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Lycée Sainte-Marie, Caen, le 18/05/2026.
Iran : la colère populaire éclate dans tout le pays
De Téhéran aux régions reculées, la contestation s’étend en Iran, portée par la crise économique et le rejet du régime, malgré une répression croissante.
Depuis la fin de l'année 2025, l'Iran traverse une période de fortes tensions marquée par des manifestations d'une ampleur inhabituelle. Dans de nombreuses villes du pays, des milliers de citoyens descendent dans la rue pour exprimer un ras-le-bol devenu impossible à contenir. A l'origine de cette mobilisation on retrouve une crise économique particulièrement difficile notamment avec une inflation très élevée, des pénuries d'eau, des coupures d'électricité, ou encore une hausse du coût de la vie. Mais ce qui n'était au départ qu'une protestation contre des conditions de vie dégradées s'est progressivement transformé en une contestation plus large du régime et de son fonctionnement.
Une crise qui déclenche la colère Pour mieux comprendre ce que vivent les Iraniens aujourd'hui, le témoignage de Bijan, 19 ans, apporte un éclairage précieux. Bien qu'il vive en France, ses parents sont originaires d'Iran et il s'y rendait régulièrement avant la pandémie (Covid 19 en 2020). Ce lien personnel donne une dimension particulière à son regard nourri par l'attachement à un pays et à une culture qu'il connaît bien.
Une répression qui s'intensifie « Les débuts du mouvement n'avaient rien d’exceptionnel en apparence. Les manifestations s'inscrivaient dans une certaine continuité avec d'autres mobilisations déjà observées dans le pays. Les citoyens, notamment les commerçants, exprimaient leur mécontentement face à la dégradation de leurs conditions de vie, souvent sans revendication politique clairement formulée au départ. La journée, la vie suivait son cours, et c'est en soirée que les rassemblements prenaient forme. Cette apparente normalité a cependant rapidement laissé place à une situation bien plus tendue » affirme Bijan.
En effet, à mesure que les manifestations gagnaient en ampleur et en visibilité, la réaction des autorités s'est durcie. C'est à ce moment-là que, selon Bijan, un véritable climat de peur s'est installé. La répression s'est intensifiée, avec des interventions de plus en plus violentes de la part des forces de l'ordre. Des tirs sur des manifestants, des arrestations massives et des restrictions importantes des communications via des coupures d'Internet, ont profondément marqué les esprits. Cette coupure du pays avec le reste du monde a renforcé l'angoisse, en particulier pour les familles vivant à l'étranger, qui se sont retrouvées sans nouvelles de leurs proches pendant plusieurs jours.
La jeunesse en première ligne Le point le plus marquant reste l’ampleur de cette répression. Le nombre de victimes est très élevé et touche en grande partie des jeunes. Étudiants, lycéens, jeunes adultes, une génération entière est aujourd'hui impliquée dans ce mouvement. Ce sont eux qui portent les revendications et qui en subissent aussi les conséquences les plus lourdes.
Face à ces événements, Bijan exprime un mélange de tristesse, de colère et d'incompréhension. Voir des personnes mourir pour avoir demandé d'avantage de liberté l'a profondément marqué. Cela l'a fait réfléchir à son quotidien, notamment à la chance de vivre dans un pays où l'on peut s'exprimer librement. Ce qu'il voyait auparavant comme normal lui paraît à présent beaucoup plus précieux.
Un choc personnel et collectif Pour de nombreux jeunes de la diaspora iranienne (ensemble des iraniens ayant émigré à l'étranger), ces événements ont rendu la situation beaucoup plus concrète. Les coupures d'Internet ont provoqué une angoisse réelle, empêchant toute communication avec leurs proches pendant plusieurs jours.
En Iran, la mobilisation continue malgré les risques. Beaucoup de jeunes refusent d'abandonner, ce qui montre une détermination forte. Comme le souligne Bijan, cette volonté de changement va désormais bien au-delà des difficultés économiques du départ. Les solutions restent difficiles à envisager. Si le besoin de changement semble évident, la manière d'y parvenir divise. Une intervention extérieure peut sembler utile, mais inquétante aussi, car elle pourrait aggraver la situation.
Un regard à ne pas détourner Malgré cela, une forme d'espoir persiste. Le fait que les jeunes continuent de se mobiliser montre qu'ils refusent de rester silencieux. Pour Bijan, cet engagement est déjà un signe important, même si les résultats ne sont pas immédiats. Enfin, ces événements invitent à réfléchir à notre propre regard. Ils rappellent que certaines réalités, même lointaines, peuvent concerner directement des personnes autour de nous. S'informer et en parler permet déjà de ne pas rester indifférent.
Les révoltes en Iran ne se résument pas à un simple mouvement de protestation. Elles traduisent le combat d'une jeunesse qui cherche à se faire entendre, malgré les risques, et qui continue de croire en un possible changement.
Tifenn Bidon, Lily-Belle Desloges
Une crise qui déclenche la colère Pour mieux comprendre ce que vivent les Iraniens aujourd'hui, le témoignage de Bijan, 19 ans, apporte un éclairage précieux. Bien qu'il vive en France, ses parents sont originaires d'Iran et il s'y rendait régulièrement avant la pandémie (Covid 19 en 2020). Ce lien personnel donne une dimension particulière à son regard nourri par l'attachement à un pays et à une culture qu'il connaît bien.
Une répression qui s'intensifie « Les débuts du mouvement n'avaient rien d’exceptionnel en apparence. Les manifestations s'inscrivaient dans une certaine continuité avec d'autres mobilisations déjà observées dans le pays. Les citoyens, notamment les commerçants, exprimaient leur mécontentement face à la dégradation de leurs conditions de vie, souvent sans revendication politique clairement formulée au départ. La journée, la vie suivait son cours, et c'est en soirée que les rassemblements prenaient forme. Cette apparente normalité a cependant rapidement laissé place à une situation bien plus tendue » affirme Bijan.
En effet, à mesure que les manifestations gagnaient en ampleur et en visibilité, la réaction des autorités s'est durcie. C'est à ce moment-là que, selon Bijan, un véritable climat de peur s'est installé. La répression s'est intensifiée, avec des interventions de plus en plus violentes de la part des forces de l'ordre. Des tirs sur des manifestants, des arrestations massives et des restrictions importantes des communications via des coupures d'Internet, ont profondément marqué les esprits. Cette coupure du pays avec le reste du monde a renforcé l'angoisse, en particulier pour les familles vivant à l'étranger, qui se sont retrouvées sans nouvelles de leurs proches pendant plusieurs jours.
La jeunesse en première ligne Le point le plus marquant reste l’ampleur de cette répression. Le nombre de victimes est très élevé et touche en grande partie des jeunes. Étudiants, lycéens, jeunes adultes, une génération entière est aujourd'hui impliquée dans ce mouvement. Ce sont eux qui portent les revendications et qui en subissent aussi les conséquences les plus lourdes.
Face à ces événements, Bijan exprime un mélange de tristesse, de colère et d'incompréhension. Voir des personnes mourir pour avoir demandé d'avantage de liberté l'a profondément marqué. Cela l'a fait réfléchir à son quotidien, notamment à la chance de vivre dans un pays où l'on peut s'exprimer librement. Ce qu'il voyait auparavant comme normal lui paraît à présent beaucoup plus précieux.
Un choc personnel et collectif Pour de nombreux jeunes de la diaspora iranienne (ensemble des iraniens ayant émigré à l'étranger), ces événements ont rendu la situation beaucoup plus concrète. Les coupures d'Internet ont provoqué une angoisse réelle, empêchant toute communication avec leurs proches pendant plusieurs jours.
En Iran, la mobilisation continue malgré les risques. Beaucoup de jeunes refusent d'abandonner, ce qui montre une détermination forte. Comme le souligne Bijan, cette volonté de changement va désormais bien au-delà des difficultés économiques du départ. Les solutions restent difficiles à envisager. Si le besoin de changement semble évident, la manière d'y parvenir divise. Une intervention extérieure peut sembler utile, mais inquétante aussi, car elle pourrait aggraver la situation.
Un regard à ne pas détourner Malgré cela, une forme d'espoir persiste. Le fait que les jeunes continuent de se mobiliser montre qu'ils refusent de rester silencieux. Pour Bijan, cet engagement est déjà un signe important, même si les résultats ne sont pas immédiats. Enfin, ces événements invitent à réfléchir à notre propre regard. Ils rappellent que certaines réalités, même lointaines, peuvent concerner directement des personnes autour de nous. S'informer et en parler permet déjà de ne pas rester indifférent.
Les révoltes en Iran ne se résument pas à un simple mouvement de protestation. Elles traduisent le combat d'une jeunesse qui cherche à se faire entendre, malgré les risques, et qui continue de croire en un possible changement.
Tifenn Bidon, Lily-Belle Desloges

