Le "Bryand", parcours de "Baby Doc"

Fabrice Bryand, Nantais de 62 ans, a réussi à exercer et vivre de ses deux passions. Entre foot et médecine, l’ancien médecin de l’équipe de France et du FC Nantes a répondu à nos questions en exclusivité.
Fabrice Bryand, médecin sportif (Crédit photo : Léonie Schubert)
Dans les années 80, la médecine sportive n’était pas celle d’aujourd’hui. Quasiment inexistante et vue comme « balbutiante », affirme Fabrice Bryand. Ce sont les « éléments de la vie » qui lui ont permis de mener à bien ce rêve. Ancien joueur du FC Nantes, son diplôme d’entraîneur en poche, il devient rapidement médecin spécialisé dans le sport et, à 27 ans, il est le plus jeune médecin sportif de France. Son entrée en tant que médecin au FC Nantes est due à « un concours de circonstances », dit-il.

Depuis la sixième, la médecine est une évidence pour Fabrice Bryand. Pourtant issu d'une famille n'ayant aucun rapport avec le domaine de la santé, après l’obtention de son bac, il entre à la faculté de médecine de Nantes. A l'époque, le "PASS" d'aujourd'hui se nommait "PCEM" et les différentes filières était divisé par groupes. Les mieux placés avait accès en prioritaire au filières du groupe
Premier médecin salarié d'un club de football Il est le premier médecin a devenir salarié d’un club de football et ouvre ainsi la possibilité à ses confrères de bénéficier d’un salaire et d’un contrat. Rapidement surnommé « Baby doc », il est vite reconnu comme un pionnier dans le monde médical du foot. Il soignera les joueurs auprès du FC Nantes pendant plus de 20 ans, jusqu’en 2008. Mais les quelques tensions avec le nouveau président du club, Waldermar Kita, sur la vision de la santé des joueurs l’ont amené à démissionner.
« Sélectionné » en équipes de France ! Par la suite, l’équipe de France va le contacter. D’abord médecin de l’équipe masculine, puis de l’équipe A féminine, Fabrice Bryand continue de pratiquer une double activité. Il conservera, à mi-temps, son activité de médecine générale dans son cabinet, où il exerce encore aujourd’hui, à Carquefou. « Entre un joueur ayant mal à la 3e phalange du 4e doigt de pied, et un jeune de 15 ans à qui on doit annoncer une leucémie, il était important de continuer à voir la vraie vie » pour se rendre compte que le sport de haut niveau reste souvent dans « un monde à part, déconnecté » précise-t-il. Malgré des semaines de travail de 7 jours sur 7, il a réussi à garder un « équilibre de vie » au travers du soutien apporté par sa famille et des souvenirs inoubliables qu’il s’est créé au fil du temps et de ses voyages.
Footballeurs, bêtes comme leurs pieds ? Pour Fabrice Bryand, l’expression « les footballeurs sont bêtes comme leurs pieds » n’est qu’une caricature. Le foot, issu d’un milieu populaire, est souvent associé à un niveau d’études peu élevé. Pourtant, un grand nombre de footballeurs ont poursuivi des études universitaires. L’ancien médecin sportif le dit lui-même, « quand on parle d’intelligence, nous pensons forcément à l’intelligence scolaire, mais il en existe bien d’autres, l’intelligence émotionnelle, de situation et dans le foot, une intelligence de jeu ». Il estime qu’il n’y a pas besoin de faire de grandes études pour acquérir une « richesse » culturelle, intellectuelle et sociale.
Entre accidents de la vie, souvenirs joyeux et parfois tristes, Fabrice Bryand se voit comme un « technicien du football » qui suit l’évolution de ses joueurs, mais également un « humaniste avec les joueurs » qu’il a accompagnés tout au long de sa carrière avec lesquels il a créé des affinités et des relations parfois filiales.
Les femmes ont toute leur place A la question « que pensez-vous de la place des femmes dans le foot ? » Fabrice Bryand a confié que le sport féminin était en pleine évolution. Il estime qu’il ne faut pas voir le football féminin avec les « yeux du football masculin ». Les filles abordent un jeu plus fluide et technique qui n’est pas comparable à la manière de jouer des garçons plus brusque et forte. Pour ce médecin précurseur et innovateur, la place des femmes dans le foot doit largement se développer. L’idée que la danse serait réservée aux filles et le foot aux garçons est à bannir et doit encore être combattue.
Vivre ses rêves et ses envies Ce médecin, qui a rapidement été embarqué dans le monde du sport de haut niveau, a su garder une grande humilité, sensibilité et simplicité. Il porte une attention aussi forte et entière aux patients de son cabinet car chacun à sa place dans la société, qu’on soit star du football ou non. Selon lui, s’il en est arrivé là c’est « parce qu’il s’est donné les moyens de vivre ses rêves et ses envies sans jamais oublier d’y croire ».
Précieux conseil à méditer en ces périodes d’examens pour tous les lycéens !
Léonie SCHUBERT. 2D4
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