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Lycée Saint-François-d'Assise, La Roche-sur-Yon, le 15/04/2026.

Sur les traces des Juifs vendéens en Pologne

Les élèves du parcours « Passeurs de Mémoire » se sont rendus à Cracovie en Pologne, ils racontent.
Les jeunes devant l'entrée de Birkenau. (Crédit photo : Pascal Philip)
Pascal Philip
Les jeunes devant l'entrée de Birkenau.
Depuis le mois de septembre, 22 élèves volontaires se réunissent tous les jeudis, dans le cadre du parcours "Passeurs de Mémoire". Amy Rivière participe à ce parcours. Elle explique : «  Je veux être sensibilisée à ce qui s’est passé, je veux pouvoir être une citoyenne qui a conscience de son passé. » Les jeunes du groupe ont suivi les traces des Juifs vendéens, déportés dans le camp d’Auschwitz-Birkenau. Le 31 janvier 1944, 42 juifs vendéens sont arrêtés. Un seul reviendra, Moïse Akriche. Les élèves ont été accompagnés dans cette démarche de deux professeurs : Pascal Philip, professeur d’histoire-géographie, et Florence Sire, professeur documentaliste. Pour Pascal Philip, c’est un devoir important, il faut « faire le lien entre la grande histoire et l'histoire locale ».
L'objectif de ce parcours est de transmettre la mémoire. Florence Sire explique que l’école a « un rôle de sensibilisation au devoir de mémoire, de son importance et de sa fragilité ». Les élèves ont pris conscience que la mémoire est complexe. Amy Rivière confie qu’« il faut trouver les bons mots », même si c'est parfois dur.
« La mémoire peut être une tâche difficilement transmissible. »
(Marylou David)
Pour devenir des passeurs de mémoire, les élèves ont réalisé un "livre de jeunesse", expliquant la Shoah aux enfants. Un groupe d'élèves a travaillé sur un jeu d’énigmes “Cache-toi Delilah ! ”, un escape game pour les enfants, où l’on suit le périple de Delilah, une Parisienne de 10 ans qui doit échapper aux autorités. Le jeu est interactif et ludique afin que les enfants puissent aider Delilah à se sauver. Entre messages codés à déchiffrer, cartes d’identité à replacer et labyrinthes, les enfants n’ont pas de quoi s’ennuyer !
D’autres élèves ont écrit un livre de jeunesse “Les étoiles de Marguerite”. Ce livre raconte la vie de Marguerite, une petite fille dont la vie bascule, car ses copines sont déportées. Le livre suit Marguerite à mesure qu’elle comprend ce qui est en train de se passer.
Certains élèves ont opté pour réaliser le carnet de voyage de Moïse Akriche, c’est le seul Juif vendéen à être revenu vivant d’Auschwitz-Birkenau. En parcourant les pages, les enfants découvrent son histoire, avec des images et des explications pour mieux comprendre son parcours et qui il était.
Et, enfin, les derniers élèves ont présenté un plateau interactif de La Roche-sur-Yon. Dans cette "chasse au trésor", les étapes sont les lieux de mémoire de la ville, avec, à chaque arrêt, des explications et une énigme pour trouver le prochain lieu où se cache Moïse Akriche.
Cracovie : dans l'ex ghetto Le moment fort de ce parcours était le séjour à Cracovie, en Pologne. Les élèves ont visité le quartier juif de Cracovie : Kazimierz, puis la vieille synagogue, le camp de travail de Plaszow.
Ils sont aussi allés à l’ancien ghetto de Cracovie, où se trouve la pharmacie de l’Aigle, et, plus loin, l’usine d'Oskar Schindler, ces deux derniers lieux ayant aidé les Juifs pendant l’occupation allemande.
La visite marquante de cette semaine a, bien évidemment, été le camp de concentration et d'extermination d’Auschwitz-Birkenau.
Avant de s’y rendre, les élèves ne savaient pas à quoi s’attendre, bien que les informations sur la Shoah ne manquent pas. Manon Paillat raconte : « Avant d’y aller, j’avais un rapport très scolaire qui se basait sur des informations qu’on nous avait appris et pas sur un côté vraiment sentimental », bien qu’elle savait que cela allait être « une expérience très enrichissante ».
Marylou David raconte qu’elle « trouvait ça irréel, inimaginable ». Florence Sire, confie que, même au bout de cinq fois, « c'est toujours aussi émouvant ».
Pour ces élèves, c’était plus qu’un voyage, c’était avant tout un devoir de mémoire. Manon Paillat confirme : « C’est une expérience à faire dans une vie, même si c’est difficile parfois, cela vaut la peine d’être vécu ». Pascal Philip rappelle que « les derniers survivants vont bientôt mourir et, fatalement, d'autres mémoires, plus récentes, vont s'imposer ». Il veut que les élèves se souviennent que « la mémoire s'oublie avec le temps ». Florence Sire confirme et ajoute ; « l'antisémitisme est toujours présent ainsi que l'atteinte aux libertés fondamentales. La montée des extrêmes-droites est inquiétante ».
Laurine SEGUIN, terminale H.
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