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MFR 72, Le Mans, le 05/06/2026.
Carlie, l’écriture comme souffle vital
Depuis le collège, Carlie, jeune sarthoise, écrit. Aujourd’hui auteure d’une série de six tomes auto-édités, elle transforme les blessures, les questionnements et les réalités sociales en romans puissants. Rencontre avec une écrivaine indépendante qui fait de la littérature un espace de liberté.
Chez Carlie, l’écriture n’est pas un passe-temps. C’est un besoin. Une respiration. Une manière de comprendre ce qui l’entoure.
« J’ai toujours aimé lire. Depuis petite. Et écrire est venu presque naturellement au collège. »
Personne ne l’a poussée. Personne ne l’a encouragée au départ. L’envie est née d’elle-même. Et elle ne l’a jamais quittée.
Une vocation précoce Son premier roman voit le jour alors qu’elle est encore jeune. Initialement publié via une maison d’édition, il sera ensuite repris en auto-édition à la suite de désaccords. Une décision qui marque un tournant.
Depuis, Carlie a publié une série de six tomes, disponibles en librairie et sur des plateformes en ligne. Mais derrière cette réussite visible se cache un long travail solitaire, minutieux et exigeant.
Des romans ancrés dans le réel Si ses histoires relèvent de la fiction, elles prennent souvent racine dans la réalité.
Le mal-être adolescent, thème d’un de ses romans, fait écho à sa propre expérience. « J’étais un peu dedans, lorsque je l'ai écrit », confie-t-elle.
Son dernier ouvrage aborde la manipulation dans le couple — avec une particularité : la manipulatrice est une femme. « On ne voit pas souvent ce sujet traité de cette façon. Je trouvais ça important. »
Elle évoque également la bipolarité, sujet pour lequel elle a effectué de nombreuses recherches afin de rester crédible et respectueuse.
Certaines histoires sont directement inspirées de son entourage. Son frère, notamment, a participé à l’écriture d’un passage d’un roman, racontant lui-même une partie de son vécu. « Je lui ai demandé son autorisation. Je ne voulais pas que ce soit un déballage. »
L’écriture devient alors un équilibre subtil entre vérité intime et fiction.
Une année pour donner vie à un livre Écrire un roman ne s’improvise pas. Pour Carlie, il faut environ un an pour mener un projet du début à la fin : imaginer les personnages, structurer l’intrigue, rédiger, corriger.
« Le début et la fin, ça va. Le plus compliqué, ce sont les détails, les transitions, tout ce qui donne de la profondeur. »
Elle écrit d’abord sur carnet, puis sur ordinateur. Parfois chez elle, téléphone éteint pour éviter toute distraction. Parfois dans un café, pour changer d’atmosphère.
Elle travaille seule sur la correction, même si sa mère joue un rôle précieux : première lectrice, regard critique, garante de la cohérence. « Elle me dit si ce que je raconte est crédible. »
Lire pour écrire Grande lectrice, Carlie nourrit son écriture par la lecture. Elle vient récemment de terminer Les Extraordinaires de Julien Sandrel.
Elle reconnaît cependant que toutes les lectures ne la marquent pas de la même façon. Certains romans très populaires, notamment ceux de Colleen Hoover, ne l’ont pas convaincue. « Je n’ai pas compris l’engouement. La manière dont la violence est abordée ne m’a pas parlé. »
Preuve que la lecture reste profondément subjective.
L’auto-édition : liberté et responsabilité Carlie connaît les deux univers : la maison d’édition et l’auto-édition.
Être publiée par une maison offre un accompagnement structuré, mais implique des contraintes : délais imposés, choix éditoriaux parfois limités, prix de vente plus élevé.
En auto-édition, elle est libre. « Je fais ce que je veux. »
Elle choisit ses couvertures, ses délais, son prix — fixé à 12 euros pour rester accessible. « On dit que les jeunes lisent moins, mais si les livres sont trop chers, on ne facilite pas l’accès à la lecture. »
Elle observe aussi la pression que subissent certains auteurs sous contrat : obligation de rendre un manuscrit à date fixe, même quand l’inspiration manque.
« Il y a des jours où on n’a pas envie d’écrire. En auto-édition, on peut se laisser ce temps-là. »
D’où viennent les idées ? Une idée peut naître d’un souvenir, d’un paysage, d’une discussion. Parfois d’une histoire réelle.
« Il faut toujours avoir un carnet. Noter toutes les idées. »
Mais surtout, insiste-t-elle : il faut vivre. « Rester enfermé pour écrire, ce n’est pas la solution. Il faut découvrir le monde, observer, rencontrer. »
L’écriture n’est pas une fuite. Elle est un prolongement de la vie.
Transmettre aux jeunes C'est la deuxième fois que Carlie intervient à la MFR. Elle échange avec eux, parle lecture, raconte son parcours.
Son conseil aux jeunes qui veulent écrire est simple :
• Prendre son temps
• Ne pas se mettre de pression
• Noter toutes ses idées
Elle déconstruit aussi un mythe : non, écrire un livre n’est pas facile. « On s’imagine que ça vient tout seul. Mais c’est un vrai travail. »
Un travail passionnant, mais exigeant.
Un nouveau livre en préparation Actuellement, Carlie travaille sur un nouveau projet. L’écriture est en cours.
Entre son travail, sa vie personnelle et ses projets littéraires, elle avance à son rythme. Chez elle, les livres occupent une place centrale : bibliothèque, coin lecture.
Carlie fait partie de ces auteurs indépendants qui bousculent les codes traditionnels de l’édition. Sans bruit, mais avec constance.
Elle écrit pour comprendre. Pour transmettre. Pour donner une voix à des réalités parfois invisibles.
Et si son parcours prouve une chose, c’est qu’il n’existe pas un seul chemin vers la littérature. Il y a celui que l’on choisit. Celui que l’on construit.
Et le sien continue, page après page.
Lara, élève en CAPa 1 SAPVER
MFR de Thorigné sur Dué
« J’ai toujours aimé lire. Depuis petite. Et écrire est venu presque naturellement au collège. »
Personne ne l’a poussée. Personne ne l’a encouragée au départ. L’envie est née d’elle-même. Et elle ne l’a jamais quittée.
Une vocation précoce Son premier roman voit le jour alors qu’elle est encore jeune. Initialement publié via une maison d’édition, il sera ensuite repris en auto-édition à la suite de désaccords. Une décision qui marque un tournant.
Depuis, Carlie a publié une série de six tomes, disponibles en librairie et sur des plateformes en ligne. Mais derrière cette réussite visible se cache un long travail solitaire, minutieux et exigeant.
Des romans ancrés dans le réel Si ses histoires relèvent de la fiction, elles prennent souvent racine dans la réalité.
Le mal-être adolescent, thème d’un de ses romans, fait écho à sa propre expérience. « J’étais un peu dedans, lorsque je l'ai écrit », confie-t-elle.
Son dernier ouvrage aborde la manipulation dans le couple — avec une particularité : la manipulatrice est une femme. « On ne voit pas souvent ce sujet traité de cette façon. Je trouvais ça important. »
Elle évoque également la bipolarité, sujet pour lequel elle a effectué de nombreuses recherches afin de rester crédible et respectueuse.
Certaines histoires sont directement inspirées de son entourage. Son frère, notamment, a participé à l’écriture d’un passage d’un roman, racontant lui-même une partie de son vécu. « Je lui ai demandé son autorisation. Je ne voulais pas que ce soit un déballage. »
L’écriture devient alors un équilibre subtil entre vérité intime et fiction.
Une année pour donner vie à un livre Écrire un roman ne s’improvise pas. Pour Carlie, il faut environ un an pour mener un projet du début à la fin : imaginer les personnages, structurer l’intrigue, rédiger, corriger.
« Le début et la fin, ça va. Le plus compliqué, ce sont les détails, les transitions, tout ce qui donne de la profondeur. »
Elle écrit d’abord sur carnet, puis sur ordinateur. Parfois chez elle, téléphone éteint pour éviter toute distraction. Parfois dans un café, pour changer d’atmosphère.
Elle travaille seule sur la correction, même si sa mère joue un rôle précieux : première lectrice, regard critique, garante de la cohérence. « Elle me dit si ce que je raconte est crédible. »
Lire pour écrire Grande lectrice, Carlie nourrit son écriture par la lecture. Elle vient récemment de terminer Les Extraordinaires de Julien Sandrel.
Elle reconnaît cependant que toutes les lectures ne la marquent pas de la même façon. Certains romans très populaires, notamment ceux de Colleen Hoover, ne l’ont pas convaincue. « Je n’ai pas compris l’engouement. La manière dont la violence est abordée ne m’a pas parlé. »
Preuve que la lecture reste profondément subjective.
L’auto-édition : liberté et responsabilité Carlie connaît les deux univers : la maison d’édition et l’auto-édition.
Être publiée par une maison offre un accompagnement structuré, mais implique des contraintes : délais imposés, choix éditoriaux parfois limités, prix de vente plus élevé.
En auto-édition, elle est libre. « Je fais ce que je veux. »
Elle choisit ses couvertures, ses délais, son prix — fixé à 12 euros pour rester accessible. « On dit que les jeunes lisent moins, mais si les livres sont trop chers, on ne facilite pas l’accès à la lecture. »
Elle observe aussi la pression que subissent certains auteurs sous contrat : obligation de rendre un manuscrit à date fixe, même quand l’inspiration manque.
« Il y a des jours où on n’a pas envie d’écrire. En auto-édition, on peut se laisser ce temps-là. »
D’où viennent les idées ? Une idée peut naître d’un souvenir, d’un paysage, d’une discussion. Parfois d’une histoire réelle.
« Il faut toujours avoir un carnet. Noter toutes les idées. »
Mais surtout, insiste-t-elle : il faut vivre. « Rester enfermé pour écrire, ce n’est pas la solution. Il faut découvrir le monde, observer, rencontrer. »
L’écriture n’est pas une fuite. Elle est un prolongement de la vie.
Transmettre aux jeunes C'est la deuxième fois que Carlie intervient à la MFR. Elle échange avec eux, parle lecture, raconte son parcours.
Son conseil aux jeunes qui veulent écrire est simple :
• Prendre son temps
• Ne pas se mettre de pression
• Noter toutes ses idées
Elle déconstruit aussi un mythe : non, écrire un livre n’est pas facile. « On s’imagine que ça vient tout seul. Mais c’est un vrai travail. »
Un travail passionnant, mais exigeant.
Un nouveau livre en préparation Actuellement, Carlie travaille sur un nouveau projet. L’écriture est en cours.
Entre son travail, sa vie personnelle et ses projets littéraires, elle avance à son rythme. Chez elle, les livres occupent une place centrale : bibliothèque, coin lecture.
Carlie fait partie de ces auteurs indépendants qui bousculent les codes traditionnels de l’édition. Sans bruit, mais avec constance.
Elle écrit pour comprendre. Pour transmettre. Pour donner une voix à des réalités parfois invisibles.
Et si son parcours prouve une chose, c’est qu’il n’existe pas un seul chemin vers la littérature. Il y a celui que l’on choisit. Celui que l’on construit.
Et le sien continue, page après page.
Lara, élève en CAPa 1 SAPVER
MFR de Thorigné sur Dué

