Journal des Lycées > L'actualité des lycées
> Ille-et-Vilaine > Maison de l'Europe de Rennes et Haute Bretagne > Les articles > Quand la désinformation fait vaciller la démocratie : le cas de la Roumanie
Maison de l'Europe de Rennes et Haute Bretagne, Rennes, le 17/04/2026.
Quand la désinformation fait vaciller la démocratie : le cas de la Roumanie
En novembre 2024, la Roumanie a été confrontée à une situation exceptionnelle : l’annulation de son élection présidentielle. Ce cas soulève une question essentielle : jusqu’où les fausses informations peuvent-elles influencer une démocratie ?
CC0 1.0 AUR Alianța pentru Unirea Românilor
Călin Georgescu lors d'une conférence de presse, en mars 2025.
À quelques semaines de l'élection présidentielle roumaine en décembre 2024, le candidat indépendant d’extrême droite, Călin Georgescu, était encore marginal dans les sondages. Pourtant, il est arrivé en tête du premier tour avec près de 23 % des voix, après une campagne numérique intense. Les autorités roumaines évoquent « de multiples irrégularités et violations de la législation électorale qui ont faussé le caractère libre et équitable du vote des citoyens ». Sous-entendu, une opération d’ingérence étrangère, reposant sur la diffusion massive de contenus mensongers sur TikTok visant à influencer l’opinion publique.
L'ombre du Kremlin Un vaste réseau d'influenceurs, proches des cercles pro-russes, a été mobilisé. Une particularité apparaît : ils ne mentionnent jamais directement le nom de Georgescu. Mais sous leurs vidéos, les commentaires sont largement saturés de messages favorables à ce dernier. Des comptes utilisant des logos d'institutions officielles ont également été créés afin de faire croire que Călin Georgescu avait le soutien de ces organisations.
Une annulation historique Face à ces éléments, la Cour constitutionnelle décide le 6 décembre 2024 d’annuler le scrutin, une première historique. Elle estime que les conditions d’une élection libre et équitable n’étaient plus réunies, notamment, en raison d’un déséquilibre entre les candidats et d’une altération du vote des citoyens. Cette décision, rare dans une démocratie européenne, met en lumière un enjeu majeur : la désinformation peut aujourd’hui fragiliser directement les processus démocratiques. À travers les réseaux sociaux, des acteurs peuvent orienter les perceptions, amplifier certains discours et créer des dynamiques artificielles. Si cette annulation vise à protéger la démocratie, elle alimente aussi la défiance envers les institutions, certains responsables politiques dénonçant une confiscation du vote. Le cas roumain dépasse ainsi ses frontières et pose une question essentielle : comment garantir des élections libres à l’ère du numérique ?
Jean Guichard, Amélie MenouxMaison de l'Europe de Rennes
et Haute Bretagne
L'ombre du Kremlin Un vaste réseau d'influenceurs, proches des cercles pro-russes, a été mobilisé. Une particularité apparaît : ils ne mentionnent jamais directement le nom de Georgescu. Mais sous leurs vidéos, les commentaires sont largement saturés de messages favorables à ce dernier. Des comptes utilisant des logos d'institutions officielles ont également été créés afin de faire croire que Călin Georgescu avait le soutien de ces organisations.
Une annulation historique Face à ces éléments, la Cour constitutionnelle décide le 6 décembre 2024 d’annuler le scrutin, une première historique. Elle estime que les conditions d’une élection libre et équitable n’étaient plus réunies, notamment, en raison d’un déséquilibre entre les candidats et d’une altération du vote des citoyens. Cette décision, rare dans une démocratie européenne, met en lumière un enjeu majeur : la désinformation peut aujourd’hui fragiliser directement les processus démocratiques. À travers les réseaux sociaux, des acteurs peuvent orienter les perceptions, amplifier certains discours et créer des dynamiques artificielles. Si cette annulation vise à protéger la démocratie, elle alimente aussi la défiance envers les institutions, certains responsables politiques dénonçant une confiscation du vote. Le cas roumain dépasse ainsi ses frontières et pose une question essentielle : comment garantir des élections libres à l’ère du numérique ?
Jean Guichard, Amélie MenouxMaison de l'Europe de Rennes
et Haute Bretagne

