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Lycée Emile Zola, Rennes, le 30/01/2026.

Syrie : d’un rêve de liberté à une paix impossible

Un pays brisé entre violence extrême, exil et jeux de pouvoir.
Un camp de réfugiés syriens (Crédit photo : Pexel - Ahmed Akacha)
Pexel - Ahmed Akacha
Un camp de réfugiés syriens
La Syrie est un pays du Moyen-Orient d’environ 23 millions d’habitant, avant la guerre, majoritairement arabe sunnite, mais elle rassemble aussi de nombreuses autres communautés. Elle est entourée par la Turquie au nord, l’Irak à l’est, la Jordanie au sud, l’Israël et le Liban au sud-ouest. Depuis les années 1970, cette dernière est dirigée par le parti Baas, un parti nationaliste arabe dirigé par la famille Assad, qui prétend être « laïque » et « socialiste », « défendre l’unité du monde arabe ».
Le conflit syrien débute par les mouvements pacifiques du Printemps arabe : une vague de révoltes populaires, ayant débutés en décembre 2010, en Tunisie. Ces mouvements se propagent dans d’autres pays arabes tels que l’Egypte, la Libye… pour finir par arriver, en 2011, en Syrie. La chute des présidents égyptiens et tunisiens encourage alors les syriens à agir. Commence alors l’une des guerres civiles les plus meurtrières et les plus destructrices du XXIe siècle.
Pourtant, au départ, tout ressemble aux autres révoltes . Des habitants, principalement des jeunes, descendent dans les rues pour demander plus de réformes, de liberté, dénoncer le chômage et la corruption. Le message est clair : ils veulent pouvoir parler, critiquer et rêver d’un autre avenir que celui imposé par la peur. Mais plutôt que dialoguer, le gouvernement de Bachar al-Assad riposte de façon violente et meurtrière. La colère grandissante, certains manifestants et militaires décident de prendre les armes. C’est la naissance de groupes rebelles qui affirment vouloir protéger la population et faire tomber la dictature. Ainsi, s’oppose l’Armée syrienne libre, les combattants rebelles kurdes et les Forces démocratiques syriennes (FDS) au gouvernement et au Hezbolla.
Mais très vite, la Syrie devient un champ de bataille pour les puissances où se déroulent plusieurs guerres à la fois. La Russie et l’Iran tentent de sauver le régime. Pour la Russie, la Syrie est un ancien allié stratégique qui lui fournit une base militaire en Méditerranée, et frappe sous le prétexte de lutte contre le terrorisme. L'Iran, lui, le soutient pour des raisons religieuses, en “axe de résistance" contre les États-Unis et Israël. L’opposition est quant à elle soutenue par la Turquie, obsédée par la question kurde et très hostile à Assad mais qui lance ensuite des opérations militaires pour éviter une zone indépendante kurde. Enfin, Les États-Unis et leurs alliés agissent contre l’organisation de l’État Islamique (Daech) mais aussi pour surveiller les tensions entre Israël et Irak.
Les nombreuses négociations de paix ayant échoué, environ 13,3 millions de personnes ont émigré. Ceux-ci vivent majoritairement dans une pauvreté extrême. La plupart s’installent d’abord dans les pays voisins. Mais les conditions difficiles, liées au manque de travail, aux écoles saturées, aux loyers très chers, voire aux tensions avec la population locale (racisme), les poussent à entreprendre une expédition vers l'Europe, le plus souvent par la Méditerranée. Ces expéditions sont très périlleuses : nombreux sont ceux qui se noient en embarquant sur des bateaux de fortune en direction de la Grèce ou de l’Italie. Ceux qui réussissent leur exil sont suspendus entre deux mondes : celui qu’ils ont dû fuir et celui qui ne les a pas encore totalement adoptés.
Enfin, dans la nuit du 7 au 8 décembre 2024, Assad quitte Damas suite à un coup d'État et se réfugie en Russie marquant la chute du régime baasiste en place depuis plus de 50 ans. Cela ouvre la voie à un nouveau pouvoir politique, soutenu par les rebelles. Après un gouvernement de transition qui dure jusqu’en mars 2025, Ahmed Al-Charaa, rebelle islamiste issu de l’ancienne branche d’Al-Qaida, devient président sans élections. Il promet de protéger toutes les communautés du chaos et de reconstruire le pays grâce à une transition démocratique.
Les conséquences humaines et matérielles sont catastrophiques. La Syrie autrefois représentée comme un “pays stable” du Moyen-Orient se retrouve au cœur d’une des plus grandes crises humanitaires actuelles. 96 % de la population se retrouve sous le seuil de la pauvreté et 16 millions ont besoin d’aide en urgence. Selon les ONG, le conflit a fait plus de 500 000 morts et entre 200 000 et 300 000 disparus, le plus souvent des civils, notamment dans les prisons du régime, entre 2011 et 2024. Des quartiers, des villes et des centaines d’hôpitaux ont été détruits, laissant des millions de civils sans domicile et soins. Aujourd’hui, même après la chute de Bachar al-Assad, des engins explosifs continuent de tuer : 1200 victimes depuis, surtout dans des zones comme Deirez-Zor ou dans les campagnes. Reconstruire un pays aussi brisé semble presque impossible, entre destructions massives, divisions communautaires et influences étrangères qui persistent.
Salomé ROUSSEAU
et Salwa SIDO
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