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Des professeurs qui n'ont rien oublié !

Rencontre avec André Luherne et Jean-Pascal Gentil (manque Pierre Danet) (Crédit photo : DR)
Les mouvements de Paris, emmenés par les étudiants de Nanterre et de la Sorbonne, arrivent en Bretagne, d’abord vers Rennes puis Ploërmel.
Un lundi de mai, un appel est lancé aux directeurs des établissements scolaires privés de Ploërmel.
En effet, des jeunes mais aussi des professeurs considèrent que « ce n’est pas normal qu’on ne bouge pas à Ploërmel. Il faut fermer les écoles comme tout le monde ».
Cette fermeture se fera alors très rapidement et durera une semaine, même au Petit Séminaire où l’Abbé P. Danet, alors préfet de discipline (CPE), n’hésitera pas à encourager les jeunes séminaristes à prendre l’air pendant quelques jours !
Des réunions sont organisées entre parents d’élèves et responsables de l’institution, dont une plus marquante au Sacré Cœur qui fut assez violente. Quelques propos sont restés dans les mémoires : « S’il faut libérer nos écoles, on viendra avec des fourches », aurait déclaré un parent d’élève particulièrement remonté contre la grève.
On a assisté lors de ces réunions à des débats inédits entre ceux qui avaient peur du désordre et les autres, emportés par la fièvre de mai, qui n’hésitaient pas à exprimer des idées nouvelles remettant en cause certaines pratiques comme le système de notation, le classement des élèves, le régime des sanctions… Dans ces moments, tout était remis en cause.
Des airs de grande liberté Parmi les frères de La Mennais certains ne comprenaient pas ce mouvement de rébellion. Des frictions et de l’incompréhension ont aussi fait partie de ces moments de tensions où la parole prenait des airs de grande liberté.
Suite à un discours de De Gaulle, les manifestations « se sont dégonflées comme une baudruche » nous explique A. Luherne, alors jeune professeur de français resté profondément marqué par ces événements. « Mai 68 a été le détonateur, mais c’est dans les années qui suivent que les choses ont peu à peu changé dans l’enseignement ».
Pour nos trois témoins, les événements ont provoqué une prise de conscience et les changements qui ont suivi ont été plutôt positifs : nouveau climat scolaire, élection des délégués de classe, création de l’association des parents d’élèves…
C’est à partir de 1968 que « les rapports entre élèves et professeurs sont devenus moins autoritaires, cela a été une bouffée d’oxygène » nous disent encore JP. Genty (professeur d’anglais arrivé en sept 68) et A. Luherne.
M. LANNIC, A. LANÖE, E. MEVELLEC, T. DANIEL
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