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Lycée Notre Dame de la Providence, Avranches, le 31/03/2026.

Être adjointe au maire : entre menaces et rencontre princière

Le quotidien de trois élues locales : rajouter des dossiers municipaux à des journées déjà bien occupées par la famille et le travail.
De gauche à droite : Manuella Duval, Mélinda Dupont et Anita Bazin (Crédit photo : Lycée NDLP - Avranches)
Lycée NDLP - Avranches
De gauche à droite : Manuella Duval, Mélinda Dupont et Anita Bazin
L’engagement municipal est un grand écart permanent. Mme Duval, adjointe au maire à Percy-en-Normandie, en est le témoin privilégié. Son mandat l'a menée des salons dorés aux moments les plus sombres de la vie publique. Elle se souvient avec émotion de sa rencontre avec le Prince Albert de Monaco lors d’un événement officiel, un instant de prestige qui marque une vie d’élue normande.
Pourtant, la réalité du terrain est parfois bien plus brutale. Mme Duval confie avoir été menacée de mort dans l’exercice de ses fonctions à Percy.
« C’est le côté sombre du mandat. On ne s’attend jamais à une telle violence pour des décisions administratives. Cela secoue, mais cela renforce aussi la conviction qu’il faut rester debout pour l’intérêt général », explique-t-elle.
Ce contraste entre honneurs et intimidations illustre la complexité de la charge municipale pour ces femmes qui, comme Mme Dupont, à Chérencé-le-Héron, et Mme Bazin, à Sainte-Cécile, tentent de concilier vie publique, carrière et vie de famille.
Un engagement total au service de la commune Pour ces élues, la fonction demande une disponibilité de chaque instant. À Percy, Mme Duval précise qu'il faut être présente pour les habitants, souvent le soir ou le week-end. Mme Dupont, depuis son poste à Chérencé-le-Héron, abonde en ce sens : « Quand on s’engage dans un mandat municipal, on ne compte pas vraiment ses heures. » Les décisions sont nombreuses, qu'il s'agisse d'organiser des événements locaux ou de suivre des chantiers, chaque dossier demande un investissement personnel réel.
Le défi de l'équilibre
privé-public
Le mandat ne remplace pas les responsabilités du quotidien. Pour Mme Bazin, adjointe à Sainte-Cécile, la charge municipale ressemble à un « marathon permanent ». Dans son témoignage, elle explique que le téléphone ne s'arrête jamais vraiment de sonner, même à la maison.
L'organisation : Pour Mme Dupont, c'est le maître-mot. Entre son poste à Chérencé-le-Héron, son travail et ses enfants, les journées sont ultra-chargées.
Le soutien familial : un pilier indispensable. Selon Mme Duval, sans l'appui de ses proches en Normandie, l'absence répétée lors des réunions du soir serait insurmontable.
La déconnexion : Mme Bazin souligne « l'importance de s'imposer des moments de pause totale à Sainte-Cécile pour préserver mon rôle de mère et d'épouse, sous peine de voir la fonction absorber toute sa vie privée ». Malgré les risques et la fatigue, le sentiment d'utilité prime.
Une expérience exigeante mais gratifiante Mme Dupont évoque la satisfaction immense de voir un projet aboutir à Chérencé-le-Héron après des mois de travail : « On voit concrètement l’impact de notre travail sur la commune. »
Mme Bazin, de son côté, insiste sur la valeur ajoutée de la représentativité féminine au sein du conseil de Sainte-Cécile. Apporter un regard de femme et de mère sur les dossiers municipaux permet de mieux répondre aux besoins des familles. « Voir que notre action facilite le quotidien des citoyens est ma plus belle récompense », conclut-elle.
Même si elle défie l'agenda et expose parfois à des tensions extrêmes, la vie d'adjointe reste, dans nos villages normands, une aventure humaine d'une richesse incomparable.
Marius ATZENHOFFER,
Allan BOUGUION, Antoine SIPP
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