Lycée Sainte-Marie, Caen, le 27/01/2026.

Les pestiférées du football

Le football a toujours été un sport très populaire, pourtant sa version féminine a, quant à elle, du mal à se faire entendre, même aujourd'hui.
Match de football féminin 2023 (Crédit photo : Bertrand Sallard)
Bertrand Sallard
Match de football féminin 2023

Le football féminin, apparu au XIXe siècle en Grande-Bretagne, reste malgré tout très peu développé. Au cours des années 1900, il a connu un développement confirmé pendant la Première Guerre Mondiale. Le premier match public est joué en 1917 et réunit près de 10 000 spectateurs. Malgré ce succès, de nombreux sportifs, médecins et éducateurs de l'époque critiquent les footballeuses, sans raison particulière.
Alors que le football masculin gagne en popularité notamment grâce à la première Coupe du Monde dans les années 30 en Uruguay, le football féminin reste confidentiel. Durant le régime de Vichy, en 1941, le football est interdit aux femmes. Il faut attendre les années 1970 pour que la pratique féminine soit de nouveau reconnue par les fédérations.
Aujourd'hui, ce sport est beaucoup plus reconnu. De plus en plus de clubs ouvrent des pôles féminins pour permettre à des joueuses de tous âges de pratiquer. Mais, selon la FFF (Fédération Française de Football), seulement 10 %, soit environ 200 000 joueuses, sont licenciées dans des clubs, contrairement aux joueurs masculin qui représentent plus de 90 % des inscrits dans les clubs pour les moins de 15 ans.
Les compétitions non-reconnues Les compétitions féminines ont longtemps souffert d’un manque de reconnaissance et de moyens financiers. Le Championnat d’Europe féminin, créé en 1984, en est un exemple marquant. Pendant plusieurs décennies, cette compétition a été peu médiatisée et dotée de budgets très limités. Les équipes participantes disposaient de peu de ressources, et certaines joueuses devaient financer elles-mêmes une partie de leurs déplacements ou de leur équipement. Le dernier Championnat d’Europe féminin s’est tenu durant l'été 2025 en Suisse, marquant une étape significative dans l'évolution du football féminin sur la scène internationale. Cе tournoi а bénéficié d’une meilleure couverture médiatique par rapport aux éditions précédentes еt a su attirer un nombre plus important dе spectateurs dans les stades, сe qui témoigne d'un intérêt croissant pour ce sport. Malgré ces progrès, l’Euro féminin 2025 met en évidence des inégalités qui persistent. Les budgets réservés à l'оrganisatiоn et aux équipes restent nеttеment inférieurs à cеuх dеs соmpétitiоns masculines. Cеrtаines équipes ont eхprimé leurs préоcсupatiоns concernant le manque de ressources, nоtamment en ce qui concerne les infrastructures, ou encore les cоnditiоns d’entraînement. De plus, les primes versées aux jоuеuses continuent d'être bien moins élevées que сellеs aсcоrdées aux jоuеurs masculins. Cеttе insuffisance dе finаnсеment а des réperсussiоns dirесtes sur les athlètes, сar de nombreuses jоueuses n’ont pas la possibilité de vivre uniquеmеnt de leur passion pour le fооtball. Certaines dоivеnt jongler entre leur carrière sportive, un emploi, des études ou une famille, cе qui limite leur temps de récupération еt leurs disponibilités.
La passion plus forte que les préjugés Derrière la médiatisation, il y a avant tout des joueuses animées par une véritable passion pour le football. Nous avons eu la chance d'en interviewer deux, qui ont eu des parcours complétement différents. La première, a grandi dans un milieu où le football avait une place centrale. Poussée par ses frères, elle s'inscrit en club à seulement 5 ans et joue donc avec l'équipe masculine jusqu'à ses 15 ans. Subissant de nombreuses critiques dans son groupe, elle tient bon grâce au soutien de ses frères qui en font partie. Malheureusement, à 15 ans, elle part de son club de coeur pour rejoindre une équipe féminine. Son choix n'a pas toujours été compris, « Mes années collège ont été remplies de haine et de discrimination vis-à-vis de mon sport. » déclare Lilou. La deuxième, quant à elle, commence le foot au collège. Élevée par une famille qui ne veut pas qu'elle pratique ce sport, elle entend un jour une amie dire qu'il manque des joueuses dans son équipe et que si elle n'en trouve pas, son équipe féminine va disparaître. Voulant aider son amie, elle y va pour essayer mais reste peu convaincue. À la fin de son premier entraînement, elle qui était peu tentée au début, adore finalement. Elle réussit à convaincre ses parents et rejoint l'équipe de foot. « Je ne la remercierai jamais assez de m'avoir fait découvrir ce sport » dit Lou.
Des souvenirs forts malgré les difficultés Malgré les obstacles, le football féminin offre des moments inoubliables. Pour beaucoup de joueuses, les meilleurs souvenirs sont liés à l'esprit d'équipe et aux émotions ressenties sur le terrain. Un premier but en compétition, une victoire importante, ou simplement la fierté de porter le maillot de son club, restent des moments forts. Certaines expliquent que le football leur a permis de prendre confiance et de s'affirmer. Même si les conditions ne sont pas toujours idéales, ces expériences positives renforcent leur motivation et leur envie de continuer. Le football féminin est donc bien plus qu'un simple sport. Il est un moyen de lutter contre les stéréotypes, de faire évoluer les mentalités et de montrer que le football n'a pas de genre.

Peu importe ce que les gens pensent, si tu as envie de te lancer, fais-le !
Hannah Ramard, Clarisse Sallard
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