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Lycée Frédéric Ozanam, Cesson-Sévigné, le 09/01/2026.
De l’accident à l’écriture : comment transformer une épreuve en force ?
À la découverte de Mustapha Zem, l'homme qui écrit pour se relever.
Dans son roman poignant Les pas perdus, Mustapha Zem nous livre un récit personnel et bouleversant, marqué par un accident qui transforme sa vie. C’est dans la douleur qu’il trouve le chemin de l’écriture, celle qui soigne, celle qui redonne du sens et qui reconnecte à soi. C’est de cette reconnexion avec lui-même que naît sa passion pour l’écriture et son premier roman, paru en 2022. J’ai eu la chance d’interviewer cet auteur franco-marocain, touchant, et aux mots réconfortants.
Comment résumeriez-vous votre roman Les pas perdus ?
“C’est un roman qui se déroule sur environ 40-50 ans, où le but était de raconter mes souvenirs. Il s’agit d’un livre d’introspection et d'autothérapie sur moi et sur mon rapport aux autres, sur ma famille, sur mon époque, sur un jeune enfant doux et obéissant, puis sur un adulte qui va se questionner sur le sens de sa vie, savoir s’il a su désirer sa vie et être maître de ses choix. C’est dans la dernière partie de mon livre que j’aborde cette partie de ma vie qui s’effondre face à un traumatisme crânien, où s’enchainent le divorce, la perte de mon emploi, des lésions cérébrales qui vont m’amener à être un être absolument odieux et agressif. Par cette attitude, je vais non seulement surprendre et choquer mon entourage, même presque les faire fuir.”
Comment espérez-vous que votre roman impacte vos lecteurs ? Y a-t-il un message particulier que vous souhaitez qu’ils retiennent ?
“Mon message n’était pas tant de me lamenter sur ce qui m’est arrivé. Certes, je suis tombé au plus profond des ténèbres. Mais mon message est plutôt universel, c’est un message d’espoir. Après les événements difficiles, il y a une phase de reconstruction, tel un phénix qui renaît de ses cendres, il y a un travail à faire sur soi. Dans ce livre, j’ai voulu m’interroger sur ”Qu’est-ce que la vie a voulu me donner ?”, “Pourquoi la vie me disait de tout remettre à zéro ?”. Dire “Ne lâchez pas aux lecteurs !". Aujourd’hui, les souffrances sont encore présentes, mais écrire m’aide à les surpasser. Le but n’est pas de faire en sorte que ces blessures n’existent plus mais plutôt que ces blessures ne contrôlent plus ma vie.
Pensez-vous que l’écriture peut être un outil pour réconcilier les générations et les cultures ?
“Oui, bien sûr ! Dans mon roman, l’accident n’est que la colonne vertébrale. J’aborde également des dimensions politiques, culturelles et religieuses. Comment vit-on cette double culture ? Quand un enfant est né en France, qu’il va grandir en France, qu’il va faire toute sa scolarité en France mais que chaque été, il va en vacances au Maroc rejoindre sa famille. Dans mon livre, je fais un parallèle avec le contexte actuel qui est tendu et angoissant. Je montre également l’arrivée du populisme et du racisme des années 1970-1980 en faisant un parallèle avec le monde stigmatisé des banlieues d’aujourd'hui. Je raconte avant tout des faits, une réalité”.
Est-ce que le contexte social actuel influence votre manière d’écrire ?
“Le contexte actuel n’influence pas ma façon d’écrire, il m’inspire. A 58 ans, je ne pensais pas vivre dans ce contexte, animé par la montée du racisme et de la peur. Je veux dire à mes lecteurs de ne pas se faire manipuler, de ne pas se laisser distraire par le contexte et les mensonges. Ce qui se passe aux États-Unis par exemple, me choque : le port des armes ou encore la montée de la méfiance envers ses amis, ses collègues. Le principal danger, aujourd’hui, c’est la désinformation. Je suis un citoyen qui s’inquiète”
Avez-vous d’autres projets littéraires en cours dans la continuité de ce roman ou dans un registre différent ?
“Mon 2ème livre est terminé, il est en cours de validation par mon éditeur. Je l’ai terminé depuis 4-5 mois. Ce que je vais vous dire, je ne l’ai encore révélé à personne, aucun média, pas même à mes proches. Mon second roman est une histoire fictive où je raconte l’histoire de Mathieu et de sa femme Julie. Mathieu est un homme travaillant dans le monde de l’entreprise, du management précisément, qui est un milieu toxique. Mathieu va vivre un burn-out. Ce livre révèle un contexte d’opportunisme et de solidarité, mélangeant divers sujets dans un contexte politique et social particulier. Cette fiction, je l’ai écrite à la façon de George Orwell”
Si vous avez été touché par le portrait de Mustapha Zem, vous pouvez retrouver son roman autobiographique Les Pas Perdus éditions JC Lattès, dans la collection La Grenade, et qui compte 384 pages en librairie ou encore l'adaptation cinématographique de sa vie, Les Miens, réalisée par Roschdy Zem et sorti en 2022.
Elodie DEBAINS (TC)
Comment résumeriez-vous votre roman Les pas perdus ?
“C’est un roman qui se déroule sur environ 40-50 ans, où le but était de raconter mes souvenirs. Il s’agit d’un livre d’introspection et d'autothérapie sur moi et sur mon rapport aux autres, sur ma famille, sur mon époque, sur un jeune enfant doux et obéissant, puis sur un adulte qui va se questionner sur le sens de sa vie, savoir s’il a su désirer sa vie et être maître de ses choix. C’est dans la dernière partie de mon livre que j’aborde cette partie de ma vie qui s’effondre face à un traumatisme crânien, où s’enchainent le divorce, la perte de mon emploi, des lésions cérébrales qui vont m’amener à être un être absolument odieux et agressif. Par cette attitude, je vais non seulement surprendre et choquer mon entourage, même presque les faire fuir.”
Comment espérez-vous que votre roman impacte vos lecteurs ? Y a-t-il un message particulier que vous souhaitez qu’ils retiennent ?
“Mon message n’était pas tant de me lamenter sur ce qui m’est arrivé. Certes, je suis tombé au plus profond des ténèbres. Mais mon message est plutôt universel, c’est un message d’espoir. Après les événements difficiles, il y a une phase de reconstruction, tel un phénix qui renaît de ses cendres, il y a un travail à faire sur soi. Dans ce livre, j’ai voulu m’interroger sur ”Qu’est-ce que la vie a voulu me donner ?”, “Pourquoi la vie me disait de tout remettre à zéro ?”. Dire “Ne lâchez pas aux lecteurs !". Aujourd’hui, les souffrances sont encore présentes, mais écrire m’aide à les surpasser. Le but n’est pas de faire en sorte que ces blessures n’existent plus mais plutôt que ces blessures ne contrôlent plus ma vie.
Pensez-vous que l’écriture peut être un outil pour réconcilier les générations et les cultures ?
“Oui, bien sûr ! Dans mon roman, l’accident n’est que la colonne vertébrale. J’aborde également des dimensions politiques, culturelles et religieuses. Comment vit-on cette double culture ? Quand un enfant est né en France, qu’il va grandir en France, qu’il va faire toute sa scolarité en France mais que chaque été, il va en vacances au Maroc rejoindre sa famille. Dans mon livre, je fais un parallèle avec le contexte actuel qui est tendu et angoissant. Je montre également l’arrivée du populisme et du racisme des années 1970-1980 en faisant un parallèle avec le monde stigmatisé des banlieues d’aujourd'hui. Je raconte avant tout des faits, une réalité”.
Est-ce que le contexte social actuel influence votre manière d’écrire ?
“Le contexte actuel n’influence pas ma façon d’écrire, il m’inspire. A 58 ans, je ne pensais pas vivre dans ce contexte, animé par la montée du racisme et de la peur. Je veux dire à mes lecteurs de ne pas se faire manipuler, de ne pas se laisser distraire par le contexte et les mensonges. Ce qui se passe aux États-Unis par exemple, me choque : le port des armes ou encore la montée de la méfiance envers ses amis, ses collègues. Le principal danger, aujourd’hui, c’est la désinformation. Je suis un citoyen qui s’inquiète”
Avez-vous d’autres projets littéraires en cours dans la continuité de ce roman ou dans un registre différent ?
“Mon 2ème livre est terminé, il est en cours de validation par mon éditeur. Je l’ai terminé depuis 4-5 mois. Ce que je vais vous dire, je ne l’ai encore révélé à personne, aucun média, pas même à mes proches. Mon second roman est une histoire fictive où je raconte l’histoire de Mathieu et de sa femme Julie. Mathieu est un homme travaillant dans le monde de l’entreprise, du management précisément, qui est un milieu toxique. Mathieu va vivre un burn-out. Ce livre révèle un contexte d’opportunisme et de solidarité, mélangeant divers sujets dans un contexte politique et social particulier. Cette fiction, je l’ai écrite à la façon de George Orwell”
Si vous avez été touché par le portrait de Mustapha Zem, vous pouvez retrouver son roman autobiographique Les Pas Perdus éditions JC Lattès, dans la collection La Grenade, et qui compte 384 pages en librairie ou encore l'adaptation cinématographique de sa vie, Les Miens, réalisée par Roschdy Zem et sorti en 2022.
Elodie DEBAINS (TC)

