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Lycée Saint-Pierre, Saint-Brieuc, le 25/06/2026.

Napoléon militaire, génie ou stratège chanceux ?

Napoléon Ier et ses généraux représentés victorieux à l'issue de la bataille d'Austerlitz (1805), symbole de l'apogée de l'Empire (Crédit photo : François Gérard, \
François Gérard, "Napoléon à la bataille d'Austerlitz", vers 1810
Napoléon Ier et ses généraux représentés victorieux à l'issue de la bataille d'Austerlitz (1805), symbole de l'apogée de l'Empire
Trois des plus grandes puissances militaires de l’époque, un brouillard hivernal et un jeune général d’origine corse, à peine sacré empereur des français.
Nous sommes le 2 décembre 1805, en actuelle Tchéquie, lors de la célèbre bataille d’Austerlitz. À ce moment, trois empires ainsi que leurs armées s’affrontent pour leurs visions de la stabilité en Europe : Napoléon Ier pour la France, François II
de Habsbourg pour l’Autriche et Alexandre Ier pour la Russie.
Mais sur le champ de bataille, c’est le génie français qui va décider du sort de l’Europe…
Contexte : Quand l’Europe entière se ligue contre la France À ce moment de l’histoire, le Vieux continent est en ébullition.
En effet, la troisième coalition, alliance militaire formée entre le Royaume-Uni, l’Empire de Russie et l’Empire d’Autriche s’unit afin de contrer la Grande Armée. Sur le terrain, cette supériorité numérique se ressent avec d’un côté une armée austro-russe forte de 85 000 hommes, disposant en plus du plateau du Pratzen, c’est-à-dire la clé stratégique de la bataille, volontairement abandonnée par l’armée française à la veille des affrontements. Napoléon, conscient de ce désavantage tactique, choisit donc de feindre la faiblesse en dégarnissant son flanc droit, invitant l’ennemi à attaquer là où il le souhaite.
Une bataille menée avec brio : quand la faiblesse devient une force À l’aube du 2 décembre 1805, Napoléon observe le champ de bataille et le brouillard qui le recouvre, attendant que les 40 000 coalisés stationnés sur le plateau du Pratzen attaquent son flanc droit affaibli. L’attente n’est pas longue puisque dès 9 heures, ces coalisés attaquent et s’emparent du village de Sokolnitz, position de la droite de l’armée française.
C’est alors que l’empereur des français ordonne au maréchal Soult d’effectuer une manœuvre d’“attaque” sur le plateau dégarni par l’ intervention militaire sur Sokolnitz. Le piège se referme : Napoléon ajuste chacun de ses ordres tel un joueur d’échecs prévoyant plusieurs coups à l’avance.
Du génie certes, mais combiné avec une once de chance Bien qu’Austerlitz soit une preuve magistrale du génie napoléonien, la victoire n’a pas reposé sur le génie seul. De fait, les facteurs météorologiques comme le brouillard ont masqué les mouvements français et des facteurs décisionnels stratégiques ont amené le commandement coalisé à sous estimer le plateau, ce qui est absurde lorsque l’on sait que les hauteurs étaient soit des clés stratégiques, soit des avantages tactiques. Cela dit, c’est précisément sur cet aspect que Napoléon excelle : il transforme la chance en victoire, exploitant les évènements fortuits en atout stratégique.
Un plan de bataille sans équivoque : la Troisième Coalition n’est plus À la fin de la journée, la victoire française est scellée et l’armée austro-russe est sévèrement battue : sur 85 000 soldats et 278 canons coalisés initiaux, 13 000 soldats sont morts ou blessés, 11 500 sont prisonniers et 180 canons sont saisis contre un peu plus de 1 300 morts, 4 600 blessés et 573 prisonniers du côté français. Austerlitz devient alors une preuve de plus que l’infériorité numérique n’est pas un frein à la victoire, à condition d’utiliser son environnement (terrain, météorologie) et d’être informé sur son adversaire (nombre, position).
Après, vient la victoire politique Après le traité de Presbourg le 26 décembre 1805, seul, n’est pas le changement de la carte de l’Europe. Vient aussi le changement de perception de Napoléon, passant du jeune général des campagnes d’Italie et d’Égypte dans les années 1790 à l’un des plus grands stratèges de son époque et de l’histoire.
Arthur Hily
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