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Lycée Jean Guéhenno (LEGT), Fougères, le 09/02/2026.

Portable disparu, attention retrouvée ? Le lycée au bout du fil


Faut-il interdire les téléphones portables dans les lycées ? (Crédit photo : Pixabay - JESHOOTS-com)
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Faut-il interdire les téléphones portables dans les lycées ?
Depuis plusieurs mois, la question de l’interdiction du téléphone portable au lycée revient au cœur du débat public. Après l’école et le collège en 2018, le gouvernement envisage désormais de durcir les règles pour les lycéens, notamment avec l’expérimentation de casiers sécurisés dans certains établissements. Présentée comme une mesure pédagogique, cette initiative révèle surtout un profond désaccord entre générations.
Pour les partisans de l’interdiction, le téléphone est devenu un frein évident à l’attention en classe. Il détourne les élèves de leur travail, concurrence la parole du professeur et alimente le stress scolaire. Plusieurs études soulignent son rôle dans la dispersion cognitive et le cyberharcèlement. Le neuroscientifique Stanislas Dehaene rappelle d’ailleurs que le cerveau adolescent est particulièrement sensible aux sollicitations constantes, ce qui rend la concentration plus difficile.
Certains élèves partagent ce point de vue. « Quand les téléphones sont interdits, on se concentre mieux et on échange plus entre nous », témoigne une élève de première. Pour elle, cette règle n’est pas vécue comme une punition, mais comme un cadre qui aide à travailler.
Mais l’interdiction ne fait pas l’unanimité. D’autres lycéens estiment qu’elle ne tient pas compte de leur réalité. Le téléphone est aussi un outil d’organisation et parfois de travail scolaire. Des applications comme Kahoot sont déjà utilisées en classe, et une interdiction totale pourrait freiner certains usages pédagogiques.
« On nous demande d’être responsables, mais on nous enlève toute autonomie », explique une élève de terminale. « Le problème, ce n’est pas le téléphone, c’est la façon dont on l’utilise. »
Le débat dépasse donc la simple question du règlement. Les enseignants eux-mêmes sont divisés entre ceux qui réclament une protection claire face aux distractions numériques et ceux qui préfèrent une approche plus éducative. Le sociologue François Dubet souligne que l’école ne peut pas seulement interdire ce qui fait partie du quotidien des adolescents, mais qu’elle doit aussi apprendre à les accompagner.
De plus en plus de spécialistes plaident ainsi pour une éducation au numérique, fondée sur un dialogue entre l’école et les familles. Sensibiliser aux effets des écrans, apprendre à gérer son temps et ses notifications, instaurer des règles cohérentes : ces solutions visent à responsabiliser plutôt qu’à sanctionner.
Le téléphone devient alors le symbole d’une école en tension, partagée entre la volonté de protéger et la nécessité de s’adapter à un monde numérique omniprésent. Interdire peut sembler efficace à court terme, mais ne suffit peut-être pas à répondre aux enjeux plus profonds. Le débat reste ouvert, tandis que les lycéens continuent d’évoluer dans un monde où l’écran fait désormais partie du quotidien.
Théodore GALLE, TGD
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