Lycée Notre Dame d'Espérance, Saint-Nazaire, le 22/05/2026.

Le tardigrade ou l'animal du progrès

Comment un si petit animal pourrait améliorer le traitement du cancer ?
Un tardigrade vu au microscope (Wikimédia CC BY 2.5 Schokraie E, Warnken U, Hotz-Wagenblatt A, Grohme MA, Hengherr S, et al. (Crédit photo : 2012)
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Un tardigrade vu au microscope (Wikimédia CC BY 2.5 Schokraie E, Warnken U, Hotz-Wagenblatt A, Grohme MA, Hengherr S, et al.
Le tardigrade ou ourson d'eau est un animal microscopique. Il se démarque par sa capacité à résister à des températures extrêmes allant de -272°C à +150°C, au vide spatial, à de fortes radiations et à la déshydratation quasiment totale. Cette espèce extraordinaire possède un super pouvoir : la cryptobiose.
Face à des conditions extrêmes, il se rétracte et perd 99,6 % de son eau. Ce processus de défense peut se répéter indéfiniment et lui permet de survivre en toute situation. De plus, le temps durant lequel il reste en cryptobiose n'est pas déduit de son espérance de vie.
Le tardigrade pour une résistance accrue Le tardigrade possède des protéines appelées Dsup ou damage suppressor. Elles sont uniques à certaines espèces et protègent son ADN des radiations et de la déshydratation tel un bouclier. Dsup se place autour des chromosomes et prévient les cassures en agissant directement sur les rayons X, les UV... Par conséquent, le tardigrade tolère 2000 à 3000 fois notre dose létale.
Pourquoi pas nous ? Une expérience sur les souris avec la protéine Dsup a été faite en 2025 par des chercheurs du MIT et de l'Université de l'Iowa. L'idée était de tester si Dsup protège les tissus sains en radiothérapie sans aider les tumeurs. Les scientifiques ont choisi des souris avec des tumeurs pour imiter un cancer humain. On a donc un groupe qui subira une injection de Dsup dans la bouche et le rectum ; ce sont les zones les plus vulnérables lors de radiothérapies. L'autre groupe sert de témoin. Les rayons correspondent à une dose humaine. Le résultat est sans appel, on observe que les tissus sains du groupe Dsup subissent 40 % de dommages en moins. Aussi, les biopsies prouvent que Dsup est arrivée dans le noyau des cellules saines et non dans les tumeurs. Des tests sont à prévoir pour évaluer si l'humain pourrait survivre à la neurotoxicité de Dsup. Le tardigrade nous permettrait donc grâce à la protéine Dsup de protéger davantage les patients atteints de cancer lors de la radiothérapie.
Maillard Yoen. T2
Rédacteur en chef adjoint
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