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L’information a un prix

Selon un sondage révélé lors des Assises du journalisme, qui se sont déroulées à Tours en mars 2016 :
- 8 Français sur 10 se disent intéressés par l’information,
- 55% de ces personnes passent plus d’une heure par jour à s’informer sur des médias gratuits ou payants,
- malgré un contexte de gratuité, 7 sondés sur 10 se disent prêts à payer pour avoir de l’information,
- 54% paieraient moins de 10 € par mois, une minorité irait jusqu’à 30 €,
- 88% des moins de 25 ans paieraient moins de 10 €, mais seulement 4% sont partants pour abonder à du financement participatif (crowdfunding).



Contexte de crise

Fin 2015, la presse écrite enregistrait un recul de ses ventes de 4% et les recettes de la publicité dans les journaux accusait 8% de baisse. Pour pallier ces manques à gagner, les entreprises de presse préfèrent souvent revoir leurs organisations et mettre en place des réductions de coûts plutôt que de parier sur les investissements. Par ailleurs, de nouveaux intervenants entrent dans la danse avec leurs robots (Google, Facebook, Orange…) qui tirent des revenus de l’information des médias traditionnels. Cela influence les conférences de rédaction qui pensent désormais aux référencements et aux algorithmes, pour élargir leur audience.

 

Abonnements

D’autres médias ont parié, ou parient, sur l’abonnement pour avoir de l’information sur Internet. C’est le cas de Médiapart, pure player (media uniquement sur le web) qui n’a aucune publicité, ni financement extérieur. Pour cela il faut miser sur la qualité et donner envie au public de lire et de s’abonner. Le prix d’une bonne information, c’est aussi le prix que les journalistes coûtent en allant sur le terrain et dans certains pays pas toujours faciles d’accès (Le New-York Times compte 1 million d’abonnés payants sur son site d’information, Le Monde avec sa matinale tente une percée différente avec une application sur les mobiles).

 

Journaux uniquement sur Internet :

Aux Etats-Unis, 9 entreprises de presse sur 10 éditent des journaux numériques payants. En France, il existe encore peu de journaux uniquement sur le net. Les grands médias papier sont sur un modèle mixte (papier et net). Mais peinent à faire payer le numérique à sa juste valeur. Médiapart a essuyé les plâtres il y a quelques années. Et fait des émules. Mais le modèle économique met du temps à trouver son équilibre. Exemples :

- Les Jours, journal sur Internet, a été lancé début 2015 par d’ex-journalistes du quotidien national Libération. Pour démarrer, les co-fondateurs ont investi leurs indemnités de départ, ont eu le soutien d’investisseurs privés et ont fait appel à du financement participatif (crowfunding). Ils attendaient 50 000 € et ont collecté 90 000 €.

« Plutôt que de se laisser submerger par l’info et de faire du copier-coller de dépêches de l’AFP (Agence France Presse) nous faisons des « obsessions » de l’actu explorées à fond », explique Raphaël Garigos, un des co-fondateurs du média. Les Jours fait travailler une douzaine de journalistes, dont des pigistes. L’abonnement annuel est de 90 €. Les Jours espèrent 25 000 abonnés d’ici trois ans.

- Cheek mag a été créé en 2013 par trois journalistes, femmes et chefs d’entreprise. Ce magazine s’adresse aux femmes de 25 à 35 ans. Pari risqué, mais réussi. « On nous prenait pour des bloggeuses de mode », confie Julia Tissier, une des co-fondatrices. Au bout de trois ans, le magazine cherche des investisseurs. Médiapart a essuyé les plâtres. Aujourd’hui le modèle de pure player n’étonne plus. Cheek est sur le modèle du gratuit. Ses fondatrices tirent leurs recettes des contenus vendus aux agences, à destination des marques. Au bout de trois ans, les créatrices du mag ne se versent pas encore de salaire, bien qu’elles aient doublé leur chiffre d’affaires en deux ans. « Il nous faudrait un commercial », avoue Julia Tissier.
 


Liberté de la presse

Quel que soit le support (papier, numérique, quotidien, hebdomadaire, journal, magazine…) l’essentiel est que la presse soit indépendante et pluraliste. Ce ne semble pas être le cas : de plus en plus d’investisseurs achètent des médias (Bolloré, Lagardère, Draï…), même si plusieurs de ces médias ne rapportent pas d’argent, voire en perdent. Dans le monde, 90% des médias appartiendraient à des hommes d’affaires !

De plus en plus de journaux sont en danger comme L’Humanité. D’autres mettent la clé sous la porte, comme Terra Eco qui, malgré ses 20 000 abonnés, a déposé le bilan, en mars 2015, faute de repreneur(s). Et pourtant les grands sujets de société (le climat, l’alimentation, l’épuisement des ressources naturelles, l’agriculture…) recueillent la sympathie du public… Qui n’est pas pour autant prêt à s’engager. « Un journal vit. Ou meurt de l’insuffisance de lecteurs. »

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