôme. L’an prochain, je compte faire une Licence 3 d’histoire et préparer le CAPES Documentation qui est obligatoire pour intégrer un master Enseignement et Education (M2E) et devenir enseignante.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir professeure documentaliste ?
Au départ, je voulais devenir journaliste, mais le stage obligatoire de deuxième année que j'ai effectué en avril 2025 m’a fait comprendre que ce secteur n’était pas fait pour moi, proposant peu de débouchés. J'ai alors réfléchi à mes centres d'intérêt. J'ai constaté que je passais beaucoup de temps au CDI et que j'adorais la lecture et j'ai réalisé que cela correspondait au métier de professeure documentaliste.
Pourquoi revenir dans ton ancien lycée pour faire ce stage ?
Cet endroit m’est familier et je connais les professeurs documentalistes, Florian Macé et Sébastien Valentin, depuis 2019, année où j'ai effectué mon stage de troisième au CDI du site de Gaulle. J'ai également participé à l'atelier média pendant mon année de seconde. Ainsi, j’étais certaine de bénéficier d’un véritable encadrement en venant à Jeanne d’Arc.
Préférerais-tu enseigner dans le public ou le privé ? Au collège ou au lycée ?
Je vois des avantages et des inconvénients des deux côtés, alors je n’ai pas encore pris ma décision. Pour faire cours, je préférerais dans un lycée.
Qu’est-ce que ça te fait de passer du statut d’élève à celui de « professeure stagiaire » ?
C’est très étrange : j’ai revu d’anciens professeurs qui ne m’ont pas tous reconnue. Et avec les élèves, je n’ai pas cette relation de camaraderie que j’ai toujours connue. Pourtant, je n’ai que deux ou trois ans d’écart avec les terminales, je pourrais être leur grande sœur, donc le lien avec les élèves s'établit facilement.
Propos recueillis par
Anna Jones, 2GTC
« J'ai toujours été passionné par l'histoire »
Interview
Antonin, ancien élève de Jeanne d'Arc (de 2022 à 2024), est en stage avec Thomas Cornier, professeur d'histoire-géographie sur le site de Gaulle.
Pourquoi souhaiterais-tu devenir professeur d'histoire ?
J'ai toujours été passionné par l'histoire. Durant ma scolarité, j'ai rencontré des professeurs qui savaient partager ce qu'ils ressentaient vis-à-vis de l'histoire. C'est aussi pour cela que dès la sixième, j'ai décidé de faire de la reconstitution historique basée sur l'époque romaine, sur les gladiateurs. Cette passion m'est donc venue au fil des années et s'est vue démultipliée par d'autres activités comme des visites de musées.
Pourquoi être revenu à Jeanne d'Arc pour ton stage ?
Dans le cadre de mes études, je devais réaliser un stage en tant qu'apprenti professeur d'histoire-géographie, et j'ai choisi de revenir ici parce que je connaissais les enseignants, c'était donc plus simple pour moi de trouver un maître de stage, mais aussi parce que j'aime l'ambiance dans ce lycée de qualité.
Souhaiterais-tu enseigner dans le public ou dans le privé ?
Plutôt dans le privé. D'abord parce que dans le public, on ne choisit pas son établissement d'affectation. Ensuite, parce que j'aime la manière de travailler dans l'enseignement privé.
Préfèrerais-tu enseigner au collège ou au lycée ?
Dans un premier temps, je me suis dit que je préférerais le collège, parce qu'au niveau des programmes, ça correspond davantage aux périodes que j'affectionne : Rome antique, préhistoire, etc. Désormais, je me dis aussi que le lycée serait intéressant car il y a une vraie interaction avec les élèves et un niveau d'exigence qui est peut-être différent. Pour le moment, rien n'est encore décidé.
Qu'est-ce que ça fait de passer du statut d’élève à celui d’apprenti professeur ?
Quand j'étais encore en terminale, j’avais des liens d'élève à professeur, avec une forme de hiérarchie. Revenir maintenant change ma vision des choses. Au début, ça m’a un peu perturbé.
Où en es-tu de ton parcours universitaire ?
Je suis en deuxième année de licence d'histoire, ce qui n’allait pas de soi au départ puisqu’au lycée, j'étais en STL (Sciences et techniques de laboratoire). Quand j'ai décidé d'aller en filière littéraire à l'université, j'ai dû beaucoup travailler pour me mettre à niveau, notamment du point de vue rédactionnel et des connaissances en général. Aujourd’hui, tout se passe bien.
Propos recueillis par
Romain Renouvin, 2GTA
Les Prophéties de Nostradamus : vers une 3e guerre mondiale en 2026 ?
Michel de Nostredame, dit Nostradamus, est né en France en 1503. Il fut d’abord apothicaire avant de devenir un astronome réputé. En 1555, il publie son livre le plus célèbre, Les Prophéties, dans lequel il prétend prévoir l’avenir du monde jusqu’en 3797.
Ces prédictions sont rédigées sous forme de quatrains, des textes poétiques de quatre vers. Souvent, ils ne contiennent pas de dates précises et demandent une grande interprétation pour être reliés aux événements d’aujourd’hui. D’ailleurs, beaucoup de ces quatrains sont volontairement vagues, mêlant métaphores, symboles et poésie. Après leur publication, ces livres sont rapidement oubliés, car les événements qu’ils décrivent sont trop lointains pour être vérifiés. Ce n’est qu’au milieu du XVIIᵉ siècle que certains y voient des correspondances avec des faits historiques, comme la mort accidentelle du roi Henri II, survenue lors d’un tournoi de joutes le 10 juillet 1559, après qu’un éclat de lance s’est logé dans son œil :
“Le lyon ieune le vieux surmontera,
En champ bellique par singulier duelle,
Dans cage d’or les yeux luy creuera,
Deux classes une puis mourir mort cruelle.”
D’autres événements, comme les attentats du 11 septembre, ont aussi été rapprochés de ses quatrains. Par exemple :
“Cinq et quarante degrés ciel brulera
Feu approché de la grande Cité neuve
Instant grand flamme esparse fautera
Quand on voudra les Normands faire preuve.”
Ici, certains interprètes ont fait le lien avec New York (latitude proche de 45°) et l’impact du feu lors des attentats de 2001.
Et pour 2026 ?
Selon diverses interprétations de ses textes, Nostradamus évoquerait une année turbulente, avec une possible guerre mondiale, l’émergence de l’intelligence artificielle et la montée en puissance d’un leader belliqueux que certains associent à Donald Trump :
“Le grand brailleur audacieux et sans vergogne
Sera élu gouverneur de l’armée.”
Au final, Nostradamus fascine moins par sa capacité à prédire l’avenir que par son style poétique et énigmatique, qui laisse libre cours à l’imagination. Ses quatrains invitent à réfléchir sur l’histoire et le futur, tout en rappelant que l’interprétation humaine joue un rôle central dans la manière dont nous lisons le monde.
Emma Paumard
et Lilou Marie, 2GTC
« Virus zombies » : le réchauffement climatique réveille les menaces du passé
Le réchauffement climatique provoque le dégel du permafrost, un sol gelé en permanence depuis des milliers d’années, voire plus. Ce phénomène concerne près de 25 % des terres de l’hémisphère Nord. Or, ce sol constitue un immense réservoir de matières organiques, ce qui représente un risque majeur d’épidémie.
Un exemple marquant est celui de l’épidémie d’anthrax (ou maladie du charbon) survenue en 2016, en Sibérie. Cette maladie, disparue depuis plusieurs décennies, est réapparue à la suite d’une hausse exceptionnelle des températures.
La fonte du permafrost a alors mis au jour des carcasses d’animaux infectés, enfouies depuis des centaines d’années, libérant des spores de Bacillus anthracis, une bactérie particulièrement résistante.
Cette épidémie a entraîné la mort de plus de 2 300 rennes et d’un enfant, tandis que 39 personnes ont dû être hospitalisées. Heureusement, lorsqu’elle est détectée rapidement, cette maladie peut être traitée efficacement grâce aux antibiotiques.
Un danger
enfoui sous la glace
Cependant, cet épisode montre que le réchauffement climatique peut favoriser la réapparition d’anciennes maladies. Des chercheurs, comme le professeur de virologie Jean-Michel Claverie et son équipe, ont également réussi à réactiver des virus anciens emprisonnés dans les profondeurs gelées du permafrost. Certaines particules virales retrouvées demeurent encore infectieuses après des millénaires de congélation. Ces agents pathogènes, parfois surnommés « virus zombies », pourraient représenter une menace potentielle pour l’être humain et les animaux en l’absence de traitements adaptés.
Ainsi, le réchauffement climatique ne se limite pas à une augmentation des températures : il pourrait aussi réveiller d’anciennes menaces biologiques que l’on croyait disparues. La lutte contre le changement climatique devient donc également un enjeu de santé publique. Préserver le permafrost, c’est aussi protéger l’humanité des fantômes du passé.
Louise Garro
et Sakina Haroun, 1ère STL
Des élections présidentielles sur le site de Gaulle
Le vendredi 10 avril 2026, a eu lieu le débat sur les présidentielles mené par les classes de terminales et animé par M.Rosay, professeur de philosophie.
Ce débat, réalisé à l’échelle du lycée, reprenait les conditions d’un vrai débat présidentiel autour de grands thèmes préparés en amont : pouvoir d'achat, sécurité, environnement...
Neuf candidats s'affrontaient et répondaient chacun à son tour en fonction des idées défendues par leur parti politique. Le public, principalement composé d'élèves de première et terminale, pouvait également poser des questions aux participants pour les mettre en difficulté et en compétition.
Si certains candidats ont pu se sentir en difficulté, l'ensemble s'est déroulé dans une ambiance agréable. Le 26 mai, le vote des élèves allait déterminer qui avait été le plus convaincant.
Clara Dalifard,
Margaux Lange, 2GTE
Un escalier vers le ciel
Mardi 17 mars 2026, les élèves de l'atelier média ont eu l’opportunité de visiter l’Hôtel de Ville du Havre entre les deux tours des élections municipales de mars 2026.
Accompagnés de Christel Gauthier, directrice des études, et de Florian Macé, professeur documentaliste, les élèves ont été accueillis à l'Hôtel de Ville du Havre par Noureddine Chati, adjoint au maire chargé des quartiers nord-centre, ainsi que par Catherine Thériez, chargée de mission citoyenneté.
Le centre de pilotage de la ville
Le groupe a d’abord découvert la salle du conseil municipal, un espace impressionnant où sont prises les décisions majeures pour la ville. Spacieuse, elle est équipée de fauteuils élégants disposés devant une grande table où siègent le maire et les membres du conseil municipal. Les élèves ont pu imaginer les débats qui s’y déroulent, parfois animés, parfois plus sereins, mais toujours essentiels à la vie locale.
Monsieur Chati et Madame Thériez ont répondu à leurs nombreuses questions, leur permettant de mieux comprendre l’organisation administrative et le processus de décision.
Ils ont notamment appris qu’entre 40 et 60 projets sont examinés chaque année lors des sessions du conseil municipal, couvrant des domaines variés : travaux publics, projets culturels, aménagements urbains et bien d'autres encore.
Parmi les éléments remarquables de la salle figure une tapisserie intitulée L’Eau et le Feu, réalisée par l’artiste vosgien Jean Lurçat. Mesurant 4,40 mètres sur 5,90 mètres, elle constitue une œuvre majeure du décor.
En route vers les nuages
À l’issue de cette présentation, Monsieur Chati et Madame Thériez ont guidé le groupe d’élèves à travers les différents espaces de l’Hôtel de Ville, en expliquant à chaque étape la fonction et l’histoire des lieux.
Pour conclure la visite en beauté, les élèves ont été invités à monter jusqu’au 17ᵉ étage du bâtiment. Tandis que certains ont emprunté les ascenseurs, les plus courageux (ou les plus téméraires) ont choisi les escaliers. Leurs efforts ont été récompensés par une vue panoramique exceptionnelle sur l’ensemble de la ville du Havre.
Thibaut Cantais, 2GTE
Elections présidentielles : « C'est à moi de vous convaincre ! »
Interview
Charlotte Sierra, Terminale ST2SB, 18 ans, est candidate aux élections présidentielles du site de Gaulle.
Quel parti représentes-tu ?
L'Alliance du Renouveau Citoyen, un parti qui reprend les idées du parti communiste.
Quel est votre programme ?
Nous voulons agir pour la santé mentale des jeunes et pour leur éducation scolaire, améliorer le système de soins et vivre dans une société plus égalitaire.
Pourquoi te présenter ?
J'ai toujours tendance à défendre les droits et devoirs de chacun. J'adore prendre les devants pour que tout le monde se sente bien.
As-tu des chances d'être élue ?
Je l'espère. C'est à moi de vous convaincre !
Comment te sens-tu à l'approche du débat ?
Il y a forcément un petit stress à l'idée de se confronter aux autres candidats et au public. Pour me préparer, j'essaie d'anticiper les questions qui vont être posées.
Propos recueillis par Clara Dalifard et Margaux Lange, 2GTE
Le SNU, Service national universel : s'engager pour la société
Interview
Margaux Lange, élève de 2GTE a participé au SNU* en juillet 2025, pendant deux semaines, à Mondeville (14).
Qu’est-ce que le SNU ?
C'est le Service national universel, un dispositif qui permet aux jeunes de découvrir les valeurs de la République, d'apprendre la vie en communauté et l'engagement au quotidien pour la société.
À quoi sert-il ?
Il sert à apprendre à vivre en groupe, à avoir le respect des règles et d'autrui. Il renforce la cohésion des jeunes et permet de découvrir la solidarité, l'entraide, la sécurité et la défense.
A partir de quel âge peut-on se présenter ?
Entre 15 et 17 ans pour la première phase du SNU. Il y a une deuxième phase qui est la mission d'intérêt général qu'on peut faire aux alentours de 16-18 ans et enfin un engagement volontaire qui peut se faire jusqu'à ses 25 ans, de trois mois à un an.
Comment as-tu vécu cette expérience ?
J'ai apprécié ce séjour à Mondeville. Au début, c'était un peu stressant parce que je ne connaissais personne mais je me suis vite adaptée. J'ai rencontré de nouvelles personnes et j'ai participé à des activités intéressantes.
A quoi ressemble une journée au SNU ?
Le matin, on devait se lever à 7h. Après le petit déjeuner, une personne était désignée pour le lever le drapeau et on chantait la Marseillaise. À 10h, on commençait les activités en groupe : visite de monuments, activités de cohésion... Après la pause déjeuner, on reprenait les activités comme le tir à l'arc, jusqu'à 17 heures. De 18 à 19h, on avait le droit au téléphone et le soir, on avait une veillée avec des projets à concevoir. Vers 22h30, on était dans nos chambres.
Que t'a apporté cette expérience ?
J'ai gagné en confiance, en autonomie. Cela développe surtout un esprit d'équipe parce qu'on était tout le temps en groupe. J'ai aussi appris à vivre avec des personnes différentes et à respecter des règles au quotidien.
*Le SNU, créé en 2019, a pris fin en janvier dernier.
Propos recueillis par
Clara Dalifard, 2GTE
Procès Samuel Paty : « prévenir de futurs attentats contre la liberté de penser »
Interview
Virginie Le Roy, avocate au barreau de Paris depuis 2003 et fondatrice du cabinet Résonances Avocats, spécialisé dans le droit des affaires, le droit pénal et le droit des responsabilités.
Quel a été votre rôle dans le procès de Samuel Paty ?
J'étais l’avocate de la famille, mon rôle était d’interroger, de faire venir les sujets de manière claire à l’audience parce que la famille a des attentes. C’était une audience très intense. On avait huit accusés en première instance et quatre en seconde avec des débats très vifs, beaucoup d’incidents d’audience.
Quelle est la particularité de cet attentat ?
Ce n’est pas un attentat de masse, commis sur une foule au hasard mais le ciblage d’un professeur et sa décapitation. Et ce n’est pas l’homme seulement qui a été visé, ce sont les institutions, la liberté d’expression et la liberté pédagogique.
Quelles étaient les attentes des proches de Samuel Paty ?
Les professeurs avaient vraiment besoin de comprendre. Ils étaient traumatisés par le fait que des élèves de leur collège aient pu avoir un rôle dans l'engrenage qui a mené à l'attentat. Cela les a beaucoup marqués. Et avec la famille, ils se rejoignaient sur le besoin d’avoir une réponse très ferme de l’institution judiciaire, d’avoir des condamnations qui soient significatives et des explications à l’audience. L'enjeu du procès n'est pas tant la vérité que d’obtenir des explications qui soient satisfaisantes.
Pourquoi avoir porté plainte contre l’État ?
Franchement, si un professeur menacé depuis 15 jours finit par être assassiné, cela signifie bien qu'on ne l’a pas protégé. C'est ce qui gênait beaucoup la famille. Après de nombreuses recherches, j’ai obtenu que toute la chaîne de responsabilité de l’Éducation nationale soit auditionnée par le juge. Je ne sais pas ce que ça donnera, pour l'instant, c’est couvert par le secret de l’instruction mais c’est déjà une belle victoire. Cela veut dire que l'on force aussi les institutions à faire leur propre critique.
Des leçons peuvent-elles être tirées ?
Pour la famille, c’est important qu'on tire des enseignements de la mort de Samuel Paty. Ces attentats ont mis en lumière des failles dans le système éducatif et la lutte contre l’islamisme radical. Depuis l’attentat, l’Education nationale est beaucoup plus attentive aux alertes qu’elle reçoit. L'idée est aussi de prévenir de futurs attentats. Ce qui est dangereux, ce sont les renoncements ou les précautions que peuvent prendre des professeurs par peur de représailles car c’est l’amoindrissement de la liberté d’expression, de la liberté de penser : c'est le grand message de la mort de Samuel Paty.
Propos recueillis par
Amélie Doublemart, 2GTB
Le CDI se met à la page !
Le CDI du site de Gaulle souhaite moderniser son fonds de romans à la suite d’un grand ménage de printemps dans les étagères, près de 300 ouvrages endommagés ont été retirés, lors du passage de la tempête Clémence (voir page 6). Ce fut donc l'occasion pour les professeurs documentalistes, de s’intéresser aux nouvelles pratiques de lecture des élèves.
Dans l’objectif de relancer la lecture auprès des lycéens, le CDI a mené une enquête auprès des élèves du site de Gaulle afin de mieux comprendre leurs habitudes de lecture. Les résultats, recueillis principalement auprès des habitués du CDI, montrent que les élèves lisent de moins en moins de livres par manque de temps, de motivation ou simplement d’envie.
La New Romance plébiscitée
L’enquête révèle toutefois que le "profil type" du lecteur est majoritairement féminin. Nos lectrices privilégient surtout la New Romance, un sous-genre de la littérature romantique qui met en avant des histoires d’amour modernes, souvent très émotionnelles, voire la Dark Romance, qui mélange histoire d’amour et univers sombres. Une demande importante pour la science-fiction a aussi été observée, à laquelle le CDI répondra prochainement.
Parmi les nouvelles autrices bientôt disponibles au CDI, citons la célèbre Morgane Moncomble, à l’origine de la saga à succès Seasons, ou encore Julia Quinn, connue pour la célèbre saga La Chronique des Bridgerton.
Avec près de 30 nouveaux romans commandés, les professeurs documentalistes espèrent donner envie aux élèves du site de Gaulle de lire davantage et d’emprunter plus régulièrement des romans.
Wallerand Michelet, 1STL,
et Clémence Mouzarine
Ed et Lorraine Warren, chasseurs de fantômes inspirants
Ed et Lorraine Warren sont un couple américain de chasseurs de fantômes, nés dans les années 1920 dans le Connecticut. Ed, démonologue, et Lorraine, médium, ont enquêté sur de nombreuses affaires de possessions, exorcismes et poltergeists (ou esprits frappeurs). Leurs enquêtes ont inspiré le cinéma d'horreur.
L'affaire Perron
En 1971, Roger et Carolyn Perron et leurs cinq filles emménagent à Harrisville, dans l’Etat américain Rhode Island, aux USA, dans une ferme qui semble parfaite. Cependant, la famille est rapidement confrontée à une série de phénomènes étranges : objets qui bougent, ombres floues, brûlures, griffures, odeurs inexplicables, et secousses violentes la nuit. Ces phénomènes deviennent de plus en plus fréquents et intenses et Carolyn, la plus vulnérable, finit par être possédée par l’esprit d'une sorcière, Bathsheba Sherman.
Le quotidien de la famille devient tellement difficile à vivre qu’elle fait appel aux Warren. Ed et Lorraine vont utiliser plusieurs techniques pour chasser l’esprit : instruments scientifiques électromagnétique, enregistrements sonores et visuels, jusqu'à l’intuition spirituelle de Lorraine. Après un exorcisme réussi, la famille quitte la maison en 1980.
"Conjuring" : les films inspirés de faits réels
"Conjuring" est une saga, née en 2013, de huit films qui puisent en partie dans la réalité en s’inspirant des enquêtes des plus célèbres affaires d'Ed et Lorraine Warren, comme celle de la famille Perron qui inspire le tout premier film sorti en 2013 : Les dossiers Warren.
Cependant, ces films ne se contentent pas de raconter leurs enquêtes : ils y ajoutent une touche de fiction, introduisant parfois des monstres ou des histoires jamais rencontrées par les Warren. Un mélange entre réalité et imagination pour frissonner encore plus !
Lilou Marie, Sarah Moreau
et Emma Paumard, 2GTC
« Bad end theater » : un chef-d'œuvre théâtral enfin en version physique
Bad End Theater, un jeu vidéo développé par l’artiste indépendante NomnomNami est sorti en 2021 sur le net aux États-Unis. Il bénéficie, depuis le 4 février 2026, de sa version physique sur console Nintendo Switch.
Dans "Bad End Theater", le joueur incarne un metteur en scène puis choisit quel personnage il veut faire jouer parmi quatre protagonistes : le héros, la jeune fille, le méchant ou un monstre. Chaque personnage interagit avec les autres. Le jeu commence à chaque fois par la disparition de la jeune fille et nous immerge ensuite dans le point de vue et les pensées des autres personnages. Le jeu contient 41 fins qui tournent toujours mal, comme le suggère son titre. Très vite, on s’aperçoit à quel point chacune de nos actions a des conséquences sur les autres personnages et l'on comprend qu’on ne pourra pas tous les sauver. Il existe cependant une fin heureuse, mais elle est très difficile à obtenir.
La grande force de ce jeu est donc d’être très scénarisé. C’est ce que l’on appelle un « Visual Novel à choix multiple ». Un scénario dure entre 2 et 15 minutes.
Une version physique,
pour les vrais fans
"Bad End Theater" est sorti initialement uniquement en version numérique sur plusieurs plateformes comme Steam ou itch.io. Grâce à une bonne rentabilité, ainsi qu’au soutien de la communauté du jeu et de certains streamers comme Farod, le jeu a gagné le droit à sa sortie en version physique sur Nintendo Switch. Outre le jeu, cette édition comprend la bande originale ainsi que plusieurs produits dérivés comme des autocollants à l’effigie des personnages du jeu. En commandant une version physique, les fans apportent leur soutien à la créatrice de "Bad End Theater", avec l’espoir qu’elle envisagera une suite à ce jeu déjà culte. C’est aussi l’occasion de posséder dans sa collection un bel objet, désormais jouable sans connexion internet.
Wallerand Michelet, 1STL
« Life is Strange : Reunion » : la dernière chance de Max et Chloé
« Life is Strange : Reunion », le retour tant attendu de la saga après « Life Is Strange : Double Exposure », est sorti le 26 mars 2026.
Développée par Deck Nine, la licence "Life is Strange" est à l’origine une création du studio français Don't Nod. Le jeu raconte l’histoire de Max Caulfield, une jeune femme qui retourne dans sa ville natale pour étudier la photographie. Un jour, dans les toilettes de son lycée, elle assiste au meurtre de Chloe Price, son amie d’enfance. Elle découvre alors qu’elle possède le pouvoir de remonter le temps, ce qui lui permet de sauver Chloé. Mais ses interventions finissent par dérégler la réalité.
Trois jours pour éviter un drame
Dans "Life is Strange : Reunion", Max et Chloé se retrouvent à l’université de Caledon. Max récupère son pouvoir et doit s’en servir pour éviter une catastrophe imminente. Elle dispose de trois jours pour changer le cours des événements. Le jeu se distingue en étant le premier de la série où Max et Chloé sont toutes deux jouables. Avec Max, on retrouve le gameplay classique basé sur la manipulation du temps. De son côté, Chloé propose une approche différente : ses interactions, souvent conflictuelles, permettent de débloquer certaines situations et d’accéder à de nouvelles zones.
Notre avis
L’histoire est efficace et l’on retrouve avec plaisir la complicité du duo ainsi que l’ambiance du premier opus. Le jeu fait également revenir plusieurs personnages secondaires, comme Safiya, Moses ou Loretta. Quelques défauts sont toutefois à noter : Max est parfois trop mise en avant par rapport à Chloé, et certaines musiques manquent d’impact. De plus, le jeu s’adresse davantage aux fans de la série qu’aux nouveaux joueurs. Malgré cela, l’expérience reste solide et mérite clairement d’être recommandée.
Lola Bazire, 2GTA,
et Lubin Bessonnet, 1ST2SA
Rugby féminin : « combativité, esprit d'équipe et bonne humeur »
Les Dieselles, la section féminine du Havre Rugby Club, est le seul club de rugby féminin du Havre. L'équipe compte une dizaine de cadettes de 15 à 18 ans qui s'entraînent au stade Youri Gagarine. Depuis plusieurs années les Dieselles occupent la première place du Championnat de Normandie à dix joueuses depuis plusieurs années.
"Le rugby est un sport fantastique, qui mêle combativité, stratégie, esprit d’équipe et partage. Il permet aussi de se surpasser avec ses amies, ce qui renforce les liens. Les entraînements se déroulent dans la joie et la bonne humeur.
Pour moi, c’est un moyen de me détendre, me défouler, et de rire avec mes amies. Dans ce sport, je retrouve toujours une ambiance festive et familiale avec, par exemple, des goûters ou repas organisés à la fin des matchs, pour la fameuse troisième mi-temps."
Anna Jones, 2GTC
« Être utile pour créer des souvenirs »
Interview
Simon Libessart, photographe sportif.
Comment êtes-vous devenu photographe sportif ?
Un peu par hasard. Un soir, alors que j'assistais à un match, j’ai "shooté" depuis les tribunes. Depuis, je n’ai plus jamais lâché mon appareil photo. Tous les week-ends, j'allais sur les terrains pour photographier mes amis sportifs. Puis, petit à petit, je me suis fait connaître et les gens ont commencé à m’appeler pour des prestations. Ensuite, fin 2025, je me suis reconverti : j’ai abandonné mes études en Santé sociale pour commencer des études de photographie.
Quels sports photographiez-vous actuellement ?
Principalement du handball : N1, Ligue Butagaz Énergie. Mais je photographie également un peu de football, avec le HAC Football. A l'avenir, j’aimerais travailler davantage en Ligue 1, avec le HAC Football.
Qu’est-ce qui vous motive ?
J’adore raconter des histoires à ma manière, être utile pour créer des souvenirs. Mes photos, un jour, rappelleront un moment à une personne.
Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ?
Le métier de photographe sportif est éprouvant. Il y a le travail préparatoire, le shooting à proprement parler, puis la retouche (post-production). De plus, la réactivité demandée dans ce milieu est très importante : nous devons envoyer les photos rapidement, parfois dans les minutes qui suivent l’action ou l’événement.
Est-il difficile de se faire une place dans ce milieu ?
Il est possible d’être rémunéré pour des prestations de photographe sportif, mais vivre de la photographie est compliqué. Se faire une place dans ce milieu est également difficile : beaucoup de personnes se disent « photographe », mais font des photos « jolies », sans intention. Le monde de la photographie est difficile d’accès, mais avec de la persévérance, tout est possible.
Quel événement vous a le plus marqué ?
Ma première au Stade Océane en Ligue 1 a été l’événement le plus important dans ma carrière de photographe. Ce fut l’accomplissement d’années de sacrifices, de boulot, de doutes, mais surtout de passion.
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait se lancer dans la photographie ?
Mon seul conseil serait de lui dire de se faire plaisir à travers ses clichés. Il faut trouver son style de photo, s’amuser, et tout avancera tranquillement.
Tom Poret et Jules Durecu, 2GTE
Foot féminin : « Se faire repérer grâce à son intelligence de jeu »
Interview
Luna Mahieu, 16 ans, élève en 1GA, joue milieu de terrain.
Comment intègre-t-on le Havre Athlétique Club ?
Le HAC est un club professionnel et un centre de formation. Il possède une section féminine pour différentes catégories d'âge : U9, U13, U15 et U19. Pour l'intégrer, il faut se faire repérer grâce à son niveau et son intelligence de jeu.
Comment vis-tu l'internat ?
Je loge au Centre régional jeunesse et sport (CRJS) avec d'autres sportifs. Je gère bien la vie en communauté même si par moment j’aimerais être seule. Le plus dur est d'être séparé de nos familles.
Et l'alternance lycée-foot ?
J'ai un emploi du temps aménagé. Je quitte le lycée à 10h pour les entraînements et reviens vers midi. Je dois rattraper tous les cours manqués, ce qui est parfois difficile. Il faut être bien organisé. Les week-ends sont aussi très chargés, avec les différents matchs.
Propos recueillis par
Clara Agoutin, Manon Hébert,
Alice Debieu, 2GTE