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Lycée Sainte-Marie, Caen, le 27/01/2026.

Les internes en médecine : l'envers du décor hospitalier

Avec le refus du CHU nous n'avons pas pu rencontrer ce qui chaque jours apprennent à sauver des vies : cela dit nous vous proposons le point de vue d'une infirmière sur les internes.
Depuis maintenant plusieurs années, le CHU de Caen forme les étudiants en médecine et leur apprend à sauver des vies. Les internes sont des médecins en formation, qui ont validé leurs 6 premières années d'études médicales. Un service se compose d'au moins un interne et d'un encadrant. Selon leurs spécialités et leurs expériences en internat, ils suivent les patients, réalisent des interventions chirurgicales, pratiquent des soins. Ils peuvent aussi évoluer, par exemple, dans des services de laboratoire ou de radiologie.

Mais depuis plusieurs mois, le CHU souffre de tensions internes. En effet, depuis le 3 novembre dernier, le service des urgences du CHU de Caen fonctionne sans internes, une mesure exceptionnelle motivée par un manque d'encadrement. Nous sommes alors en droit de nous poser la question suivante : quelles sont les motivations de cette décision radicale ? Malheureusement suite au refus du service de communication du CHU, nous n'avons pas pu interroger les principaux concernés.

Pour répondre à cette question nous avons donc interrogé une infirmière confirmée.
A quoi ressemble le quotidien des internes dans un service ?
Leur quotidien se résume à la prise en charge globale des patients. Ils sont en collaboration étroite avec le reste de l'équipe soignante, s'occupent d’ausculter les patients et participent à leurs prescriptions. Ils sont sous la responsabilité des séniors qui eux, sont censés valider leurs prescriptions.
Quels sont vos relations avec les internes ? Pourquoi ?
Nous tra­vaillons en étroite col­la­bo­ra­tion car les infir­mières utilisent les pres­crip­tions médi­cales faites par les internes et qui normalement validées par les séniors.
Comment voyez-vous la surcharge sur les internes ?
Ils ont une pression par rapport aux patients car cela concerne des vies. Travaillant sous la responsabilité des séniors, ils entrainent donc la responsabilité de ces médecins. Ils ont aussi une pression de l'équipe soignante dont les infirmières car si leurs prescriptions médicales sont invalidées par les séniors, cela peut retarder la prise en charge des patients et être un risque d'erreur. Ils restent plus longtemps au CHU car ils doivent préparer les dossiers à présenter le lendemain au staff. Ils ont notamment leurs études à côté où ils doivent valider leur semestre.

Ayant travaillé au CHR de Bayeux, je peux noter une différence de charge de travail notamment du fait qu'il y ait moins de patients donc moins d'internes dans un même service. Les internes peuvent donc se sentir un peu plus encadrés.
Pourquoi un tel choix ? Cette interview nous a permis de mettre en lumière le rythme des internes du CHU ainsi que la pression qu'ils vivent au quotidien. En effet, le CHU manque d'encadrement, ce qui peut expliquer le manque d'internes depuis maintenant plus d'un an et la décision radicale du CHU de ne plus en recruter.

Cela est donc alarmant pour le système de santé publique car le manque de personnel pour former de nouveaux médecins signifie qu'il en aura peut-être moins de praticiens à l'avenir.
Nathan Guesnay, Lenny Caillot
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