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Lycée Saint-François-Xavier, Vannes, le 03/04/2026.
Michel Criaud : « Je m’étais juré de ne jamais venir à la mairie »
Rencontre avec le député et maire de Muzillac, Michel Criaud.
Élu local depuis plus de vingt ans, devenu maire en pleine crise Covid puis député en 2025, cet ancien artisan du bois revendique un parcours atypique. Entre proximité et engagement national, il garde une ligne claire : rester utile.
A l'origine,Il n’avait pas prévu de faire de la politique. « Je m’étais juré de ne jamais aller à la mairie » déclarait Michel Criaud. Menuisier de métier, il était alors bien loin des urnes et des conseils municipaux.
Et pourtant. Depuis 2001, il n’a plus quitté la vie publique de Muzillac et deviendra même député en 2025.
Un homme de terrain avant tout Pour Michel Criaud, avant la politique, il y a l’atelier et plus particulièrement un engagement fort pour défendre les métiers du bois. Il travaille au niveau national, la promotion de la filière notament en participant à la définition des diplômes et représentant même la France sur des dossiers européens liés aux menuiseries extérieures.
« On a recensé toutes les fenêtres fabriquées en Europe. J’en ai moi-même produit pour tester les certifications », raconte-t-il.
Un parcours technique, concret, qui façonne sa manière de voir les choses : pragmatique et tournée vers les solutions.
Vingt ans d’engagement local En 2001, il devient adjoint au maire. Un premier pas qui devait être temporaire. Il durera plus de vingt ans.
Cadre de vie, développement durable, projets pédagogiques… il s’investit pleinement. Parmi ses initiatives, une journée dédiée à l’eau pour sensibiliser les jeunes : « Dans chaque projet, l’eau est centrale. »
Sans étiquette revendiquée, il assume une approche écologique transversale : « Ce n’est pas une question d'être écologiste ou non, Il faut juste faire attention à ce qui nous entoure. »
À l’intercommunalité, il prend en charge le développement économique notamment les zones d’activités, les soutiens aux entreprises : « Là, je me suis éclaté. »
Maire en pleine crise sanitaire En 2020, il accède au poste de maire, dans la continuité de Jo Brohan. Mais le contexte est inédit : la crise sanitaire bouleverse tout.
Élu en mars, officiellement en fonction en mai, il doit immédiatement faire face à des décisions lourdes. « Ce n’était pas simple. »
Depuis, il garde une boussole claire : répondre aux besoins des habitants.
Logement, attractivité, vie associative (78 associations), services… « Être maire, c’est être capable de tout gérer. Une inondation, un accident, accompagner une famille. Il faut aimer les gens. »
Le virage national En 2022, il devient suppléant de la député Anne Le Hénanff. Le courant passe immédiatement. Les résultats électoraux suivent.
Puis, en 2025, tout s’accélère : la députée est nommée ministre, et le Muzillacais entre alors à l’Assemblée nationale notamment à la
Commission de la Défense, au groupe d’amitié France-Vietnam dont il est le président… Une nouvelle dimension qu’il aborde avec sérieux.
« Ce que je vis est extraordinaire. Mais je reste moi-même. »
« Je viens du concret » À Paris, il assume son profil atypique. « Je ne suis pas passé par les grandes écoles. Je suis menuisier. »
Une différence qu’il revendique. « J’ai appris avec le terrain, avec les gens. »
Dans un monde politique souvent critiqué pour son éloignement de la vie réel, il défend une autre approche plus directe, plus ancrée.
Garder le cap Entre Paris et Muzillac, il jongle désormais avec deux responsabilités. Mais son objectif reste le même : être utile.
« Comprendre qui vit sur le territoire, répondre aux besoins, faciliter le quotidien. »
Dans une commune attractive mais confrontée à des défis démographiques, il insiste sur une priorité : le logement et l’accueil de jeunes actifs.
Jules OLIVIER

