Lycée Victor et Helene Basch, Rennes, le 03/04/2026.

Et vous, votre première fois ?

Un bulletin, une enveloppe… et beaucoup d’incertitudes.
À 18 ans, le premier vote Entre hésitation, influence familiale et sentiment citoyen, des jeunes racontent leur entrée dans les urnes à Rennes.
Passer pour la première fois dans l’isoloir marque une étape importante de la vie citoyenne. Pourtant, entre manque d’informations, pression de l’entourage et désintérêt pour certaines élections, les jeunes ne vivent pas tous ce moment de la même façon selon des témoignages.
Au lycée Victor-Hélène-Basch, plusieurs jeunes majeurs lycéens ont accepté de raconter leur première expérience de vote. Entre engagement hésitant et choix parfois approximatifs, leurs témoignages révèlent une réalité nuancée.
Une première fois déstabilisante Pour une jeune lycéenne interrogée, le souvenir reste flou : « C’était étrange, je ne savais pas trop ce qui m’arrivait. »
Venue voter pour les élections municipales à Rennes, elle explique s’être retrouvée face à onze listes différentes, rendant le choix difficile. Malgré une préparation en amont, elle dit avoir étudié les listes mais le moment reste déstabilisant, notamment par manque d’accompagnement lors du vote.
Le poids des parents Comme beaucoup de jeunes, elle reconnaît avoir été influencée : « Oui, un peu par mes parents… je ne savais pas trop quoi choisir. »
Un constat partagé par plusieurs étudiants interrogés. Dans un groupe de BTS, certains admettent que leur premier vote a été guidé par leur entourage, tandis que d’autres revendiquent une décision personnelle.
Entre engagement et distance Aucun des jeunes interrogés ne se dit engagé dans un parti politique. Pourtant, certains s’impliquent ponctuellement : l’un d’eux raconte avoir déjà distribué des tracts pour un mouvement de gauche. Selon les votants, la préparation varie : certains étudient sérieusement les programmes, d’autres reconnaissent voter « le moins pire ». Dans ce même groupe, l’un plaisante en disant d’un ton léger : « Je me suis senti citoyen… mais en rigolant. »
Voter… ou s’abstenir Tous ne franchissent pas le pas. Un étudiant explique ne pas avoir voté faute de papiers nécessaires ; l’accès à la nationalité française peut être compliquée et certains ne sont pas inscrits sur les bonnes listes. Un autre évoque un manque d’intérêt : « Il n’y avait qu’une seule liste, c’était déjà joué. »
Un acte important, mais pas décisif Pour beau­coup, le vote reste un geste impor­tant… mais pas tou­jours déter­mi­nant. « C’est impor­tant, mais ça ne change pas une vie  », résume une jeune élec­trice. D’autres estiment que les muni­ci­pales sont per­çues comme moins essen­tielles que les pré­si­den­tielles.
Ces situa­tions illus­trent les limites de la par­ti­ci­pa­tion chez les jeunes, entre contraintes admi­nis­tra­tives et sen­ti­ment d’in­uti­lité.
À l’in­verse, un étu­diant insiste : « Ça peut chan­ger des vies, voire en sau­ver. »
Entre convic­tion, doute et réa­lisme, le pre­mier vote marque sur­tout le début d’un rap­port per­son­nel et par­fois fra­gile à la démo­cra­tie.
Jade MELLANO,
Jeanne ROLLAND,
Colin ROUSSEAU-GUEUTIN

Sources : Micro-trot­toirs réa­li­sés au lycée Vic­tor & Hélène Basch auprès de jeunes majeurs, étu­diants en BTS ou lycéens.
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