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Lycée Jeanne d'Arc, Sainte Adresse, le 19/05/2026.
« Mieux vaut éduquer qu'interdire »
Interview
Franck Levasseur, directeur coordinateur de l'ensemble scolaire Jeanne d'Arc.
Si l'interdiction du téléphone portable est adoptée, devrez-vous l'appliquer au lycée Jeanne d'Arc ?
Tout d’abord, il s’agit de la première lecture d’une proposition de loi : rien n’est définitif. Jusqu’à présent, les téléphones sont autorisés dans les lycées, sauf mention contraire dans le règlement intérieur. La proposition de loi inverse cette logique : pour autoriser leur usage, il faudrait l’indiquer dans le règlement. Concrètement, pour notre établissement associé à l’État, cela signifie que si nous souhaitons maintenir cette autorisation, il nous suffira de modifier notre contrat de vie scolaire en ce sens.
A titre personnel, êtes-vous opposé à son interdiction ?
Je ne suis pas favorable à une interdiction brutale. D’abord, parce qu’elle risquerait d’instaurer un jeu du chat et de la souris pouvant conduire à des conflits. Il me semble préférable d’accompagner les jeunes vers un usage raisonné du téléphone : les aider à réfléchir à leurs pratiques, à la gestion de leurs données, à avoir l’esprit critique face aux contenus et à limiter le temps passé sur les écrans. En somme, mieux vaut éduquer qu'interdire.
Quel type de comportement lié au téléphone identifiez-vous le plus chez les élèves ?
Le même que celui que je me reproche parfois : marcher en lisant mes messages. Chez les jeunes, cela se traduit aussi par le fait de scroller ou de passer du temps sur les réseaux sociaux. La principale dérive, c’est que l’on interagit moins, ou moins bien, avec les autres. Or, l’être humain est fait pour échanger, dialoguer et les rencontres physiques. Le téléphone peut alors nous enfermer dans une bulle. Et si l’on n’est pas en capacité d’analyser les contenus auxquels on est exposé, de faire preuve d’esprit critique, cela peut nous entraîner vers certaines dérives.
Le téléphone peut-il aussi être un outil d'apprentissage ?
Absolument ! À mon sens, les ordinateurs pourraient progressivement s’effacer au profit d’appareils que l’on aura toujours dans notre poche. Il faut également mettre en perspective l'usage du téléphone avec l’essor de l’intelligence artificielle, qui vient compléter nos capacités. Utilisée en classe, elle pourrait rendre les apprentissages plus ludiques, favoriser le travail en groupe, les échanges, et permettre à chacun de construire progressivement ses propres connaissances. L’enjeu principal reste le développement de l’esprit critique, indispensable pour en faire un usage pertinent. Le jour où chacun saura utiliser ces outils de manière éclairée, tout le monde aura besoin de son téléphone.
Propos recueillis par
Amélie Doublemart, 2GTB
Franck Levasseur, directeur coordinateur de l'ensemble scolaire Jeanne d'Arc.
Si l'interdiction du téléphone portable est adoptée, devrez-vous l'appliquer au lycée Jeanne d'Arc ?
Tout d’abord, il s’agit de la première lecture d’une proposition de loi : rien n’est définitif. Jusqu’à présent, les téléphones sont autorisés dans les lycées, sauf mention contraire dans le règlement intérieur. La proposition de loi inverse cette logique : pour autoriser leur usage, il faudrait l’indiquer dans le règlement. Concrètement, pour notre établissement associé à l’État, cela signifie que si nous souhaitons maintenir cette autorisation, il nous suffira de modifier notre contrat de vie scolaire en ce sens.
A titre personnel, êtes-vous opposé à son interdiction ?
Je ne suis pas favorable à une interdiction brutale. D’abord, parce qu’elle risquerait d’instaurer un jeu du chat et de la souris pouvant conduire à des conflits. Il me semble préférable d’accompagner les jeunes vers un usage raisonné du téléphone : les aider à réfléchir à leurs pratiques, à la gestion de leurs données, à avoir l’esprit critique face aux contenus et à limiter le temps passé sur les écrans. En somme, mieux vaut éduquer qu'interdire.
Quel type de comportement lié au téléphone identifiez-vous le plus chez les élèves ?
Le même que celui que je me reproche parfois : marcher en lisant mes messages. Chez les jeunes, cela se traduit aussi par le fait de scroller ou de passer du temps sur les réseaux sociaux. La principale dérive, c’est que l’on interagit moins, ou moins bien, avec les autres. Or, l’être humain est fait pour échanger, dialoguer et les rencontres physiques. Le téléphone peut alors nous enfermer dans une bulle. Et si l’on n’est pas en capacité d’analyser les contenus auxquels on est exposé, de faire preuve d’esprit critique, cela peut nous entraîner vers certaines dérives.
Le téléphone peut-il aussi être un outil d'apprentissage ?
Absolument ! À mon sens, les ordinateurs pourraient progressivement s’effacer au profit d’appareils que l’on aura toujours dans notre poche. Il faut également mettre en perspective l'usage du téléphone avec l’essor de l’intelligence artificielle, qui vient compléter nos capacités. Utilisée en classe, elle pourrait rendre les apprentissages plus ludiques, favoriser le travail en groupe, les échanges, et permettre à chacun de construire progressivement ses propres connaissances. L’enjeu principal reste le développement de l’esprit critique, indispensable pour en faire un usage pertinent. Le jour où chacun saura utiliser ces outils de manière éclairée, tout le monde aura besoin de son téléphone.
Propos recueillis par
Amélie Doublemart, 2GTB

