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Lycée Simone Veil, Liffré, le 03/04/2026.

Les élections municipales vues par le prisme des médias

Tous les six ans, les élections municipales monopolisent les colonnes des journaux. Le rôle des médias est alors de relayer les visions et projets de chaque candidat. Rencontre avec Sébastien Grosmaître, rédacteur en chef chez Ouest-France.
Sébastien Grosmaître, rédacteur en chef chez Ouest-France (Crédit photo : Vincent MICHEL)
Vincent MICHEL
Sébastien Grosmaître, rédacteur en chef chez Ouest-France
Pourquoi cette élection est-elle la préférée des français ? L'est-elle toujours ?
C'est l'élection la plus populaire, avec les présidentielles. Elle est celle qui permet d'élire les maires, qui sont des élus de proximité, en qui les habitants ont confiance. Depuis la période du COVID, il y a tout de même une érosion de cette confiance, ce qui a conduit à une société moins apaisée ces dernières années : des maires ont pu être pris à parti et parfois agressés.
En raison des diverses actualités politiques et géopolitiques, quels ont été les enjeux du scrutin cette année ?
Le premier enjeu a été la capacité à mobiliser des habitants pour qu'ils soient candidats sur des listes. On pouvait s'inquiéter quant au nombre de volontaires, mais, finalement, il y en a eu plus ou moins autant cette année qu'en 2020 et en 2014. En revanche, plus de 90 % des communes de France n'ont disposé que d'une seule liste électorale. Le deuxième enjeu a été la mobilisation des électeurs, et l'on constate qu'il y a eu, malheureusement, beaucoup d'abstention en 2026. C'est en grande partie dû au problème des listes uniques dans les communes. Enfin, parmi les thématiques majeures de ces élections, on peut retrouver, dans les grandes villes, l'insécurité, l'accès à la santé, le coût de la vie et du logement quand, dans les communes moins peuplées, les problématiques centrales ont été les services de proximité, la mobilité, et à nouveau l'accès au soin.
Quels dispositifs ont été mis en place par Ouest-France à l'occasion des élections, et comment s'organiser, en temps que média, pour couvrir un tel évènement ?
Nous nous sommes d'abord organisés pour pouvoir collecter l'information. Il y a eu 900 000 candidats, et nous avons essayé de les annoncer en temps réel par dizaines de milliers sur notre plateforme. Il fallait relayer, à la fois, les annonces de candidatures, les programmes, et les débats, ce qui a été la priorité de notre couverture depuis 1 an. Nous avons donc enquêté sur tous les sujets importants de la vie de proximité (par exemple, qu'est-ce que subir l'insécurité en zone urbaine ? comment se loger en périphérie des grandes villes et ce que cela suppose ? et plus encore), pour faire émerger la vraie vie des habitants, dans tous types de milieux. Nous avons comme principe de relayer une information vérifiée, et d'agir en tant que média d'explication, et non d'opinion, le tout en essayant de toucher chaque génération via nos différents types de médias.
Ces derniers mois, certains candidats se sont démarqués via leur usage des réseaux sociaux afin de promouvoir leur programme. Les journaux et autres médias traditionnels ont-ils toujours un impact significatif sur les élections ?
Notre approche est de relayer les élections municipales, dans le pluralisme des candidatures et des débats, nous cherchons donc à faire vivre la contradiction et à refléter la réalité d'une campagne électorale. Nous restons donc observateurs de la façon dont peut se dérouler une campagne. Cependant, on sait que les réseaux sociaux ont une importance croissante, notamment pour les candidats, dans la capacité à faire percevoir les atouts de leur candidature, en particulier chez les citoyens qui ne s'informent pas via les médias traditionnels, ce qui représente une part notable de la population. Les réseaux ont alors permis à des candidats de faire augmenter leur influence au sein de leur ville. Cela dit, cela ne suffit pas : un candidat doit tout de même être sur le terrain, et son programme être partagé par les voies classiques.
Comment évolue le rapport des jeunes à la politique ?
La jeune génération a un engagement fort au sein d'actions militantes, reliées à des causes qu'ils prennent à cœur. On les voit surtout émerger dans des partis plus à l'extrême de l'échiquier politique, dans des bulles d'opinion correspondant à une polarisation de la société.
Quelles conclusions peut-on tirer du taux d’abstention sur le rapport des citoyens à la démocratie ?
Il y a une défiance envers la démocratie qui a progressé ces dernières années, et elle est multifactorielle. Elle peut venir de la perception que la politique n'a pas toujours une capacité d'agir sur le réel, nous faisant alors nous demander si voter sert vraiment. Elle peut aussi puiser ses racines dans le sentiment que la démocratie est perfectible, car certains peuvent avoir l'impression que leur vote et leurs idées ne sont pas vraiment prises en compte. Il peut également y avoir une défiance par rapport à une certaine classe politique, qui peut être perçue comme privilégiée ou profitant du système, quand le système représentatif n'a pas la capacité de pouvoir changer le quotidien des citoyens.Ces raisons peuvent expliquer pourquoi certains se sont éloignés de la vie citoyenne, d'autant plus que les réseaux sociaux alimentent souvent leurs usagers en fausses informations et échanges défiants à l'égard de la politique.
Etan Bouvet
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