Une attirance des plus folles

"Mes fous" de Jean-Pierre Martin, un regard plein de tendresse sur nos fragilités.
L'auteur, Jean-Pierre Martin. (Crédit photo : Apo2018)
« Où es-tu en ce moment, Constance ? Je perds souvent ta trace. J’ai peur. Je t'imagine marchant comme moi, errant plutôt dans les rues de la ville, ou pieds nus au bord de la mer. Le ressac t’apaise, je le sais et la souplesse du sable qui masse les pieds, et le vent qui en excite d'autres, toi, ils te bercent et à chaque fois que je pense à toi, je pleure. ».
Cette émouvante citation provient du roman Mes fous, écrit en 2020 par Jean-Pierre Martin, sélectionné pour le prix Goncourt des lycéens 2020.
Dans ce roman, nous découvrons tous les ennuis de Sandor Novick, des ennuis plutôt particuliers, car, d'après lui, il attire les fous ! Mais attention, n'utilisez pas “fous” devant lui, car « ce n'est pas le mot », même s'il le prononce avec affection, nous confie-t-il. Il préfère dire “corps errants”. Nous retrouvons un père exténué, dont la fille Constance est atteinte de schizophrénie. Pendant la lecture, nous découvrons qu’il s’intéresse de plus en plus aux fous. Cependant est-ce lui qui les attire ? Ou bien est-ce lui qui cherche leur compagnie ?
Corps errants
Sandor, étant en arrêt maladie pour cause de dépression, marche sans but, ni objectif, dans sa ville et rencontre ces fameux corps errants au fur et à mesure de sa journée. Il nous en décrit d'ailleurs plusieurs.
Il y a Dédé, « le fou météo » qui énonce toujours la même météo à Sandor. Sandor, lui, ne l’interrompt jamais, car pour lui « Le fou, c’est d’abord celui qui est sans interlocuteur. ». Il y a aussi la voisine qui n'arrête pas de crier des injures à longueur de temps.
Sandor note toutes les informations qu’il peut découvrir sur les pathologies et les comportements de ces individus, dans un petit carnet. Tous ces efforts dans le but de mieux soigner la schizophrénie de sa fille Constance.
En parcourant le livre, nous discernons une relation particulière que Sandor a avec sa fille : nous pouvons sentir qu’il a beaucoup de songes et d'inquiétudes à son égard. Pour notre part, nous trouvons que « Mes fous » est un roman des plus émouvants, à cause de la relation père, fille, et de la situation morale du personnage principal, Sandor. L’auteur partage tout de même sa pointe d’humour dans le roman, tout en étant pointilleux sur chaque mot qu’il utilise pour donner un sens à ce qu’il dit.
Malheureusement le roman reste difficile à cerner et à comprendre. Plusieurs relectures de certains passages sont nécessaires pour mieux entrevoir le message de l'auteur. S’il y a une meilleure compréhension du texte, le roman devient plus agréable à lire.
Pour finir, nous vous laissons méditer sur une phrase de Sandor : « Qui est le plus fou ? Celui qui pense à la mort chaque jour, comme moi, ou celui qui est possédé par le langage de l’entreprise ? ». Arthur PERRUSSEL, 2de3, Quartier Ste-Geneviève.
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