Journal des Lycées > L'actualité des lycées
> Mayenne > Lycée Douanier Rousseau > Les articles >
Le nouveau visage de l’extrême droite : Stérin et les médias
Lycée Douanier Rousseau, Laval, le 16/03/2026.
Le nouveau visage de l’extrême droite : Stérin et les médias
Depuis quelques années dans le paysage politique et économique français, un développement concomitant s’observe entre le rachat des médias par des milliardaires et l’augmentation constante des idées d’extrême droite.
AFP/Archives / Fred TANNEAU
Des manifestants opposés à la tenue de la Nuit du bien commun, à Nantes, le 5 juin 2025
Pierre-Edouard Stérin est l’un de ces milliardaires, souvent décrit comme « catho, tradi, réactionnaire et libertarien », qui aurait pour seule ambition de devenir « saint ». Un bon résumé de ses idées, qui se traduisent par une fervente admiration de Trump et un penchant pour l’exil fiscal.
Le quotidien La Lettre le présente comme un « milliardaire qui se rêve en marionnettiste d’une autre droite ». Animé d'idées extrêmes et conservatrices, il aspire de fait à orienter la scène politique française à l’instar d'autres milliardaires propriétaires de médias. Ses positions polémiques voire provocatrices renforcent la polarisation de l'opinion dans une France qu'il voudrait fondée sur des bases traditionnelles patriarcales et ethniquement homogènes.PERICLES : les révélations de L'Humanité La Belgique, pays vers lequel il s’expatrie en 2019, ne taxe ni les dividendes ni les plus-values, lui permettant de conserver assez d’argent pour investir dans différents domaines, tels que son projet phare : le projet PERICLES. Ce dernier vise à construire une influence politique et médiatique afin de faire gagner la droite conservatrice française aux prochaines élections. Son acronyme correspond aux valeurs promues par le projet : Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes.
Le fonds total prévu pour ce projet est de 150 millions d’euros, à investir sur une période de 10 ans. Ces placements financiers ont pour but de former et de soutenir des cadres politiques, ainsi que de financer voire racheter des médias. C'est le cas du média Cerfia, racheté en juin 2025, présent sur la plateforme X (anciennement Twitter). Ce rachat par le milliardaire d’un média lui permet d’influencer les plus jeunes en sélectionnant les informations qui leur parviennent. Des quotidiens tels que L’Humanité sont boycottés, en raison des enquêtes qui y sont publiées sur le projet PERICLES, ou de leur orientation politique de « gauche anti-libérale ».
Pierre-Edouard Stérin multiplie les stratégies pour avoir une empreinte dans le monde du journalisme : par exemple en finançant l’Institut Libre de Journalisme. Le Monde qualifie cette école privée de « pépinière parisienne de la droite catholique et identitaire qui forme une jeunesse de conviction conservatrice pour réinvestir le champ journalistique ». Ce sont des idées alignées avec celles de Stérin, qui profiteraient au projet PERICLES en lui fournissant des professionnels de l'information favorables à son idéologie. Le principal objectif stratégique du projet PERICLES est donc sur le terrain métapolitique : c'est-à-dire agir sur la culture pour influencer la politique sans passer par les partis ou les élections.La bataille culturelle tous azimuts Néanmoins, la sphère médiatique n'est pas la seule cible de Stérin. Avec son "Fonds du bien commun", il s'empare également du domaine du divertissement en investissant dans le spectacle ou le cinéma. Parmi celles-ci : "Murmures de la cité", un spectacle dans la veine du Puy du fou. Cette représentation qu'il sponsorise, organisée à Moulins dans l'Allier, avait pour but affiché de retracer l'histoire du département. Or, le spectacle a pris une autre tournure, faisant la promotion d'une France « pays éternel guidé par la Providence ».
Pourquoi Pierre-Edouard Stérin finance-t-il ce sons et lumières ? Le milliardaire prétend nourrir une réflexion spirituelle poussée, animé par un idéal de sainteté. Il admet de surcroît lors d'une conférence pour l'Institut Bon Pasteur, une congrégation traditionaliste catholique, que « les domaines d’action prioritaires en France sont d’avoir plus de bébés de souche européenne » comme l'a révélé le journal l'Humanité. L'expression « de souche » utilisée par Stérin fait écho à une théorie, celle du Grand Remplacement. Cette conception fondée sur des idées racistes et xénophobes, et sans appui scientifique, est souvent reprise par l'extrême droite, dans le but d'attiser la peur et de faire grandir un sentiment d'insécurité quant à la place des Européens blancs sur le continent.Une volonté d'influencer le débat politique Le lien entre le projet PERICLES de Pierre-Edouard Stérin et les partis d'extrême droite se confirme peu à peu. C'est d'ailleurs la découverte de ce lien étroit qui a poussé la rédaction du magazine d'actualité Marianne et sa rédactrice en chef Natacha Polony à se mobiliser pour empêcher le milliardaire de racheter le média. Pour la présidentielle de 2022, Stérin a en outre organisé des "speed dating politiques" pour identifier un candidat pouvant incarner ses idées. Enfin, l'une des initiatives les plus concrètes du projet Périclès est une école de formation au mandat de maire, baptisée Politicae, et financée à hauteur de plusieurs centaines de milliers d'euros. L'objectif : former des cadres à droite et à l'extrême droite pour les élections municipales de 2026. Pierre-Edouard Stérin parviendra-t-il à ses fins ?Narrimane MIRAOUI,
Tristan HEVIN,
Arwen BRETIN
Le quotidien La Lettre le présente comme un « milliardaire qui se rêve en marionnettiste d’une autre droite ». Animé d'idées extrêmes et conservatrices, il aspire de fait à orienter la scène politique française à l’instar d'autres milliardaires propriétaires de médias. Ses positions polémiques voire provocatrices renforcent la polarisation de l'opinion dans une France qu'il voudrait fondée sur des bases traditionnelles patriarcales et ethniquement homogènes.PERICLES : les révélations de L'Humanité La Belgique, pays vers lequel il s’expatrie en 2019, ne taxe ni les dividendes ni les plus-values, lui permettant de conserver assez d’argent pour investir dans différents domaines, tels que son projet phare : le projet PERICLES. Ce dernier vise à construire une influence politique et médiatique afin de faire gagner la droite conservatrice française aux prochaines élections. Son acronyme correspond aux valeurs promues par le projet : Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes.
Le fonds total prévu pour ce projet est de 150 millions d’euros, à investir sur une période de 10 ans. Ces placements financiers ont pour but de former et de soutenir des cadres politiques, ainsi que de financer voire racheter des médias. C'est le cas du média Cerfia, racheté en juin 2025, présent sur la plateforme X (anciennement Twitter). Ce rachat par le milliardaire d’un média lui permet d’influencer les plus jeunes en sélectionnant les informations qui leur parviennent. Des quotidiens tels que L’Humanité sont boycottés, en raison des enquêtes qui y sont publiées sur le projet PERICLES, ou de leur orientation politique de « gauche anti-libérale ».
Pierre-Edouard Stérin multiplie les stratégies pour avoir une empreinte dans le monde du journalisme : par exemple en finançant l’Institut Libre de Journalisme. Le Monde qualifie cette école privée de « pépinière parisienne de la droite catholique et identitaire qui forme une jeunesse de conviction conservatrice pour réinvestir le champ journalistique ». Ce sont des idées alignées avec celles de Stérin, qui profiteraient au projet PERICLES en lui fournissant des professionnels de l'information favorables à son idéologie. Le principal objectif stratégique du projet PERICLES est donc sur le terrain métapolitique : c'est-à-dire agir sur la culture pour influencer la politique sans passer par les partis ou les élections.La bataille culturelle tous azimuts Néanmoins, la sphère médiatique n'est pas la seule cible de Stérin. Avec son "Fonds du bien commun", il s'empare également du domaine du divertissement en investissant dans le spectacle ou le cinéma. Parmi celles-ci : "Murmures de la cité", un spectacle dans la veine du Puy du fou. Cette représentation qu'il sponsorise, organisée à Moulins dans l'Allier, avait pour but affiché de retracer l'histoire du département. Or, le spectacle a pris une autre tournure, faisant la promotion d'une France « pays éternel guidé par la Providence ».
Pourquoi Pierre-Edouard Stérin finance-t-il ce sons et lumières ? Le milliardaire prétend nourrir une réflexion spirituelle poussée, animé par un idéal de sainteté. Il admet de surcroît lors d'une conférence pour l'Institut Bon Pasteur, une congrégation traditionaliste catholique, que « les domaines d’action prioritaires en France sont d’avoir plus de bébés de souche européenne » comme l'a révélé le journal l'Humanité. L'expression « de souche » utilisée par Stérin fait écho à une théorie, celle du Grand Remplacement. Cette conception fondée sur des idées racistes et xénophobes, et sans appui scientifique, est souvent reprise par l'extrême droite, dans le but d'attiser la peur et de faire grandir un sentiment d'insécurité quant à la place des Européens blancs sur le continent.Une volonté d'influencer le débat politique Le lien entre le projet PERICLES de Pierre-Edouard Stérin et les partis d'extrême droite se confirme peu à peu. C'est d'ailleurs la découverte de ce lien étroit qui a poussé la rédaction du magazine d'actualité Marianne et sa rédactrice en chef Natacha Polony à se mobiliser pour empêcher le milliardaire de racheter le média. Pour la présidentielle de 2022, Stérin a en outre organisé des "speed dating politiques" pour identifier un candidat pouvant incarner ses idées. Enfin, l'une des initiatives les plus concrètes du projet Périclès est une école de formation au mandat de maire, baptisée Politicae, et financée à hauteur de plusieurs centaines de milliers d'euros. L'objectif : former des cadres à droite et à l'extrême droite pour les élections municipales de 2026. Pierre-Edouard Stérin parviendra-t-il à ses fins ?Narrimane MIRAOUI,
Tristan HEVIN,
Arwen BRETIN

